LES AUTONAUTES DE LA COSMOROUTE / THEATRE DE LA COLLINE

Les Autonautes de la cosmoroute /  Théâtre de la Colline / Jusqu’au 19 avril 2012.

Après avoir découvert être atteints par un mal incurable, Julio Cortázar, le loup, et sa femme Carol Dunlop, l’oursine, décident de faire leur dernier voyage ensemble. Pendant 33 jours, ils vont parcourir en Volkswagen Combi l’autoroute A7, sans jamais en sortir, entre Paris et Marseille.  Le but du cet étrange périple est de s’arrêter sur toutes les aires d’autoroutes et d’observer scientifiquement les êtres humains en voyage. Plus que par amour de la science, il s’agit, pour les deux voyageurs, d’adopter un autre regard et de vivre le voyage d’une façon différente.

Cette démarche s’insère parfaitement dans l’idée de Cortázar de rejeter ce qu’il appelait : la grande habitude”. Cette expédition est aussi la recherche poétique d’une autoroute parallèle qui comporte non seulement un espace physique autre, mais aussi un temps différent. « La bande d’asphalte faite pour aller d’un lieu à l’autre à la vitesse maximale est devenue une chose presque abstraite, et nous nous demandons même parfois si nous n’avons pas atteint l’immobilité totale — si ce ne sont pas l’autoroute et les parkings qui bougent et nous non. Nous sommes heureux, fous, nous sommes enfin rentrés dans un espace qui nous donne du temps ». De cette expédition, ils tirent un récit de voyage: Les Autonautes de la cosmoroute.

Trente ans plus tard, le collectif Jakart et Mugiscué repart sur les traces des deux écrivains en s’imposant le même voyage avec Les Autonautes de la cosmonaute pour guide. Bien que jusqu’à l’hiver 2010, l’autoroute ne semblait pas revêtir à leurs yeux une importance particulière, tout a changé lorsqu’ils ont découvert Les Autonautes de la cosmoroute. Ce voyage à été pour eux un moyen de rééduquer leur regard qui, selon le sens commun, perçoit l’autoroute comme un milieu hostile. L’autoroute  A7 est devenue pour eux un nouveau terrain de répétition, une matrice de rencontres, de pauses dans le temps, de fuites et un catalyseur d’idées. Ce processus de répétition « hors les murs » s’est révélé être une chasse fructueuse pour nourrir leur spectacle.

Le résultat est un spectacle fait de textes de Cortázar et de textes, photos, et extraits des carnets d’expédition produits par les acteurs pendant leur voyage…L’idée est très intéressante, et nous devons remercier le collectif Jakart et Mugiscué pour avoir su repêché cette belle idée. Mais malgré l’originalité de la proposition et de la démarche, la mise en scène n’arrive pas à convaincre. L’histoire est trop fragmentaire et les rôles des différents acteurs sont  toujours très flous : chaque acteur joue différents personnages qu’on finit par ne plus identifier. L’effet, volontairement expérimental — on imagine — s’apparente à un brouillard bien épais qui lasse, malheureusement, l’attention du spectateur.

Camilla Pizzichillo

Les Autonautes de la cosmoroute, création collective d’après l’œuvre de Julio Cortázar et Carol Dunlop, mise en scène de Thomas Quillardet au Théâtre de la Colline, du 21 mars au 19 avril 2012.

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