CARNETS DE BEYROUTH #04 : CHECKPOINT 303, New tunes for occupied territories

CARNETS DE BEYROUTH #04

CHECKPOINT 303    حاجز ٣٠٣  : New tunes for occupied territories
par Flora Moricet

Samedi soir, 28 avril, Beyrouth.

Furieuse levée de festivals à la mi-printemps de Beyrouth. Entre poésie des corps, jeux de lumière et musique d’un peu partout dans le monde, il va falloir faire des choix.

Turquie, Royaume-Uni, Tadjikistan, Syrie, Liban, Iran, Hollande, Etats-Unis, Zanzibar et Palestine… Déjà tout un poème ce programme. Le festival du Printemps a lieu au Théâtre Tournesol organisé par l’association Shams (qui veut dire soleil), espace de création œuvrant pour une diffusion du nouveau théâtre. D’ailleurs sa présidente est rayonnante, Hanane Hajj Ali –grande comédienne libanaise- ne parle ni ne bouge mais chante et danse.

Ce soir, ce samedi soir, chorégraphie d’images et de sons à l’œuvre d’un collectif d’artistes venus de Palestine, France et de Tunisie : c’est Checkpoint 303. En référence à un des nombreux checkpoints israéliens (impossible de récupérer un chiffre fiable…), celui de Bethléem, point de contrôle 300.

Musique électronique nourrie de samples, guitare, bass, de oud et de tous ces sons attrapés dans la rue (street o Ramallah).  SC Yosh et SC MoCha nous proposent en prime de délicieuses claques : celles du VJing (Cheikh Julio, VH Diddy)

« L’idée était de couper, pister, fragmenter et reconstruire le paysage sonore de la vie quotidienne au Proche-Orient »

Parce que le son des kalach’ n’est pas celui de toutes les heures…

« Dans la mesure du possible, le choix des sons n’est jamais aléatoire. On veut aller chercher différents moments du quotidien de ces gens. Certes, on retrouve des extraits provenant de moments difficiles, mais il y a aussi des épisodes d’humour, de joie, voire d’extase. Ce qu’on désire prouver, c’est que la vie en Palestine n’est pas que misère et souffrance. Il y a aussi de l’espoir et une joie de vivre. C’est important d’en parler, car ça n’intéresse pas les médias, qui ne veulent montrer que des images de guerre. »

Paroles de médias dérobées, chassés des grands discours, d’Edward Saïd (intellectuel palestinien) ou de Che Guevara : il faut écouter Saïd Guevara.

Echoes of Beirut (Needle stuck in Lebanon) brasse radios occidentales, médias libanais et voisins… échos d’une guerre par-dessus laquelle on peut danser. J’entends la Beyrouth-monde, la Beyrouth dont on parle tant sans trop savoir si elle est encore en guerre, à la plage ou au Sky Bar.

Ce soir elle est aux platines et fait se déhancher la mémoire.

Embrasse du même air la tradition et le génie du projecteur, de celui qui a vu avant nous, qui retient pour nous.

Les vidéos projetées ne s’essoufflent jamais. En forme de road-movie partant du Caire. Mouvement d’entre-checkpoints.

Figures de l’archive qui s’animent et se dessinent. L’animation pour dire l’invraisemblable.

Un peu de fiction venue mordre la réalité.

Pirouettes d’archives donc et mélopées d’Histoire.

Pour cause de fauteuils rouges, sans doute d’un manque d’interaction avec le public et pour certains de longueurs, les mains du public se sont vers la fin assoupies.

J’en garde une musique plein les yeux, une énergie pleine de promesses.

Flora Moricet
Beyrouth, avril 2012.

Quelques liens :

http://www.checkpoint303.com/

http://vimeo.com/4420447

http://snd.sc/IGJ06a

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