BIENNALE DE VENISE : « DEEP SEE BLUE SURROUNDING YOU », LAURE PROUVOST AU PAVILLON FRANÇAIS

58e BIENNALE DE VENISE. Laure Prouvost – « Deep See Blue Surrounding You – Vois Ce Bleu Profond Te Fondre » – Pavillon français – 11 mai – 24 novembre 2019. 

Le Pavillon français de la 58ème Biennale internationale d’art de Venise est représenté par l’artiste française Laure Prouvost qui a choisi de s’associer à la commissaire Martha Kirszenbaum pour son projet Deep See Blue Surrounding You / Vois Ce Bleu Profond Te Fondre.

Deep See Blue Surrounding You s’articule autour de trois points thématiques principaux, qui constituent autant de références pour l’élaboration de l’exposition. Tout d’abord une réflexion autour des notions de générations et d’identités, de ce qui nous lie ou nous éloigne les uns des autres : de l’aîné au cadet, du voisin à l’étranger. Viendra ensuite l’idée de la déconnexion, de l’incompréhension et du décalage, notamment au travers de l’exploration du langage et de son appropriation ou de sa més-appropriation. Finalement, teinté d’utopie et de surréalisme, le projet de Laure Prouvost s’attache à figurer un voyage échappatoire, à la fois tangible et imaginaire, vers un ailleurs idéal. L’exposition se dessine telle une invitation à se fondre au sein d’un univers liquide et tentaculaire parmi les différentes réalités dévoilées et partagées qui s’y entremêlent.

Le projet interroge l’idée de la représentation d’un monde fluide et globalisé, fait d’échanges, de connectivités et de décalages. Dans la lignée de sa pratique artistique, qui mêle figuration du désir, onirisme et description fantasmée de la nature, elle accorde une importance particulière aux jeux de langage et de traduction. L’attention portée à son environnement et aux éléments naturels et humains qui l’entourent rappelle l’immersivité qui caractérise ses films, installations, objets, dessins et tapisseries. L’exposition fait écho au terme de « modernité liquide », formulé par le sociologue polonais Zygmunt Bauman pour définir un monde post-moderne régi par l’immédiateté et la communication, faisant disparaître les liens ancrés entre les hommes et les corps en révélant la fragilité d’une société basée sur l’individualisme et le changement permanent.

La pierre angulaire du projet artistique de Laure Prouvost pour le Pavillon français est une œuvre filmique et fictionnelle. Elle prend tantôt la forme d’un voyage initiatique, tantôt celle d’une joyeuse épopée tournée lors d’un roadtrip à travers la France — de la banlieue parisienne au nord de la France, du Palais du Facteur Cheval à la mer Méditerranée —, et jusqu’à Venise. Ce film, riche en dialogues et en expressions idiomatiques, est basé sur un script co-écrit par l’artiste et divers contributeurs, en français et en anglais avec des passages en italien, arabe ou néerlandais. Les dialogues sont portés par l’interprétation d’une douzaine de comédiens d’horizons et d’âges divers et aux compétences performatives spécifiques : magie, danse, musique, etc. Une installation sculpturale in situ vient enrichir et développer le film à l’intérieur et à l’extérieur du pavillon, en utilisant des procédés propres à la pratique de l’artiste tels que des objets vestiges du film, de la résine, de la terre, du verre, des plantes ou encore de la vapeur d’eau. Des performances viennent ponctuer la vie du pavillon, en interagissant avec l’architecture et les objets disposés. Le contexte même de Venise, ville flottante conçue sur l’eau et par l’eau, ville de façades et de cou- lisses, apparaît comme une source d’inspiration pour le concept du projet et se retrouve au cœur du dispositif du film et de l’installation.

« Un voyage vers notre inconscient. À l’aide
de nos cerveaux situés dans nos tentacules, nous
creuserons des tunnels vers le passé et le futur en
direction de Venise. Suivons la lumière.
» L.P.

Laure Prouvost naît à Croix-Lille (France) en 1978, avant de s’établir à Londres où elle étudie à la Central Saint Martins puis au Goldsmiths College. Lauréate du prestigieux Turner Prize en 2013, elle vit et travaille désormais entre Londres, Anvers, et une caravane dans le désert croate.

Utilisant à la fois la vidéo, le dessin, la tapisserie, la céramique, la photographie, la performance et, par-dessus tout, le langage, Laure Prouvost crée des installations immersives qui plongent le spectateur dans un état d’introspection personnelle et collective. Les mots, les images, les souvenirs, les cinq sens, tout ce qui nous paraît tangible et fiable est âprement tourmenté par le fantastique des récits à double sens introduits par l’artiste. Facétieuse et pleine d’humour, sa relation au langage se nourrit de sa propre expérience et du décalage entre la langue parlée au quotidien, en Angleterre, et la langue maternelle. À travers ces va-et-vient, l’artiste interroge largement notre histoire culturelle et ce qu’il en reste au fil des déplacements ou des générations.

Trois expositions monographiques lui ont déjà été consacrées dans des institutions françaises : Ring, Sing and Drink for Trespassing au Palais de Tokyo, à Paris en 2018 ; Dropped here and then, to live, leave it all behind au Consortium, à Dijon en 2016 et We will go far, au Musée Départemental d’Art Contemporain de Rochechouart en 2015.

Son travail est également montré en France dans de nombreuses expositions. Citons pour les plus récentes : You Are My Petrol, My Drive, My Dream, My Exhaust au Studio des Acacias, Paris ; Persona Grata au MAC/VAL, Vitry-sur- Seine, et au Musée national de l’histoire de l’immigration, Paris ; Performance TV à la Maison des Arts Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne ; ou encore Mademoiselle au Crac Occitanie, Sète, en 2018.

À l’étranger, le M HKA à Anvers présente, du 8 février au 19 mai 2019, la plus vaste exposition personnelle jamais consacrée à son travail (AM-BIG-YOU-US LEGSICON). Avant cela, son travail a été exposé individuellement au Walker Art Center, à Minneapolis et au BASS Museum, à Miami, aux États-Unis (2017) ; à SALT Galata, à Istanbul, en Turquie (2017) ; à Fahrenheit, à Los Angeles, aux États-Unis (2016) ; au Kunstmuseum Luzern, en Suisse (2016) ; Pirelli HangarBicocca, à Milan, en Italie (2016) ; Red Brick Art Museum, à Pékin, en Chine (2016) ; à la Haus Der Kunst, à Munich, en Allemagne (2015) ; au New Museum, à New York, aux États-Unis (2014 ) ; au Laboratorio Arte Alameda, à Mexico, au Mexique (2014) ; entre autres.

Parmi les expositions collectives marquantes auxquelles elle a participé, on peut citer Give Up The Ghost au Contemporary Art Centre (CAC), à Vilnius, en Lituanie dans le cadre de la Baltic Triennial 13 ; Speak à la Serpentine Gallery, à Londres, au Royaume-Uni (2017) ou encore Practising habits of the day à l’Institute of Contemporary Arts Singapore, à Singapour (2016).

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Images copyright the artist – courtesy galerie Nathalie Obadia Paris / La Biennale Arte Venezia

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