« ORDINARY PEOPLE »,ORDINAIRE, EN EFFET…

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73e FESTIVAL D’AVIGNON. « Ordinary people » de et mis en scène par Jana Svobodová et Wen Hui – Au festival d’Avignon 2019 du 18 au 23 juillet.

C’est au travers de neuf parcours de vie que la metteuse en scène tchèque Jana Svobodová et la chorégraphe chinoise Wen Hui nous parlent de désir de liberté face aux totalitarismes. Ils sont vidéaste, danseurs, ouvrier, guitariste, homme ou femme et sont face au public, à la fois différents et tellement proches de nos propres désirs.

Avec peu de moyens, Jana Svobodová et Wen Hui tracent les contours de sociétés sclérosées par un pouvoir politique contraignant dans les moindres gestes de la vie ses populations. A l’aide de vidéo, musique ou simple témoignage, les comédiens/performeurs décrivent une vie faite de manque de liberté et d’un besoin d’humanisme universel allant bien au-delà du langage et des cultures. Comme une résilience on assiste à l’éclosion d’un sens collectif de ce quoi être la place de l’homme dans un système politique par-delà les frontières, enjambant au plus près de nous le mur imaginaire séparant le public des comédiens.

Entremêlant et juxtaposant la grande histoire et la petite, Jana Svobodová et Wen Hui impliquent le public entraîné par la simplicité du propos de chaque comédien qui ne peut que se reconnaître dans chacun des besoins de liberté des comédiens le désir de découverte de l’autre, de bonheur, de liens familiaux, des besoins simples et ordinaires. Sur un plateau « bric-à-brac » les bribes d’histoires intimes se mêlent et sont mises sous tension par des chorégraphies où les corps sont contraints par un pouvoir oppresseur et sur lesquels le manque de liberté se fait charnel. Maniant habilement la vidéo et la musique, les singularités apparaissent dans l’obscurité et renvoient au public sa propre image, si humaine, si ordinaire.

Que les comédiens et les vies racontées soient ordinaires soit ! Mais le propos lui ne doit pas l’être, aussi bien sur le fond que sur la forme, et c’est bien là qu’apparaissent les limites de l’exercice qui frôle parfois avec la connivence de rigueur avec un public bienveillant et se laissant facilement entraîner par de la musique et de bons comédiens. Difficile donc de résister à un solo endiablé de guitare métal sur lequel un besoin de liberté infinie peut s’entendre ou à une danse syncopée sur les grilles de ce qui pourrait être une prison, mais la récurrence de la méthode dans cette suite de scénettes s’épuise, épuise vite et ne laisse à la fin qu’une trace bien trop légère.

Pierre Salles

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Photos © Christophe Raynaud de Lage

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