SARAH SZE, GAGOSIAN PARIS

Sarah Sze – Galerie Gagosian, 
4 rue de Ponthieu, 75008 Paris
 – 18 mars – 30 mai 2020 – Vernissage : mercredi 18 mars, 18H-20H

« La sculpture déborde de son champ dans le monde d’une manière très complexe qui n’est pas lié à son cadre. En peinture, le monde se déverse dans le cadre et parfois, nous confondons ce cadre avec le monde. » —Sarah Sze

Gagosian présente de nouvelles œuvres de Sarah Sze. C’est sa première exposition personnelle à Paris depuis sa présentation à la Fondation Cartier pour l’art contemporain il y a plus de vingt ans.

Bricoleuse extraordinaire, Sze glane des objets et des images de mondes à la fois physiques et numériques, les assemblant dans des installations multimédias complexes qui suscitent une observation microscopique tout en évoquant une perspective macroscopique de l’infini.

Ces dernières années, elle est revenue à la peinture – le médium auquel elle s’était initialement formée – produisant des œuvres qui traduisent ses processus d’accumulation sculpturale dans la réalisation de peintures de collage qui sont détaillées, dynamiques et extrêmement texturales.

A la manière des affichistes d’après-guerre qui ont élevé le grain visuel accumulé de la vie urbaine du quotidien au rang de peinture, les tableaux à grande échelle de Sze concentrent de multiples formes de la création d’images en un langage visuel complexe mais unifié. Dans certains d’entre eux, des morceaux de photographies sont déchirés et visiblement collés aux surfaces, aboutissant à des tableaux abstraits qui évoquent la pixellisation tout en conservant l’aura de l’analogue et de la main de l’artiste. Sze applique des couches de peinture au-dessus et au-dessous de ces géométries de papier dentelé, les tissant au sein de chaque composition dans des arcs de grande envergure, des lignes ondoyantes et des dégradés chatoyants. Dans d’autres, les textures sont de purs trompe-l’œil, réalisés uniquement par collage photographique.

Dans une série de quatre peintures de petit format en partie inspirées par le passage de Piet Mondrian du motif de l’arbre à l’abstraction totale, Sze commence par une image source: une photographie numérique remaniée de l’une de ses peintures ou sculptures antérieures, qui devient alors le fondement d’une nouvelle œuvre. Dans ce processus génératif et récursif, les décisions prises dans une composition résonnent dans des constellations visuelles connectées qui persistent ou se dégradent au fil du temps.

Parallèlement à ces nouvelles peintures, Sze présente une nouvelle installation multimédia intitulée Plein Air (2020) qui décrit sa fascination permanente pour la production et la traduction d’images. Comme beaucoup de ses projets en trois dimensions, l’œuvre allie un assemblage complexe et une projection vidéo; elle fonctionne comme une sorte d’outil ou de portail, extrayant des images du monde et les présentant dans l’espace de la galerie dans un état transformé. Ainsi, images en mouvement et images statiques sont mêlées à la sculpture et à l’architecture dans une boucle qui associe ; entrée et sortie, production et consommation.

Double Wishbone (2020), également présentée, est une sculpture à peine visible composée de quelques chaînes fragiles en acier liées avec de la « peinture pure », le terme que Sze utilise pour désigner un ruban de peinture séchée qui est la trace autonome de son processus. Suspendue dans la cage d’escalier de la galerie de Paris, avec d’autres itérations dispersées dans l’espace projetant leurs ombres faibles, Double Wishbone invoque Hat Rack (1917/1964) de Marcel Duchamp ainsi que son concept d’inframince, la liminalité ineffable évoquée à la vue d’une vitre de verre peinte depuis le côté non peint, ou l’odeur de fumée de cigarette se mêlant à celle de la bouche qui l’exhale.

En octobre 2020, le Solomon R. Guggenheim Museum, New York, présentera une exposition personnelle des œuvres de Sze, et en décembre 2020, la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris présentera la deuxième exposition personnelle de son travail. En mai 2021, Storm King Art Center à New Windsor, New York, dévoilera Fallen Sky, une nouvelle commande permanente à grande échelle.

Sarah Sze est née en 1969 à Boston et vit et travaille à New York. Ses oeuvres sont présentes dans les collections des musées suivants : la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris ; Tate, Londres ; Museum of Modern Art, New York ; Solomon R. Guggenheim Museum, New York ; Whitney Museum of American Art, New York ; Museum of Contemporary Art, Chicago ; San Francisco Museum of Modern Art ; et Museum of Contemporary Art, Los Angeles. Parmi ses expositions récentes, nous pouvons citer : Triple Point, au Pavillon des États-Unis, 55e Biennale di Venezia (2013, qui a voyagé au Bronx Museum of the Arts, New York, en 2014) ; Fabric Workshop and Museum, Philadelphie (2013–14) ; 56e Biennale di Venezia (2015) ; 5e Guangzhou Triennial, Chine (2015) ; Timekeeper, Rose Art Museum, Brandeis University, Waltham, MA (2016, a voyagé au Copenhagen Contemporary, en 2017) ; ARoS Triennial, Aarhus, Danemark (2017); et Centrifuge, Haus der Kunst, Munich (2017–18).

Image: SARAH SZE, Poke (Times Zero), 2020, huile, polymère acrylique, encre, aluminium, papier d’archives, graphite, diabond et bois, 187.3 x 124.8 cm © Sarah Sze

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