FELIX GONZALEZ-TORRES, « THE POLITICS OF RELATION », MACBA BARCELONA

Felix Gonzalez-Torres: The Politics of Relation – MACBA, Barcelona – March 26th to September 12th, 2021 – Edifici Meier, Planta 2.

Le MACBA organise une grande exposition personnelle de l’œuvre de Felix Gonzalez-Torres (Américain, né à Cuba en 1957 et décédé à Miami en 1996), qui sera présentée à partir de mars 2021.

Felix Gonzalez-Torres : The Politics of Relation situera l’œuvre de Gonzalez-Torres dans le cadre du discours postcolonial et des histoires liées entre l’Espagne et les Amériques, notamment en raison de leur impact sur les questions actuelles relatives à la mémoire, l’autorité, la liberté et l’identité nationale. Un accent particulier sera mis sur la lecture de l’œuvre de Gonzalez-Torres en relation avec la culture espagnole, latino-américaine et caribéenne, non pas comme un simple récit biographique singulier, mais plutôt comme une manière de compliquer toute lecture essentialiste de son œuvre à travers une idée, un thème ou une identité unique. L’exposition proposera diverses interprétations issues de cette ligne d’investigation et soulignera également l’influence formatrice de l’œuvre sur l’esthétique queer.

Suivant la pensée de l’écrivain et philosophe martiniquais Edouard Glissant, l’exposition mettra l’accent sur l’idée de la nécessité de l’opacité, plutôt que de la transparence totale ou de la lisibilité immédiate. L’ouverture conceptuelle de l’œuvre de Gonzalez-Torres rejoint la position de Glissant en mettant l’accent sur la mutabilité, la dynamique et la poétique de la relation, qui pourrait également englober la politique de la relation.

L’exposition sera organisée en une série de quatre salles axées sur des ensembles discrets de préoccupations que l’on retrouve dans l’œuvre de Gonzalez-Torres. Ces thèmes sont liés entre eux tout au long de l’exposition et se déploient à travers la présence des œuvres au-delà du musée : ensemble, ces sites constituent les cinq  » chapitres  » de l’exposition globale.

La première salle présente une sélection d’œuvres qui abordent la politique générale de la pratique de Gonzalez-Torres en relation avec les idées d’autorité, de jugement et de mémoire. Ces œuvres sont liées par des références obliques à la culture autoritaire ou de l’establishment, au fascisme et au conservatisme social, ainsi qu’à la répression de la communauté gay et aux attitudes homophobes qui peuvent également être reliées au contexte espagnol et à une répression équivalente sous Franco, et qui persiste après. Il y aura un lien visuel immédiat à travers les couleurs rouge, noir et blanc déployées dans ce premier espace. La deuxième salle examinera les idées de couplage, de contact, de dédoublement et de similitude, d’équilibre, d’amour et de dialogue entre mutabilité et éternité dans l’œuvre de Gonzalez-Torres.

L’importance exemplaire de Gonzalez-Torres dans l’élaboration d’un langage subtil et souvent intentionnellement cryptique de l’altérité, qui met en avant le romantisme et refond le langage du minimalisme et du conceptualisme en tant que véhicules du contenu affectif, est l’une de ses plus importantes contributions au canon. Mais c’est aussi l’un de ses gestes les plus politiques, puisqu’il a reconnu que cela lui permettrait de parler de l’homosexualité, et plus précisément du désir et de l’amour homosexuels, tout en échappant aux conservateurs d’extrême droite et à leurs efforts pour censurer ce type de contenu. La troisième salle de l’exposition sera organisée autour de certaines des œuvres de Gonzalez-Torres les plus orientées vers l’existence, qui ont néanmoins un contenu politique sous-jacent et une puissante résonance contemporaine. Cette salle abordera les thèmes du voyage, de l’émigration, de l’exil, du tourisme et de la fuite/liberté et mettra en avant des images de la plage, de l’eau et du ciel, qui fonctionnent comme de vastes métaphores poétiques dans l’œuvre de Gonzalez-Torres.

De plus, le thème du voyage englobe à la fois ce que Nancy Spector appelle un « nomadisme de l’esprit », mais aussi le thème de la dispersion (des personnes mais aussi des composants physiques de l’œuvre). Les œuvres seront toutes reliées par leur gamme de tons de blanc, de bleu et de gris, et par leur absence relative de contenu d’image ou de concentration sur un motif global, ce qui offre au visiteur un espace de réflexion. La dernière salle de l’exposition examinera et reliera les idées de patriotisme, de militarisme, de machisme et de désir homoérotique. L’identité nationale d’un peuple est également ancrée dans ses monuments. Comme l’a dit Spector, « les monuments sont des documents historiques rendus manifestes. Le plus souvent des entités fixes, monolithiques et statiques dans leur thème, ils dénotent pour la culture ce que son histoire et ses valeurs sont censées être. » L’engagement complexe de Gonzalez-Torres avec la forme et la signification des monuments sera donc également un thème de cette salle et sera également l’un des aspects abordés par les interventions dans l’espace public.

En 1971, Gonzalez-Torres a rencontré directement l’Espagne lorsqu’il a quitté Cuba pour Madrid, avant de s’installer à Porto Rico. Il a commencé sa formation artistique à Porto Rico et s’est ensuite installé à New York pour poursuivre ses études. Du point de vue de l’identité changeante de l’exilé, son œuvre parle d’une politique identitaire complexe et anti-essentialisante, rejetant les catégorisations simplistes dans lesquelles elle est souvent englobée, ce qui permet d’appréhender son travail dans les différents contextes d’Espagne et d’Amérique latine. L’utilisation subtile du langage par Gonzalez-Torres et le soin qu’il apporte à la construction de ses titres font que ceux-ci deviennent une sorte de « Shibboleth », leur signification se transforme en un mot de passe qui indique l’identification ou l’appartenance à un groupe ou à un autre. Cependant, Gonzalez-Torres, en tant qu’exilé et immigrant qui s’est déplacé entre les mondes et les identités, aborde soigneusement dans son travail les codages complexes d’une identité variable.

Commissaire d’exposition : Tanya Barson, Conservateur en chef.

MACBA will stage a major solo exhibition of the work of Felix Gonzalez-Torres (American, Born Cuba, 1957-died in Miami, 1996 due to complications arising from AIDS), scheduled to be on display on March 2021.

Felix Gonzalez-Torres: The Politics of Relation will situate Gonzalez-Torres’ work within the postcolonial discourse and the connected histories between Spain and the Americas, especially as these impact present-day questions around memory, authority, freedom and national identity. A particular emphasis will be placed on reading Gonzalez-Torres’s work in relation to Spanish, Latin American and Caribbean culture, not as a simple, singular biographical narrative, but rather as a way of complicating any essentialist reading of his work through any single idea, theme or identity. The show will propose various interpretations stemming from this line of investigation and will also highlight the work’s formative influence on queer aesthetics.

Following the thinking of Martinican writer and philosopher Edouard Glissant, the exhibition will emphasize the idea of the necessity for opacity, rather than either total transparency or instant legibility. The conceptual openness of Gonzalez-Torres’ work parallels Glissant’s position through their shared emphasis on mutability, and through the dynamics as well as the poetics of relation, which could also encompass the politics of relation.

The exhibition will be arranged in a series of four rooms focused on discrete sets of concerns that can be found in Gonzalez-Torres’ work. These themes are interrelated across the exhibition, and unfold through the works presence beyond the museum: together these sites constitute the five ‘chapters’ of the overall exhibition.

The first room will present a selection of works addressing the broad politics of Gonzalez-Torres’ practice as they relate to ideas of authority, judgment and memory. These works are linked through oblique references to authoritarian or establishment culture, to fascism and social conservatism, as well as to the repression of the gay community and homophobic attitudes that can also be connected to the Spanish context and an equivalent repression under, and persisting after, Franco. There will be an immediate visual link through the colors red, black and white deployed within this first space. The second room will consider ideas of coupling, touching, doubling and sameness, at equilibrium, love and the dialogue between mutability and eternity in Gonzalez-Torres’ work. Gonzalez-Torres’ exemplary importance in providing a subtle and often intentionally cryptic language of queerness, one that foregrounds romanticism, and recasts the language of minimalism and conceptualism as vehicles for affective content, is one of his most important contributions to the canon.

This, however, is also one of his most political gestures, given that he acknowledged that this would enable him to speak about homosexuality, specifically to address homosexual desire and love, while eluding far right conservatives and their efforts to censor such content. The third room of the exhibition will be organised around some of Gonzalez-Torres most existentially oriented works, which nonetheless have an underlying political content and powerful contemporary resonance. The room will address themes of travel, emigration, exile, tourism and escape/freedom and will foreground imagery of the beach, water and the sky, which function as expansive poetic metaphors within Gonzalez-Torres’ work. Moreover, the theme of travel encapsulates both what Nancy Spector calls a “nomadism of the mind” but also the theme of dispersal (of people but also the dispersal of physical components of the work). The works will all be linked through their tonal range of white, blue and grey, and their relative lack of image content or focusing on overall pattern, enabling the visitor a space to reflect. The final room within the exhibition will examine and connect the ideas of patriotism, militarism, machismo and homoerotic desire. The nationhood of a people is also rooted in its monuments. As Spector has said “Monuments are historical records made manifest. Most often fixed entities, monolithic and static in theme, they denote for culture what its history and values are supposed to be.” Gonzalez-Torres’ complex engagement with the form and meaning of monuments will thus also be a theme of this room and will also be one of the aspects addressed by interventions within the public space.

In 1971, Gonzalez-Torres encountered Spain directly when he left Cuba for Madrid, prior to settling in Puerto Rico. He began his artistic training in Puerto Rico and eventually relocated to New York to continue his studies. From the perspective of the exile’s shifting identity, his work speaks of a complex and anti-essentialising identity politics, rejecting the simplistic categorisations that it is often subsumed into, one that allows for a way into his work in the different contexts of Spain and Latin America. Gonzalez-Torres’ subtle use of language, and his care in his construction of titles means that they become a kind of ‘Shibboleth’, their meaning shifts so that they become a password that indicates the identification or belonging within one group or another. Gonzalez-Torres, however, as an exile and immigrant who moved between worlds and identities carefully addresses in his work the complex encodings of a variable identity.

Curator: Tanya Barson, Chief Curator.

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