A LIRE : Deux parutions aux éditions Parenthèses

Aux éditions Parenthèses, maison d’édition sise à Marseille et spécialisée dans la photo, l’urbanisme et l’architecture, viennent de paraître deux livres particuliers. Un beau livre sur 13 ateliers d’artistes de la ville dans le 13. Le lecteur est convié à pénétrer dans l’atelier, cet « antre » comme il est marqué sur la porte de F. Santhal dans l’ouvrage ; personne ne rentre innocemment dans le lieu de l’alchimie, tanière personnelle et premier lieu d’exposition, là où s’entrepose la fécondité.

Certains des artistes sont des noms, voire des stars : Gilles Barbier, Gérard Traquandi mais tous les invités sont traités à égalité. Pour ceux qui ne connaissent pas Marseille, ce livre-reportage « La planque » (cela veut tout dire) est une formidable introduction à ce que peut représenter cette ville comme friche portuaire. Sont perceptibles la casse industrielle, le déclin de la ville mais aussi son énergie. Les lieux de travail sont autant de lieux de vie et ce qui s’élabore dans les laboratoires, arrière-cours, garages, terrains de jeu, mont-de-piété, devient éloquent grâce à l’élmucidation à la fois poétique et savante qu’en fait Frédéric Valabrègue, grand initié de la cité et des arts. De la belle ouvrage pour tout le monde.

« La planque » éd. Parenthèses / treize ateliers à Marseille / 32 euros

Autre petit joyau publié toujours chez Parenthèses. « Le piéton chronique » par Michea Jacobi. Pavé de 11 x 11, il recense la presque totalité de chroniques de plus de dix ans parues dans l’Hebdo. Chaque semaine en effet, Jacobi marcheur impénitent, jogger émérite et randonneur de métier, a couru de calanque en corniche, de cité en supermarché. Il a livré dans cet hebdomadaire culturel, qui est un supplément du Provençal, un billet sur ses relevés d’errance.

Là où la tradition de la littérature de voyage nous emmenait et emmène dans le lointain, l’auteur a deux plumes dans son carquois. Paysage et personnages sont littéralement croqués. Il donne un papier comme on offre une tournée et pas chiche pour deux ronds nous stylise un crobard à la pointe sèche de ce qu’il perçoit et a reçu du monde. L’air de rien, sans jamais schématiser, il se nourrit de la promenade et nous rappelle que notre coeur n’est pas une figue de Barbarie. Comme on dit dans le Sud : bonnard.

« Le piéton chronique » / Michea Jacobi / ed. Parenthèses.

 

Emmanuel Loi

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