A LA UNE D’INFERNO #88

ART, SCENES, ATTITUDES
il n’y aura pas de miracles ici

OUVERTURE DE LA 61e BIENNALE DE VENISE  La Biennale Arte 2026 ouvre le 9 mai sur fond de polémiques qui n’ont cessé d’agiter le landerneau artistique international depuis plusieurs mois… S’ajoute à cela, la disparition brutale l’an passé de la commissaire générale de l’exposition internationale Koyo Kouoh, en pleine finalisation de l’exposition centrale de La Biennale, « In minor keys« , qui invite 110 artistes, dont beaucoup originaires de pays peu ou pas représentés jusqu’alors à Venise… Autour de l’exposition centrale, les pavillons nationaux recèlent quelques promesses comme le Pavillon autrichien qui a invité la sulfureuse performeuse Florentina Holzinger, avec son installation « Seaword Venice » (Photo) ou le Pavillon du Vatican conçu par le curator Hans Ulrich Obrist qui invite à une oeuvre sonore méditative, avec notamment Brian Eno, Meredith Monk, Patti Smith ou Terry Ryley… Mais aussi les évènements collatéraux et parallèles à la Biennale qui, comme de coutume, recèlent souvent bien des surprises… Cette année, nous noterons les importantes expositions d’Anish Kapoor, de Jan Fabre qui se frotte au Tintoretto à la Scuola Grande Di San Rocco, de l’immense Marina Abramović qui elle, est invitée à l’Academia… Sans oublier bien sûr le regretté Georg Baselitz, artiste qui a révolutionné la peinture et la sculpture avec ses approches novatrices, qui vient tout juste de décéder et dont l’exposition « Eroi d’Oro« , qu’il avait spécialement conçue pour Venise -et l’ultime donc- ouvre à la Fondation Cini… Mais aussi évidemment les événements immanquables consacrés aux oeuvres de Lorna Simpson à la Punta della Dogana, Leandro Erlich, Erwin Wurm ou encore Miet Warlop qui occupe le Pavillon de la Belgique, ou la grande artiste iranienne Shirin Neshat au Palazzo Marin…. Cette 61e Biennale restera donc un événement exceptionnel dans la longue histoire de cette manifestation hors-normes, qui tous les deux ans fait palpiter Venise et le monde entier du coeur battant de la création internationale.  ALLEZ DANS LE DOSSIER

DISPARITION. GEORG BASETIZ, LES PIEDS DANS LES ÉTOILES   L’immense peintre et sculpteur allemand Georg Baselitz est décédé le 30 avril dernier à l’âge de 88 ans. Reconnu pour ses innovations picturales -ses figures peintes tête en bas- ou ses sculptures à la tronçonneuse, l’artiste, né en RDA en 1936, demeurera un personnage iconique de l’Art de ces dernières décennies, ayant profondément révolutionné l’histoire de la peinture et de la sculpture ainsi que de toutes les disciplines qu’il aura explorées. Un immense artiste dont la dernière exposition sera celle de la 61e Biennale de Venise à venir, intitulée « Eroi d’Oro », pour laquelle il a développé ce qui restera son dernier travail, et qui s’apprête à ouvrir ses portes le 6 mai prochain à la Fondazione Giorgio Cini, sur l’Isola San Giorgio Maggiore. Une oeuvre magistrale qui aura profondément marqué l’histoire et demeurera une étoile étincelante dans le firmament de l’Art...  LIRE LA SUITE

PHILIPPE QUESNE, « FARM FATALE »   Tout est blanc. Désert ou désir de pureté ? Ballot de paille, léger comme une plume, sur l’épaule ils entrent en chantant. Une sorte de comptine. Un peu naïve. Faussement naïve. « Le ciel est bleu. Le soleil est jaune. La mémoire est douce ». Mémoire de temps où certainement leur terre était plus joyeuse. Plus douce en effet. Moins polluée et livrée aux tortueuses arcanes du profit… « Farm Fatale«, la fable écologiste que Philippe Quesne nous invite à méditer a bien, l’air de rien, des allures d’alerte. Un monde en danger. Le vivant en voie de disparition… Les protagonistes de cette aventure sont de braves épouvantails. Des héros de bric et de broc. Peut-être rescapés d’un hypothétique désastre. Personnages de campagne. En éternelle méditation. Destinés aussi à effrayer. Notamment les oiseaux. Mais à qui désormais et paradoxalement ces mêmes oiseaux semblent cruellement manquer. Et puis  « plus d’oiseaux, plus de boulot ! » logique ! Personnages nostalgiques d’un autre temps où l’agriculture intensive n’avait pas encore massivement pris le pouvoir… LIRE L’ARTICLE

NAN GOLDIN, THIS WILL NOT END WELL Le Grand Palais accueille jusqu’au 21 juin 2026 cette première rétrospective française consacrée à l’œuvre plurielle de Nan Goldin. Loin d’être une simple exposition photographique, ce parcours révèle la dimension filmique d’une artiste qui n’a cessé de mélanger les images fixes et le récit visuel et musical. Ne vous attendez pas à défiler devant des photographies accrochées au mur, les unes après les autres mais découvrir un travail multimédia. This Will Not End Well n’est pas une simple exposition comme les autres. Passionnée de cinéma, la photographe américaine a fait le choix de nous embarquer dans une visite immersive faite de six petites salles de projection ou pavillons. Six créations, donc 50 ans d’ambivalence, jalonnent ce parcours. The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022), pièce maîtresse de 700 diapositives défilant sur 47 minutes, constitue le cœur de l’exposition. Ce journal intime visuel documente l’existence à New York, Berlin et Londres des seventies aux nineties, capturant avec une crudité une génération qui connut la liberté avant l’épidémie de sida. Projeté initialement dans les clubs underground new-yorkais, ce diaporama s’accompagne d’une bande-son éclectique (Charles Aznavour, Bronski Beat, le Velvet Underground,…) qui adoucit le message plutôt dur des photographies proposée… LIRE L’ARTICLE

« ELECTRA INDOORS », DIMITRI TARLOW, THEÂTRE POREIA D’ATHENES Pour toutes celles et ceux qui ont usé leurs fonds de culotte sur les fauteuils des théâtres, assister à une représentation d’Électre de Sophocle n’a rien d’extraordinaire. Mais la voir jouée en grec, à Athènes, au pied de l’Acropole, a quelque chose d’extraordinaire pour des francophones qui n’ont jamais entendu cette pièce dans sa langue d’origine (ou presque, puisque l’on sait que le grec de Sophocle a peu à voir avec le grec moderne). C’est à cette expérience peu banale que nous convie Dimitri Tarlow, metteur en scène et directeur du Théâtre Poreia d’Athènes, avec son « Electra indoors » — autre particularité : en Grèce, les tragédies ne se jouent jamais en salle, mais à l’extérieur, en plein air. Rappelons l’intrigue… Inscrite dans le cycle mythologique des Atrides, la pièce se situe au moment où le roi de Mycènes, Agamemnon, a été assassiné par sa femme Clytemnestre et son amant Égisthe. Après sa mort, ces deux-là gouvernent ensemble le royaume. Les deux filles orphelines d’Agamemnon, Chrysothémis et surtout Électre, comptent sur leur frère Oreste pour renverser ce duo maléfique qui les tient prisonnières. À la différence de la version imaginée par Eschyle (Les Choéphores), celle de Sophocle place Électre au centre de l’intrigue, attisant son besoin de vengeance… LIRE LA SUITE

LES RENCONTRES D’ARLES 2026 : LE MONDE SELON RIP  Cette 57e édition réunit une quarantaine d’expositions et déroule ses thèmes sous la bannière  » Des mondes à relire « , sous-titre général de la manifestation cette année. On peut donc s’attendre à beaucoup de photojournalisme et de photographie témoignage, même si les RIP ne sont pas traditionnellement exclusivement orientées sur ces catégories. Mais le monde va mal, et ce ne sont pas les sujets qui manquent : guerres aux 4 coins du globe, exactions, misère endémique, dérèglement climatique, délire autocratique et belliciste d’un Trump et de ceux d’autres de ses copains, fauteurs de guerre et de troubles, hélas au coeur de notre actualité… Parmi les « chapitres » de la manifestation, deux sujets émergent : il s’agit de la question des indépendances, en Afrique comme sur les 3 rives de la Méditerranée. Ainsi beaucoup de photographes du continent africain participent-ils à cette 57e édition : on citera l’Ivoirien Paul Kodjo avec ses  » Photoromance « ,  qui bénéficie d’une grande expo à La Croisière. Mais aussi l’artiste congolais Sammy Baloji qui occupera l’église des Trinitaires avec son expo « Impala « , ou la mostra intitulée « Ghana » au Palais de l’Archevêché qui réunit une dizaine de photographes ghanéens autour de l’histoire de la naissance de cette jeune nation, une exposition à laquelle participe l’auteur de l’affiche des RIP Carlos Idun-Tawiah. Autre événement corrélé à la problématique des 57e rencontres, une très belle expo de la Black artist Ayana V. Johnson, artiste militante de la cause des femmes noires dans les représentations qu’en ont les tenants d’une Amérique « blanche » depuis l’esclavagisme et la guerre de Sécession, un bel hommage à ce travail essentiel montré en l’Abbaye de Montmajour à Fontvieille… LIRE LA SUITE

PHILIP GLASS « LES ENFANTS TERRIBLES » : UNE COURSE  À LA MORTBELLE ET SENSUELLE  Trois pianos noirs en guise d’orchestre. Et sur l’écran tout commence par une course échevelée d’une bande de jeunes gens filmés dans la ville. Vive. Joyeuse. Insouciante. Les rues. Le musée. Les boutiques. Le ciel et l’horizon. Et puis ces quelques images sensuelles et déjà violentes. Le désir de Paul pour son ami Dargelos. La boule de neige de Dargelos qui frappe Paul en pleine poitrine. La pierre dans la boule. Sans doute. « Le drame venait de commencer mais nous ne le savions pas ». Ainsi débute l’opéra de Philip Glass d’après le roman éponyme de Jean Cocteau.  Philip Glasscompositeur américain né à Baltimore en 1937. Figure majeure de la musique répétitive née aux États-Unis dans les années 60 en réaction à la musique classique avant-gardiste de l’époque. Inspirés par les arts plastiques et certaines musiques extra-occidentales, des compositeurs comme Philip Glass, Steve Reich, La Monte Young, Terry Riley et quelques autres vont développer dans leurs compositions de courts motifs agencés selon une pulsation régulière et des structures répétitives évoluant lentement. Le roman de Cocteau a été publié en 1929. Écrit en 17 jours, après la mort de Radiguet, le jeune prodige écrivain avec lequel Cocteau avait lui-même une relation si fusionnelle. Et c’est cette même relation que Paul et Elizabeth, frère et sœur, vont vivre dans cet appartement bourgeois. Refuge. Abris. Îlot perdu dans une enfance encore si proche. Lieu de leurs rêves et d’un « jeu ». Celui qu’ils s’inventent juste pour eux. Qui les emmène ailleurs. Bien loin du quotidien et de sa difficile réalité. Entre passion et déchirement. Des presque « cris et chuchotements » de leur infinie adolescence. Une passion étouffante. À la lisière de l’interdit. Du tabou. Tension vocale constante voulue par la musique. Entre réalité et chimères par ces modulations des pianos. Comme « une porte qui glisse sur ses gonds » dira Philip Glass...  LIRE LA SUITE

ANSELM KIEFER, « LE ALCHIMISTE », UN HOMMAGE AUX FEMMES SAVANTES DE LA RENAISSANCE Le Palazzo Reale à Milan accueille jusqu’au 25 septembre « Le Alchimiste », une nouvelle œuvre in situ d’Anselm Kiefer. Un cycle monumental de trente-huit toiles dédiées aux figures féminines de l’alchimie et de la médecine, entre histoire, mythe et science, en dialogue avec les blessures et la mémoire de la Sala delle Cariatidi du Palazzo Reale. Un hommage à la mémoire féminine, à la connaissance cachée et à la transformation comme principe universel. Après le cycle d’œuvres réalisées pour des espaces muséaux internationaux tels que le Grand Palais à Paris et la Biennale de Venise, Kiefer revient en Italie avec un projet qui mêle mythe, histoire et identité, interrogeant le rôle des femmes dans la naissance de la pensée scientifique et dans la culture occidentale. Le cœur de l’exposition est constitué de trente-huit grandes toiles spécialement conçues pour dialoguer avec l’architecture et la mémoire de la Sala delle Cariatidi, lieu symbolique de l’histoire milanaise. L’espace, marqué par les blessures du bombardement de 1943, est devenu au fil des ans le cadre d’expositions emblématiques, dont celle de 1953 qui a accueilli le Guernica de Picasso. Dans ce décor suspendu entre splendeur et ruine, Kiefer construit un conte pictural qui réfléchit à la relation entre création et destruction, mémoire et renaissance. Le titre « Les Alchimistes » fait référence aux figures féminines qui, entre le Moyen Âge et la Renaissance, se sont consacrées à l’expérimentation alchimique et médicale. Des femmes souvent oubliées, dont les recherches ont anticipé les méthodes et les intuitions qui ont nourri la science moderne… LIRE LA SUITE

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ISSN 2258-6474

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