FESTIVAL D’AVIGNON : « CERCLES », LES DANSES LIBRES DE BORIS CHARMATZ

cercle

78e FESTIVAL D’AVIGNON – CERCLES – Boris Charmatz – Du 29 juin au 1er juillet à 18h.- Stade de Bagatelle de l’Ile de la Barthelasse.

DANSES LIBRES

Au moment où se joue le sort d’une Assemblée – pour ne pas dire de la France entière – Boris Charmatz, le nouveau directeur du Tanztheater de Wuppertal Pina Bausch, fait groupe en juxtaposant quarante personnes dans quatre cercles sur la pelouse du stade de Bagatelle de l’Ile de la Barthelasse.

En plein air, donc, le micro à la main, le chorégraphe dirige une foule, de danseurs amateurs et professionnels rassemblés depuis quelques jours pour ce Cercles, sous-titré intelligemment « atelier de recherches chorégraphiques en plein air » ; ainsi, pas de risque de tromperie sur la marchandise…

Boris Charmatz réussit l’exploit de faire se rencontrer les uns avec les autres et même avec les spectateurs qui sont admiratifs de la performance… Cela n’a l’air de rien, mais c’est hautement politique. C’est plein de générosité. C’est le témoignage bienvenu d’une foi inébranlable en l’humain. N’est-ce pas Pina Bausch qui a déclaré un jour « dansez, dansez sinon nous sommes perdus » ?

Placer au début de la 78ème édition du Festival d’Avignon une grande « chaine anglaise » cela permet d’afficher une volonté de partage, de nous rassembler pour le plaisir du geste et le constat du travail qu’il faut faire pour le réussir.

Au début, on trouve l’idée un peu « baba cool », mais c’est sans compter sur les fondements de ce projet qui fait appel à des danses révolutionnaires des années 20 imaginées par Isadora Duncan. On pense aussi aux danses des chorégraphes de la post modern dance américaine. On se souvient notamment de Planetary Dance de Anna Halprin, grande adepte des danses en cercle en plein air mais, dans le même temps, de Trisha Brown sur les toits de New York et tant d’autres de par le monde.

Ce projet est hautement pédagogique aussi car il montre bien aux spectateurs la progression nécessaire à la mise en jeu des corps… Cela passe par l’échauffement. Cette idée de refaire pour s’améliorer. Puis celle de l’action, tous ensemble… On répète des parties, puis on se lance pour de vrai.

La musique diablement efficace et terriblement rythmée du groupe allemand MEUTE tiré de l’album Live in Paris sert de boucle sonore à cette performance de deux fois trente-six minutes. Elle laisse apparaître une danse qui peut se déployer à l’infini, tant que l’énergie est là…

A l’heure où la Cour d’honneur à ouvert hier soir avec une performance d’Angelica Liddel, que Hécube pas Hécube se joue dans la Carrière Boulbon, Boris Chamatz – et avec lui tout le Festival d’Avignon – nous convie à un acte généreux, gratuit, dans un stade, ce n’est pas si courant… qu’on se le dise.

Emmanuel Serafini

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