61e BIENNALE DE VENISE. APRÈS ISRAËL, VOILÀ  LE RETOUR DU PAVILLON DE LA RUSSIE : OU COMMENT MELONI SOUTIENT LES FAUTEURS DE GUERRE

BIENNALE DE VENISE 2026. Les Pavillons nationaux (suite)9 mai – 22 novembre 2026, Venezia.

Décidément, cette 61e Biennale ne ressemble pas aux précédentes. Après les belliqueux israéliens, dont leur chef guerrier est poursuivi, on le rappelle, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, c’est cette fois Poutine qui est de retour, avec un pavillon pavoisé du drapeau des éradicateurs de l’Ukraine.

Comment n’y pas voir derrière la main de Giorgia Meloni, seule chef d’Etat européen avec Victor Orban à consentir à demi-mots -sans le claironner sur les toits- à la guerre de l’envahisseur belliciste qu’est la Fédération de Russie. On la savait déjà ouvertement groupie du psycho-président américain, voilà qu’elle cautionne désormais les néo-nazis Poutine et Netanyahu, tous deux engagés dans des guerres sans fin avec leurs voisins, entre autres crimes avérés. Belle récompense pour ces bourreaux que les autoriser à déployer sur leur pavillon respectif les drapeaux écarlates du sang versé à Gaza ou à Kiev.

Ainsi, la direction de La Biennale vient-elle d’annoncer la présence officielle de la Fédération de Russie pour cette 61e édition. Rappelons que celle-ci en était exclue depuis 2022, date à laquelle elle a commencé à envahir l’Ukraine et la bombarder, avec plus d’un million deux cent mille morts et blessés dans les deux camps en quatre ans de guerre indiscriminée sur les civils en particulier et de destruction systématique, avec pour seul objectif d’éradiquer toute trace de la culture ukrainienne et de restaurer la « grande Russie » telle que la rêve le dictateur Poutine.

Le programme du Pavillon russe sera dirigé par des personnalités proches du régime. Inutile de dire que cette présence indigne suscite l’ire de l’Ukraine sur les réseaux sociaux. L’exposition dans le pavillon officiel s’intitule « L’arbre est enraciné dans le ciel » et la liste des artistes a déjà été en partie publiée. Cette participation est à l’initiative de Mikhail Shvidkoy, le représentant spécial du président Poutine pour la coopération culturelle internationale. M. Shvidkoy a également été ministre de la culture de 2000 à 2004. Dans une chronique qu’il tient dans « Rossiyskaya Gazeta », le journal officiel de la Fédération de Russie, il fait en juillet dernier l’apologie de la censure de l’art, justifiant celle-ci en estimant qu’elle “peut préserver un environnement sain dans la communauté créative”. Une belle personne, quoi…

De même, M. Shvidkoy a déclaré sans ciller le 30 décembre dernier, qu’il faudrait du temps avant qu’il n’y ait une “interprétation artistique” de ce que l’on appelle “l’opération militaire spéciale”… Le 26 décembre déjà, il a fait l’éloge à l’agence TASS de l’apparition de Vladimir Poutine dans un dessin animé pour enfants, ajoutant que, “si elle est faite avec respect”, elle pouvait être “une forme d’expression de l’amour” du Président… Et de ses oeuvres, donc, of course.

La commissaire générale du pavillon de la Russie est Anastasiia Karneeva, née en 1982, fille de Nikolaï Volobuev, un général du FSB à la retraite. Elle se présente comme une collectionneuse et une mécène… Parmi les artistes, plusieurs noms sont avancés dont Maria Vinogradova, une célèbre danseuse soliste du Bolchoï…« L’arbre est enraciné dans le ciel“ est en fait un projet essentiellement musical, vanté sur Instagram comme « conçu comme une initiative culturelle de grande envergure : un véritable festival de musique prendra vie à l’intérieur du pavillon, avec des musiciens de différentes régions de Russie et de pays tels que l’Argentine, le Brésil, le Mali et le Mexique. L’événement mettra en lumière le potentiel créatif des régions et des pratiques périphériques, en soulignant les traditions, les langages musicaux et les approches expérimentales qui émergent loin des grands centres culturels, mais qui, précisément pour cette raison, conservent un pouvoir d’expression authentique et novateur. À travers la rencontre de différentes cultures, le projet vise à créer un espace de dialogue et d’échange, où les racines locales peuvent s’entrelacer avec des visions globales, générant de nouvelles perspectives artistiques et renforçant le sens de la communauté internationale« .

Une bien pertinente initiative donc, soutenue avec enthousiasme par la post-fasciste et mussolinienne Giorgia Meloni, qui continue d’honorer de la plus belle des manières la mémoire de son idole avouée Benito et son goût sûr pour les Arts, comme l’histoire nous l’a démontré…

Marc Roudier

Laisser un commentaire

  • Mots-clefs

    Art Art Bruxelles Art New York Art Paris Art Venise Biennale de Venise Centre Pompidou Danse Festival d'Automne Festival d'Avignon Festivals La Biennale Musiques Opéra Performance Photographie Théâtre Tribune
  • Archives