PASCAL CASSON, SAMDI GALERIE CAEN

Pascal Casson, peintures récentes – Samdi Galerie, Caen, jusqu’au 8 octobre 2017.

On a régulièrement annoncé la fin de la peinture, désignant tel tableau comme le dernier d’une longue histoire. Réciproquement, dans un mouvement dialectique,on a régulièrement annoncé son retour. Mais le fait est que celle-ci, en France comme ailleurs, n’a jamais cessé d’exister, qu’elle est, pour emprunter au vocabulaire musical, comme un bourdon qui a sa part dans la polyphonie des pratiques artistiques professionnelles et amateurs, et celles situées entre ces deux pôles, plus ou moins audible et intense au gré de la « fortune critique », vieille lune passablement ésotérique de l’impénétrable cénacle de l’étude de l’histoire de l’art en France, mais surtout, et plus prosaïquement, de la faveur que les responsables de nos « politiques culturelles » veulent bien lui accorder.

Pascal Casson fait partie de ces artistes qui, sans faire grand cas de ce qu’il est convenu de faire pour être reconnu comme un « grand artiste », s’est de longue date attelé à une recherche proprement picturale, très personnelle, faisant fi de la vanité des modes (minimalisme, conceptualisme, Pop…). N’ayant pas fait d’école d’art, ne venant pas d’un milieu le prédisposant à devenir peintre (tout juste garde-t-il le souvenir incertain d’un grand-père aquarelliste), il s’est très simplement efforcé de répondre à un désir, le jour où un professeur, à l’école, a montré à la classe des reproductions de Paul Klee, peintre qui depuis lors n’a pas cessé de le passionner.

Les occasions d’exposer sont rares, les ventes tout autant, mais ça n’est pas ce qui préoccupe Pascal Casson, tout entier pris par sa peinture. Partant d’un terrain presque vierge, où presque tout était à construire, il s’est engagé dans une pratique au long cours, où les tâtonnements d’ordre technique ont été nombreux, où le style a très lentement, très patiemment mûri pour, au fil des expérimentations, aujourd’hui acquérir le caractère de l’évidence. Et ne commettez pas la maladresse de demander à Pascal Casson ce qu’il a « voulu dire », ou si sa peinture est « abstraite » ou « figurative » : sa peinture est très loin de cet art qui ne tient que par la force, presque magique, d’un discours. Elle n’illustre pas, ne démontre pas : elle est, voilà tout.

Certes, vous pourrez y deviner ici des formes végétales, organiques, là des chemins, des frontières, des bâtiments, discerner d’une œuvre à l’autre un espace plus ou moins profond, plus ou moins illusionniste, et c’est une vieille habitude humaine que de vouloir identifier, que de vouloir tout rapporter à quelque chose de déjà connu, de nommer. Or la meilleure façon d’approcher la peinture de Pascal Casson est précisément, je crois, de s’efforcer de se déprendre du langage pour laisser toute leur place à vos sensations, nées des formes et des couleurs;

Yann Ricordel

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