« FIRE OF EMOTIONS: PALM PARK RUINS » : PAMINA DE COULON LES PIEDS SUR TERRE

Fire-of-Emotions

Lausanne, correspondance.

«Fire of Emotions: Palm Park Ruins» de Pamina de Coulon – A L’Arsenic-Lausanne – du 26 au 29 septembre 2019

Après ses voyages dans le cosmos (Genesis)et sous les océans (The Abyss), Pamina de Coulon enfonce les pieds dans la terre « Palm Park Ruins » pour le troisième volet de son triptyque en essais parlés, «Fire of Emotions».

Des pans de tissu vert forêt s’entrelacent en fond de scène et jusque sur le plateau. Elle est assise en tailleur devant une cabane igloo, souriante, accueillante, silencieuse.

C’est donc au sujet de notre demeure, de notre foyer qu’elle va délier sa langue. Ses références sont nombreuses et lettrées : l’ampleur du désastre pourra-t-elle être compensée par la force de vie ? Que reste-t-il pour contrer le sentiment d’impuissance d’une population inquiète dont l’attention s’évapore face aux discours culpabilisants ?

Le jardin est le thème principal de ces 70 minutes de conférence performative. Jardiner contre l’agroalimentaire. Le mythe a fait de notre première et dernière demeure un jardin. Cet Eden, en danger, il nous appartient de réellement le cultiver, avant que la violence du haut, celle de la richesse capitaliste, ne rende les «printemps silencieux».

Traçant son chemin oratoire parmi les références, les exemples et les arguments, Pamina de Coulon fait l’apologie de la cohabitation, de la lenteur et de la patate ! Elle fustige la propriété, les normes et les frontières qui ne sont que des dessins. Elle invente de nouvelles injures moins sexistes et pro environnementales. Elle évoque la genèse du pizzly, le concept alternatif de capitalocène, l’ère des fougères et un pique-nique de Virginia Woolf.

Le public est en apnée, l’attention ne faiblit pas. Beaucoup de jeunes, acquis à la cause écologique. Le sourire contrebalance par moment le sérieux du propos et la formule «Terre morte/Eau morte» de Pamina de Coulon qualifiant la crise climatique, resurgira dans les conversations. On rêve d’entendre sa voix passionnée à plus grande échelle. De la documentation est d’ailleurs mise à disposition sur un présentoir. De quoi alimenter les discussions… « Mais pour l’instant, ce sont les palmiers qui sont en feu ! »

Martine Fehlbaum,
à Lausanne

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