JENNY HOLZER : AVEC « J’AI VU » AU MUSÉE D’ORSAY, L’ARTISTE MOBILISE LES ÉCRITS DU FONDS MUSÉAL POUR SUBLIMER SES INSTALLATIONS ET PROJECTIONS LUMINEUSES

JENNY HOLZER – « J’AI VU » – Musée d’Orsay Paris – Du 20 octobre 2026 au 21 février 2027.
Reconnue comme l’une des artistes majeures de notre époque, Jenny Holzer place les mots et les idées au cœur d’une pratique engagée, qui interpelle et suscite la réflexion. Pour l’exposition J’ai vu, conçue pour et avec le musée d’Orsay, l’artiste étatsunienne mobilise des fragments de texte qu’elle a puisés dans les collections du musée ou des écrits importants de l’époque qu’elle déploie sur ses supports de prédilection : installations monumentales, projections lumineuses sur la façade historique de l’ancienne gare, gravures sur des bancs de pierre et des colonnes en marbres aux tonalités variées, ou encore dispositifs électroniques lumineux.
L’exposition prend diverses formes, à commencer par des projections lumineuses sur la façade du musée, coté la Seine, lors de la semaine d’inauguration du 18 au 22 octobre, chaque soir de 19h à 23h. Les extraits choisis par Holzer – allant de lettres d’artistes conservées notamment au service de la documentation du musée à des écrits littéraires ou politiques contemporains de l’époque – transforment l’extérieur du bâtiment et offrent aux passants une expérience immersive, presque hors du temps.
À l’intérieur, une installation LED monumentale animée de flux textuels colorés, conçue spécifiquement pour le lieu, permet aux visiteurs de s’immerger dans des contenus issus de l’histoire représentée dans les collections du musée et en dialogue avec elle. Traversant quatre salles des collections – consacrées à la peinture d’histoire, au naturalisme, au symbolisme et la salle Courbet, situées à l’étage inférieur- cette œuvre lumineuse fait écho a la métamorphose du bâtiment, passé de gare du XIXe siècle à musée moderne. Un programme sur mesure, parcourant l’espace, reflète la circulation animée des visiteurs et rappelle la fonction originelle de la Gare d’Orsay.
Une présentation conçue par l’artiste elle-même s’articule autour de la salle consacrée à la peinture d’Histoire, dont l’accrochage est repensé autour du thème de la guerre, en écho à la pratique de Jenny Holzer autour du mémorial et de l’anti-mémorial. Habituellement dédiée à un ensemble de scènes historiques diverses (liées à des événements politiques, religieux, profanes ou mythologiques) cette salle se concentre ici sur les conflits. Elle réunit des œuvres des collections ayant pour thème la guerre, quels que soient leur genre ou leur propos, ainsi qu’une sélection de peintures de Jenny Holzer réalisées à la feuille d’or, de platine et de palladium, référençant des conflits internationaux récents.
L’intervention se prolonge dans une salle indépendante située en bord de Seine. Ces peintures métalliques fondées sur le principe du caviardage, où des pans entiers de texte sont masqués ou occultés, font émerger la notion de secret et se transforment au gré de la lumière du fleuve au fil de la journée. Une grande partie de leur contenu demeure dissimulée, tandis que subsistent des traces de décisions difficiles et nécessaires. Elles mettent en évidence la tension entre la confidentialité nécessaire à la sécurité et l’éventualité d’un déni criminel.
L’exposition réunit également dix-neuf œuvres sculptées dans la pierre, dont dix-sept bancs et deux colonnes. Ce nouveau type de sculpture dans la pratique de Jenny Holzer, inspiré des socles du musée d’Orsay, entre en dialogue avec l’architecture du lieu et ses collections permanentes. Créées spécialement pour l’occasion, ces pièces originales sont réparties dans les salles et les espaces du rez-de-chaussée. La plupart sont gravées de textes issus de la période couverte par les collections du musée, de 1848 à 1914. Les tonalités singulières des pierres répondent à l’extraordinaire diversité des matériaux employés pour les sculptures et les socles du musée depuis son ouverture en 1986. L’artiste a identifié chaque variété de pierre et retracé sa provenance afin d’assurer une correspondance d’une extrême précision.
Avec plus de 750 textes distincts, issus de 424 sources et signés par 73 auteurs, J’ai vu constitue probablement la sélection de textes la plus vaste que Jenny Holzer ait réunie à ce jour pour une exposition. Cette ampleur permet de faire émerger une remarquable diversité d’extraits issus de la période représentée dans les collections du musée, sur les thèmes associés au conflit, tels que la guerre franco-prussienne de 1870-1871 ; la Commune de Paris de 1871 ; le colonialisme ; l’activisme, l’anarchisme, le monde du travail et les grèves ; l’armée, notamment la conscription, le bizutage et la corruption ; Haussmann et les conditions de vie à Paris ; la critique d’art ; ainsi que les échanges épistolaires entre artistes.
Cette pluralité de voix acquiert une force particulière lorsqu’elle est projetée à l’échelle monumentale sur la façade du musée, gravée dans le marbre et le granite, ou lorsqu’elle traverse l’espace sous forme de flux lumineux. En revenant aux sources textuelles de la période représentée dans les collections du musée d’Orsay, Jenny Holzer compose le portrait d’une époque à travers une multitude de voix, de récits et de points de vue.
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Événement en lien :
- Projections lumineuses en extérieur sur la façade Seine du musée d’Orsay du dimanche 18 au jeudi 22 octobre 2026 inclus (5 soirées), de la tombée de la nuit (vers 19h) à 23h.
Commissariat
- Sylvain Amic, Président de l’Etablissement Public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, Valéry Giscard d’Estaing (24 avril 2024 – 31 août 2025) ;
- Nicolas Gausserand, conseiller du Président, en charge des questions internationales et contemporaines.
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JENNY HOLZER – « J’AI VU » – Musée d’Orsay Paris – From October 20th, 2026 to February 21st, 2027.
Known as one of the most influential artists of our time, Jenny Holzer places words and ideas at the heart of her deeply engaged, thought-provoking practice. For the exhibition J’ai vu, conceived for and with the Musée d’Orsay, Holzer offers text fragments from the museum’s archive and the historical period covered by its collection, disseminated across her signature media: monumental installations, projections onto the former railway station’s historic facade, engravings on stone benches and columns in variegated marbles, and luminous electronic displays.
The exhibition takes a variety of forms, beginning with light projections on the museum’s facade along the Seine during the show’s opening week (7–11 pm nightly, October 18–22). Excerpts selected by Holzer from a range of sources, from artists’ letters found in the museum’s archive to contemporaneous literary and political commentary, transform the building’s exterior and offer passersby an immersive experience akin to stepping out of time.
Inside the museum, a site-specific LED sign animated with colorful streams of text allows visitors to immerse themselves in content drawn from, and responding to, the history represented in the Musée d’Orsay’s collection. Extending through four galleries—those dedicated to history painting, naturalism, and symbolism, as well as the Courbet room on the floor below—this illuminated artwork echoes the building’s conversion from nineteenth-century railway station to modern museum. The custom program traversing the space mirrors the bustle of visitors, in a nod to the Gare d’Orsay’s original function. An artist-curated presentation unfolds throughout the history painting room, which has been rehung to focus on the theme of war in the spirit of Holzer’s practice of creating memorials and antimemorials. Ordinarily dedicated to an assortment of historical scenes (religious, mythological, secular, or associated with political events), this gallery now centers on conflict. It combines war-related works from the collection (varying widely in genre and subject matter) with a selection of gold-, platinum-, and palladium-leafed paintings by Holzer concerning recent international battles.
The exhibition also features nineteen stoneworks, including seventeen benches and two columns — a new type of sculpture for Holzer, inspired by the Orsay’s pedestals — placed in conversation with the museum’s architecture and its permanent collection. These original sculptures, created by Holzer for this occasion, are installed throughout the galleries and ground-floor spaces. Most are engraved with texts from the period covered by the museum’s collection (1848–1914). The unusual colors of the stone are a response to the remarkable diversity of the stone used in the museum’s sculptures as well as its pedestals since its opening in 1986. The artist has identified each stone type and traced its origin, ensuring an extremely precise match.
With more than 750 unique texts drawn from 424 sources and 73 authors, J’ai vu may well be Holzer’s largest selection of texts for an exhibition to date. The breadth of her approach has resulted in a remarkably diverse assortment of writings from the late nineteenth and early twentieth centuries, revolving around themes such as the Franco-Prussian War of 1870–71; the 1871 Paris Commune; colonialism; activism; anarchism; the world of labor and workers’ strikes; the military, especially conscription, hazing, and corruption; Baron Haussmann and living conditions in Paris; art criticism; and artists’ correspondence. This plurality of voices takes on particular resonance when projected at monumental scale onto the museum’s facade, carved into marble and granite, or propelled through space as a stream of light. In returning to the primary documents of the period represented by the Musée d’Orsay’s collection, Holzer paints a portrait of an era via a multitude of voices, anecdotes, and points of view.
Related event:
- Outdoor light projections on the Seine-facing facade of the Musée d’Orsay from Sunday, October 18, through Thursday, October 22, 2026 (5 evenings), from dusk (around 7pm) to 11pm.
Curatorship
- Sylvain Amic, President of the Public Establishment of the Musée d’Orsay and the Musée de l’Orangerie, Valéry Giscard d’Estaing (April 24, 2024 – August 31, 2025);
- Nicolas Gausserand, Advisor to the President, head of international and contemporary matters.
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Images: 1- Jenny Holzer, Jenny Holzer Claude Monet, letter to Théodore Duret, February 2, 1884 © 2026 Jenny Holzer, member Artists Rights Society (ARS), New York/ADAGP, Paris 2, 3 & 4- Projections divers lieux, New york, Basel – All images Copyright the artist © 2026 Jenny Holzer, member Artists Rights Society (ARS), New York/ADAGP, Paris























