LE MUSÉE D’ONTARIO CENSURE NAN GOLDIN POUR SON POSITIONNEMENT ANTI-ISRAËL ET SON SOUTIEN À LA PALESTINE

TRIBUNE. Comment la propagande israélienne infuse dans les esprits et conduit à la censure d’une artiste internationale.

Le musée contemporain canadien, l’Art Gallery of Ontario a finalement décidé de ne pas acheter pour ses collections de travaux de la photographe Nan Goldin, contrairement à ce qui avait été prévu, en raison de ses positionnements anti-Israël. Cela a conduit à la démission d’un conservateur et de deux membres du comité d’achat de l’institution.

Ce qui a conduit l’institution de cet état canadien au rejet de l’acquisition d’œuvres de la photographe américaine, militante pro-palestinienne affichée, est clairement sa détestation assumée de l’état israëlien et de son gouvernement d’extrême droite, colonisateur sans complexe, dont le dirigeant Benjamin Netanayu est poursuivi par la Cour de Justice Interntionale pour crimes crimes de guerre et crimes contre l’Humanité, avec soupçon de génocide planifié de la population gazaouie -plus de 60 000 morts et des centaines de milliers de blessés et sans-abris du fait des bombardement de Tsahal, l’armée israélienne.

Certains membres de la commission d’achat ont estimé que les prises de position de l’artiste -de confession juive, faut-il le préciser- relevaient de « l’antisémitisme ». Ce qui est parfaitement délirant, concernant une artiste depuis toujours engagée dans son travail auprès des populations marginalisées et les communautés stigmatisées comme les Afro-américains, les Latinos, les homosexuels et LGBT, les prostitué(e)s, ou encore les SDF, victimes de la drogue et autres marginaux exclus de la société américaine, qu’elle a largement contribué à visibiliser avec son oeuvre de photographe.

Les démissions du conservateur d’art moderne et contemporain de l’Art Gallery of Ontario (AGO), ainsi que de deux membres de son comité des collections modernes et contemporaines, ont été révélées par le quotidien canadien The Globe and Mail.

Nan Goldin a signé un appel à la « libération de la Palestine » dans les semaines qui ont suivi l’attaque du Hamas le 7 octobre. En avril 2024, elle a co-signé une autre lettre demandant l’exclusion d’Israël du de la Biennale art de Venise. En décembre 2023, Nan Goldin avait déclaré au magazine n+1 que « Toute sa vie, elle avait boycotté culturellement Israël ».

Son engagement ne date pas d’hier, donc, et il est clairement assumé par l’artiste depuis fort longtemps, Pour d’excellentes raisons, tant les convictions de l’artiste sont profondément ancrées, corrélées par sa répugnance à l’endroit de tous les nationalismes et du colonialisme exacerbé de l’état israélien en particulier, visant clairement à chasser le peuple palestinien des territoires illégalement annexés, jusqu’en Cisjordanie où les extrémistes juifs s’acharnent à attaquer sans relâche les habitants comme les nomades bédoins pour les contraindre à quitter leurs terres. Un rêve de « grand Israël » fortement encouragé par le gouvernement Netanayu et ses nervis d’extrême-droite.

D’autres de ses déclarations avaient suscité l’émoi en Allemagne après un discours de l’artiste à la Neue Nationalgalerie de Berlin, où elle avait déclaré qu’elle considérait son exposition dans l’institution comme une tribune pour dénoncer le « génocide conduit par Tsahal à Gaza et au Liban », ajoutant que « l’antisionisme n’a rien à voir avec l’antisémitisme ».

Décidément, la propagande d’Israël infuse dans les esprits, jusqu’à des conservateurs de musées et jusqu’à la direction de la Biennale de Venise 2026, qui a osé demander à l’Afrique du Sud de retirer une oeuvre de son pavillon national, pour cause de critique de l’état d’Israël. Laquelle a préféré tout simplement fermer son pavillon et ne pas participer à l’édition 2026 de La Biennale…

Ces derniers jours, Nan Goldin a fait don d’une de ses œuvres à une collecte de fonds pour les enfants palestiniens, organisée par l’influenceuse pour enfants Ms. Rachel, elle-même violemment prise à partie sur les réseaux par l’extrême-droite pour ses prises de position contre Israël et son soutien à la cause palestinienne.

Marc Roudier

Photo: Nan Goldin Autoportrait, copyright the artist

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