BIENNALE DE VENISE 2026. PLUS DE 200 ARTISTES, CURATEURS ET DÉLÉGATIONS DEMANDENT LE RETRAIT DE LA PARTICIPATION D’ISRAËL

61e BIENNALE DE VENISE. PLUS DE 200 ARTISTES, CURATEURS ET DÉLÉGATIONS DEMANDENT LE RETRAIT DU PAVILLON D’ISRAËL

Le groupe militant Art Not Genocide Alliance (Anga) a publié une lettre ouverte appelant la Biennale de Venise à interdire à Israël de participer à la 61e édition de l’Exposition internationale d’art, qui ouvre ses portes le 9 mai. La lettre a été signée par près de 200 artistes, commissaires d’exposition et acteurs culturels impliqués dans l’événement vénitien. 

Parmi les signataires figurent les commissaires d’exposition Gabe Beckhurst Feijoo et Rasha Salti, membres de l’équipe chargée de concrétiser la vision de la commissaire Koyo Kouoh, décédée en mai dernier, quelques mois seulement après sa nomination. Des dizaines d’artistes participant à l’exposition principale, « In Minor Keys », ont également signé, ainsi que des commissaires et des artistes associés aux pavillons de la Belgique, du Brésil, de la Bulgarie, de la France, du Pérou, de la Pologne, de l’Espagne, de la Suisse, et d’autres pays. Douze signataires, dont des artistes et des commissaires d’autres pavillons, ont choisi de rester anonymes par crainte de « préjudices physiques, politiques ou juridiques potentiels liés à une signature publique », comme l’explique la lettre. 

« Nous, soussignés, artistes, commissaires d’exposition et acteurs culturels, nous unissons dans notre refus collectif de permettre à l’État d’Israël de disposer d’une tribune alors qu’il commet un génocide », peut-on lire dans le document. « Nous agissons ainsi en soutien à nos collègues artistes et acteurs culturels palestiniens, en solidarité avec le peuple palestinien et dans l’espoir profond de mettre fin au génocide sioniste et à l’apartheid en cours, et de voir renaître une Palestine libre. » 

La lettre rappelle également qu’en 2024, face à la participation d’Israël à la Biennale, la mobilisation citoyenne avait entraîné la fermeture du pavillon israélien. « Deux ans et demi après le génocide perpétré contre la Palestine et 77 ans après la Nakba, l’État d’Israël cherche une fois de plus à légitimer la Biennale, à se présenter comme un créateur plutôt que comme un destructeur de vie et de culture », peut-on lire dans le texte. 

Anga avait déjà diffusé une lettre similaire en 2024, recueillant plus de 20 000 signatures. Cette année-là, l’artiste Ruth Patir, choisie pour représenter Israël, annonça que son exposition ne resterait ouverte que jusqu’à la conclusion d’un cessez-le-feu et d’un accord pour la libération des otages entre Israël et le Hamas. L’exposition ferma alors ses portes en novembre sans jamais avoir été officiellement inaugurée, mais des manifestations eurent lieu devant le pavillon lors des avant-premières et des journées d’ouverture au public

Cette année, la participation d’Israël ne se déroulera pas au pavillon Giardini, actuellement en rénovation, mais à l’Arsenal, l’autre espace d’exposition principal de la Biennale. L’artiste Belu-Simion Fainaru, basée à Haïfa et représentante d’Israël, a confié à ARTnews se réjouir de cette nouvelle configuration, soulignant l’opportunité d’exposer aux côtés de pays comme les Émirats arabes unis, la Turquie et l’Arabie saoudite. 

La participation d’Israël n’est pas la seule source de controverse pour la Biennale : début mars, la Russie a annoncé la réouverture de son pavillon pour la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Cette décision a suscité une vague d’indignation internationale, avec plus de 8 500 signatures recueillies sur une autre lettre ouverte appelant les organisateurs à « évaluer les implications » de la participation de la Russie. 

La Biennale a jusqu’à présent défendu sa position, déclarant publiquement rejeter « toute forme d’exclusion ou de censure de la culture et de l’art », et soulignant que l’événement doit demeurer « un lieu de dialogue, d’ouverture et de liberté artistique », malgré les tensions géopolitiques. Un porte-parole a également précisé à ArtNews que « la Biennale de Venise ne décide pas de la participation nationale ; ce sont les pays eux-mêmes qui choisissent d’y participer ». Le ministre de la Culture, Alessandro Giuli, a demandé et obtenu de la Biennale de Venise un dossier concernant le pavillon russe afin de vérifier si les sanctions imposées à la Fédération de Russie avaient été contournées.  

Cependant, la question ne semble pas être réglée : la semaine dernière, 22 ministres de la Culture ont écrit au président de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, l’exhortant à reconsidérer la participation de la Russie, soulignant qu’une telle visibilité pourrait donner une fausse impression de normalité au conflit en cours. L’Union européenne a également exprimé son inquiétude, faisant remarquer que cette initiative pourrait compromettre environ 2 millions d’euros de financement européen et être contraire à la politique européenne concernant l’invasion de l’Ukraine.

Source: LA MILANO

Laisser un commentaire

  • Mots-clefs

    Art Art Bruxelles Art New York Art Paris Art Venise Biennale de Venise Centre Pompidou Danse Festival d'Automne Festival d'Avignon Festivals La Biennale Musiques Opéra Performance Photographie Théâtre Tribune
  • Archives