« THE DOG DAYS ARE OVER #2 », LA CONTAGION GRAVITAIRE DE JAN MARTENS

THE DOG DAYS ARE OVER #2 – Jan Martens & GRIP – Une programmation de LA MANUFACTURE CDCN Nouvelle Aquitaine au TNBA Bordeaux – Les 24 & 25 mars 2026 – puis au Théâtre de Liège, le 21 avril 2026.

Avec The Dog Days are over, Jan Martens signait en 2014 une pièce coup de poing qui allait le propulser sur la scène internationale. Dix ans et plus de cent représentations plus tard, il recrée cette œuvre phare avec une nouvelle équipe.

Jan Martens présente donc une reprise d’une de ses premières pièces devenue culte, The dog days are over, créée en 2014 et auquel le chorégraphe a ajouté le sigle « 2.0 » pour signifier la mise à jour, comme un logiciel informatique qui remettrait les pendules à l’heure car, il faut le dire, la pièce repose sur les mêmes fondamentaux que sa matrice, c’est juste les danseurs qui ont changé – et on le comprend vu la performance et l’engagement physique que cela demande…

Le sol est fait de tapis noirs sur lesquels sont posées des croix blanches comme sur un lino de salle de sport. Les huit danseurs, en tenus de sport, les hommes torses nus, d’aucun avec de longues chaussettes, d’autres sans. Ils sont appuyés sur le mur du lointain. Ils s’avancent, se chaussent et esquissent une petite flexion du genou ou du pied, imperceptible et puis ça commence, comme le font ces lapins mécaniques d’une fameuse pub pour une marque de pile, ils ne s’arrêteront plus. Ils sauteront tellement haut, tellement fort, tellement longtemps, dans tous les axes possibles de la scène, de face, en rond, de trois quarts… qu’une impression de tournis saisi le spectateur.

On se laisse aller à bouger le pied sur son fauteuil. On est, comme le disait le chercheur en danse Hubert Godard, dans une « contagion gravitaire ». On pense aussi à FOLK-S d’Alessandro Sciarroni avec cette même recherche de l’épuisement du danseur mais où l’Italien prenait appuis sur les danses folkloriques. Là, le Belge impose une facture plus contemporaine, avec, finalement, des gestes usuels mais les deux gravitent entre art, divertissement et tradition… Le saut devient un moyen de se déplacer en groupe comme un nouveau moyen de locomotion. Ces sauts épuisants sont aussi une manière d’épreuve, de résistance très commune à l’époque où il faut se dépasser sans cesse, aller au-delà de ses forces et il n’y a qu’à voir le succès de salles de body pump ou pire de cross fit dans le monde pour comprendre que les deux chorégraphes ne font que reproduire cette quête sur un plateau, la poésie en plus…

Emmanuel Serafini

Spectacle vu à la Biennale de Danse de Lyon 2025

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With The Dog Days are over, Jan Martens created a powerful play in 2014 that propelled him onto the international stage. Ten years and more than a hundred performances later, he is reviving this landmark work with a new team.

Jan Martens is therefore presenting a revival of one of his early, cult pieces,  The dog days are over , created in 2014, to which the choreographer has added the abbreviation « 2.0 » to signify the update, like a computer program that resets the clocks because, it must be said, the piece is based on the same fundamentals as its matrix, it is just the dancers who have changed – and we understand why given the performance and physical commitment that it requires…

The floor is made of black mats covered with white crosses, like on a gym floor. The eight dancers, in athletic wear, the men shirtless, some with long socks, others without, are leaning against the far wall. They step forward, put on their shoes, and make a slight, almost imperceptible bend of a knee or foot, and then it begins, like those mechanical rabbits in a famous battery commercial; they won’t stop. They jump so high, so hard, for so long, in every possible direction on the stage—frontally, in a circle, at a three-quarter angle—that a feeling of dizziness grips the viewer.

We find ourselves shifting our feet in our seats. We are, as dance researcher Hubert Godard put it, in a state of « gravitational contagion. » We also think of Alessandro Sciarroni’s FOLK-S, with its similar exploration of the dancer’s exhaustion, but where the Italian drew upon folk dances. Here, the Belgian imposes a more contemporary style, ultimately using everyday gestures, yet both gravitate between art, entertainment, and tradition… Jumping becomes a way to move as a group, a new means of locomotion. These exhausting jumps are also a form of test, a very common act of resistance in an era where we must constantly push ourselves, go beyond our limits. One only has to look at the success of Body Pump gyms or, even worse, CrossFit gyms worldwide to understand that the two choreographers are simply reproducing this quest on stage, with added poetry…

Emmanuel Serafini

Performance seen at the Lyon Dance Biennale 2025

Photo Alwin Poiana

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