56e BIENNALE DE VENISE : JEAN-PIERRE AUBE, « ELECTROSMOG VENEZIA »

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Correspondance à Montréal.
56e BIENNALE DE VENISE : Jean-Pierre Aubé: Electrosmog Venezia / du 6 au 8 mai, Venise / La Biennale : 9 mai – 22 novembre 2015.

Electrosmog Venezia : capter et voir l’onde

Comme cela avait été le cas il y a deux ans, le Québec a de nouveau son représentant à la Biennale de Venise. En 2013, Raphaëlle de Groot avait livré une performance dans les rues et canaux de la cité. Le projet relevait de l’initiative de la Galerie de l’Université du Québec à Montréal et Louise Déry, sa directrice, avait été l’instigatrice de ce projet.

Il en va de même cette année avec la présence de Jean-Pierre Aubé qui, lui aussi, exercera son art dans les rues de la Sérénissime, toujours grâce aux bons soins de la galerie universitaire et sous le même commissariat. Du 6 au 8 mai 2015, lors des journées d’ouverture de la biennale, Jean-Pierre Aubé pourra présenter Electrosmog Venezia.

Il ne sera pas le seul artiste québécois à faire partie de cet événement puisque le représentant officiel du Canada à la Biennale de Venise est BGL, collectif de Québec formé des artistes Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière. Seront aussi là Simon Bilodeau et Guillaume Lachapelle, choisis par la conservatrice Rachele de Stefano de la Global Art Affairs Foundation pour faire partie de l’exposition Personal Structures : Time-Space-Existence, présentée au Palazzo Bembo dans le cadre du Programa Collateral de La Biennale.

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Depuis quelque vingt ans, Jean-Pierre Aubé élabore une pratique unique alors qu’il explore et cherche à rendre perceptible l’énergie des ondes environnantes, en provenance des vibrations des aurores boréales, de la pollution électromagnétique, de la cybersurveillance et de la radioastronomie. À Venise, il compte tirer parti de la présence des nombreux touristes attirés par l’événement pour capter, grâce à des antennes faites maison, les ondes émanant des nombreux appareils de téléphonie cellulaire et autres tablettes électroniques. C’est le spectacle de cette récolte active qu’il offrira lors de ses déambulations dans divers lieux de la ville. Ses antennes, faites de bâtons de hockey, risquent de ne pas passer inaperçues en même temps qu’elles trahiront la nationalité de l’artiste.

En termes de collectes électrosonores, il sera sans doute gâté; la foule concentrée des touristes ne devrait pas manquer de générer une intense activité communicationnelle, milliers de différents messages constamment relayés par les dizaines de tours qui quadrillent nos villes. Il sera ainsi facile pour lui de collecter, documenter et enregistrer les émissions émanant des systèmes de télécommunication personnels, à l’aide d’un dispositif portatif sur chariot vénitien qui, en plus des antennes, compte plusieurs récepteurs radio et ordinateurs en réseaux.

En soirée, les 7 et 8 mai, de 21 h à 22 h 30,au Campo Santa Margherita dans le quartier du Dorsoduro, il offrira la projection des bandes passantes, recueillies et conservées à cette fin. Il cherchera ainsi à donner matière à ces petits paquets d’informations qu’encodent et décodent constamment ces « petits êtres communicationnels », ainsi qu’il les nomme lui-même.

Cette capture de l’électrosmog généré par les usagers de ces outils communicationnels, Jean-Pierre Aubé l’a déjà réalisée dans les villes de Berlin, Istanbul, Mumbai, Hong-Kong et San Francisco. Pour rendre tangible ces ondes qui n’ont rien de visible, il choisit de les représenter au moyen d’une superposition d’images, joignant à celle d’une de ces villes connues, une sorte d’ondulation des cieux qui les surplombent.

Évidemment, cela n’a rien de réel; il ne s’agit en aucun cas d’une sorte de trace invisible que l’artiste trouverait le moyen de matérialiser, faisant apparaître une présence ondulatoire d’ordinaire imperceptible à nos yeux. La question de cette traduction en images prête d’ailleurs à confusion; les bandes passantes, telles qu’elles peuvent apparaître sur l’écran de l’ordinateur de l’artiste, ne sont rien de plus elles-mêmes qu’une représentation conventionnée, un simulacre, dirait certainement Jean Baudrillard, de ce qui ne se manifeste pas réellement ainsi. Mais qui n’en est pas moins énergie !

En d’autres oeuvres, c’est une autre manière qu’il utilise afin de représenter ces ondes. Il le fait au moyen d’un graphique prenant la forme d’un disque aux sillons reproduisant à la fois la couleur du ciel de la ville et la modulation des ondes en fréquences allant de 0.1 à 144 mégahertz. Pour ces représentations, il offre sous forme de cercles ce qui apparaît plutôt en bandes, se déroulant de haut en bas et sur fond noir, sur son écran d’ordinateur.

Le périple de l’artiste québécois ne se terminera pas à Venise. Jean-Pierre Aubé poursuivra son aventure en terre italienne à la galerie RAM radioartemobile, à Rome. Il y présentera, à partir du 14 mai, l’exposition Electrosmog. On pourra y voir la série du même nom mise en relation avec le projet V.L.F. Natural Radio, réalisé en Finlande, en Écosse et au Québec. Il y propose une traduction en son et en images de la magnétosphère de la planète, composée, en basses fréquences, des perturbations magnétiques causées par les conditions atmosphériques. En plus, il offrira au public romain deux œuvres vidéographiques récentes: Electrosmog Venezia, réalisée dans le cadre de la Biennale de Venise; et Radio Vaticana, conçue à partir d’une captation du signal de Radio Vatican, l’un des plus importants sites d’émission de fréquences radio au monde.

L’ouverture de l’exposition sera précédée d’une table ronde organisée par la galerie. À l’artiste et à la commissaire de l’exposition Louise Déry, se joindront alors différents chercheurs et penseurs pour discuter de la question des fréquences radio et de leur application artistique.

Sylvain Campeau
à Montréal

RAM radioartemobile
Via Conte Verde n.15 – Roma
t. +39 06 44704249
radioartemobile.it

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Crédit photo : Jean-Pierre Aubé, Electrosmog Venezia, 2015, image tirée de la vidéo
Credit : Jean-Pierre Aubé, Electrosmog Venezia, 2015, video still

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