ANNETTE MESSAGER INVESTIT L’INSTITUT GIACOMETTI AVEC « NOS CHAMBRES »

ANNETTE MESSAGER – ALBERTO GIACOMETTI : NOS CHAMBRES – Institut Giacometti, Paris – Jusqu’au 13 janvier 2019.

L’institut Giacometti donne carte blanche à Annette Messager. Pour cette première invitation d’une artiste contemporaine à investir ce nouvel espace dédié à l’œuvre d’Alberto Giacometti, Annette Messager a été invitée à voyager à travers les œuvres de la collection de la Fondation Giacometti et les archives de l’artiste, guidée par le commissaire, Christian Alandete.

De ces déambulations dans l’œuvre et dans la vie de Giacometti, Messager a rapporté un butin aussi riche qu’hétérogène : des sculptures et dessins de l’artiste, des carnets et documents intimes et imaginé des œuvres nouvelles pour la circonstance. De tous ces ingrédients, elle n’a pas fait seulement une exposition, mais une œuvre en soi : non pas une « chambre à soi », mais un parcours composé de plusieurs « chambres à deux ».

Dans la définition donnée par Messager à chacune de ces chambres, Giacometti est considéré comme un partenaire d’exposition, plutôt que comme une source d’inspiration. Il est difficile de parler de création « à quatre mains » quand l’un seulement des artistes est vivant pourtant c’est bien un dialogue entre les deux artistes qui prend forme.

Depuis l’entrée de l’Institut se succèdent ainsi l’Atelier de Giacometti, la Chambre des rencontres, la Chambre des légendes, la Chambre des nez à nez, la Chambre des désordres, la Chambre des Annettes.

A proximité de l’atelier de Giacometti sont accrochés les dessins des plans du premier atelier de Messager (« artiste, collectionneuse ») et le plan des Chambres de cette nouvelle exposition.

La Chambre des rencontres est dédiée à l’entourage et aux rencontres de Giacometti : photographies, lettres, carnets, œuvres, évoquant les personnes « qu’il a rencontrées, aimées, admirées, détestées ». Une déclaration d’amour et des lettres à sa femme Annette côtoient des lettres de Beauvoir, Sartre et Miro à l’artiste, des échanges avec André Breton, des dessins intimes.

La Chambre des légendes réorganise spatialement les éléments de Sans légende. Le mouvement régulier de l’horloge a inspiré de nouveaux dessins, dans lesquels les jambes de l’Homme qui marche prennent la place des aiguilles.

La Chambre des nez à nez réunit des œuvres de Giacometti et de Messager : le très iconique Nez du premier, dardant au travers des barreaux d’une cage, rencontre les diverses occurrences du nez de Pinocchio dans l’œuvre de l’artiste contemporaine, ainsi qu’un « pied de nez » à l’artiste (Hommage à Giacometti, 2015) et des œuvres nouvelles (La lune-nez ; Mère avec enfant ; Doigt d’honneur Giacometti). Burlesques, grotesques ou transgressifs, tous ces nez sont réunis sous l’égide d’une litanie, inspirée de Gertrud Stein : « a nose is a nos is a nose …»

La Chambre des désordres réunit œuvres anciennes et récentes de Messager, sur des thèmes liés à l’œuvre de Giacometti. Parmi celles-ci, plusieurs dessins et encres : des dessins sur photographie de corps (Song of Innocence : le Chien de Giacometti « tatoué » sur un bras de bébé) ; des dessins en « taches de Rorschach » (2 cris ensemble) ; d’autres associant le célèbre passage du berceau dans le film Le Cuirassée Potemkine et la Tête sur tige de Giacometti ; deux frises (Kafka-Giacometti et Rencontre)… De nouvelles œuvres en volume font aussi référence au sculpteur: Rodin avec Giacometti sur Barbie, assemblage insolite de deux icones de la sculpture moderne avec la célèbre poupée à la marque déposée, et La boule-slipping bag, dans laquelle un sac de couchage, habilement plié en une forme de sexe féminin, est associé à la boule et au croissant de lune de l’œuvre surréaliste de Giacometti, Boule suspendue.

Enfin, la Chambre des Annettes fait références aux trois femmes portant le prénom Annette qui ont entouré l’artiste : sa mère, Annetta Stampa, son épouse, Annette Arm, et enfin Annette Messager, nouvellement immiscée dans le cercle familial. La parade de l’écureuil pour Annette, qui montre un écureuil naturalisé, hissé sur des coussins et emprisonné par un filet de mailles, faire le fier devant une sculpture en bronze de Giacometti représentant sa femme Annette, rappelle avec une ironie souriante le parallélisme entre la parade amoureuse et la parade de l’artiste.

Images copyright the artist / Fondation Giacometti Paris

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