BERLINDE DE BRUYCKERE, PHILIPPE VANDENBERG A LA MAISON ROUGE

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Berlinde de Bruyckere, Philippe Vandenberg : Il me faut tout oublier / La Maison rouge, Paris / 13 février-11 mai 2014 / Vernissage le 13 fév.rier 2014

Cette exposition réunit le travail de deux artistes belges de générations différentes : une sculpteur, Berlinde de Bruyckere (née en 1964 à Gand) et un peintre, Philippe Vandenberg (1952, Gand -2009, Bruxelles), quasiment jamais exposé en France.

Berlinde de Bruyckere a choisi d’assurer exceptionnellement le commissariat de l’exposition Il me faut tout oublier. Elle a sélectionné des tableaux et dessins de Philippe Vandenberg en écho à son propre travail, instaurant un dialogue intense entre les deux œuvres. Une sculpture imposante de cire et de chiffons, réalisée spécialement pour la Maison Rouge, fait suite à celle présentée au Pavillon Belge à la dernière Biennale de Venise.
En 2012, les œuvres de Berlinde de Bruyckere et Philippe Vandenberg ont déjà été présentées conjointement lors de l’exposition Innocence is precisely : never to avoid the worst au Musée De Pont, à Tilburg, Pays-Bas.

« Au cours d’une longue année, je me suis rendue à l’atelier de Philippe Vandenberg à intervalles réguliers. Il me fallait faire une sélection de ses dessins et placer les miens à côté d’eux. Le résultat ferait l’objet d’un livre.

Le temps et la distance qui séparaient le moment où je fermais ma porte et mon arrivée à l’atelier de Philippe m’aidaient à me préparer à la tâche. Une lente progression, à pied, en tram, en train, en taxi, entrecoupée d’attentes. Tout ce temps m’était nécessaire pour faire le vide en moi, m’ouvrir à ce que je recherchais.

Je me souviens de chacune des visites à l’atelier. Particulièrement de l’appréhension « d’avoir le droit d’observer », de « devoir observer » la totalité de l’atelier d’un autre artiste. Que penserais-je si, après ma mort, un autre artiste était autorisé à traîner dans mon atelier et à feuilleter mes livres? Etais-je vraiment la bonne personne pour ça? Ces questions me hantaient alors que je m’attelais au travail, passant en revue l’intégralité des 30 000 dessins, chronologiquement, la plupart d’entre eux rassemblés en carnets de croquis ou en épais dossiers. Au cours de ces visites, alors que je rencontrais l’un après l’autre les signes d’une âme sœur, tous mes doutes et mes questions s’effacèrent.

Le choix que j’ai fait est intuitif. L’enchaînement des séries fonctionne comme une « vaste » narration, au fil de laquelle il devient clair qu’il y a peu de différences dans les cruautés perpétrées par les hommes. Nos peurs les plus profondes et les plus anciennes, celles auxquelles guère personne n’ose penser, ou celles que nous rejetons simplement en frémissant, il les confie au papier.

Je m’y suis souvent retrouvée: Philippe Vandenberg est une âme sœur. Comme Gustave Flaubert, il refuse toute entre la tête et le cœur, entre le fond et la forme. Chez les personnes, tout est relié. En outre vient s’ajouter notre amour partagé pour les maîtres anciens. Qu’est-ce qui rend les figures antiques si belles? Leur originalité. Quel degré d’étude et d’effort est nécessaire pour s’en libérer, pour créer quelque chose qui soit entièrement vôtre?

Philippe Vandenberg nous a laissé une énorme quantité de dessins. Il en émane une force irrésistible; il n’avait d’autre choix que de dessiner (…) »

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Visuels copyright Berlinde de Bruyckere

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