BIENNALE DE LYON : LE MONDE TEL QU’IL EST

BIENNALE D’ART CONTEMPORAIN DE LYON – 18e édition – « Passer d’un rêve à l’autre » – Commissaire : Catherine Nichols – Les Grandes Locos & divers lieux, Lyon – 19/09 – 13/12/2026.
Quand la Biennale investit les Grandes Locos
Il est donc question de « passer d’un rêve à l’autre », une thématique venue à l’esprit de l’écrivaine et historienne australienne Catherine Nichols, commissaire de cette 18e édition de la Biennale d’art de Lyon.
C’est en traversant les traboules – ces passages entre deux immeubles du Vieux Lyon qui permettaient autrefois aux soyeux de rejoindre au plus vite les bords de la Saône pour y livrer leurs productions – qu’elle a trouvé son inspiration. Tout un symbole que l’on retrouve en filigrane dans les choix de la commissaire tout au long de cette exposition.
Si l’on peut découvrir de l’art contemporain dans onze lieux le Lyon (et au-delà !), notamment au Musée d’art contemporain (MAC) ou au Musée des tissus et des arts décoratifs, c’est tout de même aux Grandes Locos, où se sont installée les Biennales depuis 2024, que le geste est le plus significatif. On avait aimé les usines Fagor-Brandt qui avaient accueilli les éditions précédentes ; on n’est pas déçu par les Grandes Locos. D’une manière générale, ces lieux immenses permettent des installations géantes et spectaculaires, dont la dimension serait tout simplement improbable dans n’importe quel autre espace.
C’est d’ailleurs dès le parvis de ces anciennes usines de la SNCF, restées « dans leur jus », que le dépaysement commence. Deux œuvres, qui annoncent le ton de l’exposition, sont accessibles dès l’entrée. L’une d’elles est signée Tina Stefanou, artiste née à Melbourne où elle vit et travaille. Elle y présente Hym(e)nals au sein d’une tente grise dont le sol est recouvert de sable blanc. À l’intérieur est projeté un film en hommage aux chevaux, premiers alliés de l’homme dans le travail de la terre. Mis au rebut et marqués par des années de labeur, ces animaux deviennent ici les compagnons d’équitation de jeunes adolescents neurodivergents, qui se sont prêtés à des ateliers de chant sous un voile de soie. Ce film de 25 minutes, réalisé par l’artiste, se déploie avec une grande lenteur sur deux panneaux qui semblent se répondre.
De l’autre côté de la place se trouve Suna, l’œuvre vive et colorée de l’Australien Yuriyal Eric Bridgeman. Il s’agit d’une maison traditionnelle circulaire dont le noir est tranché par des motifs orange ainsi que des traits blancs et jaunes, le tout surmonté d’un toit rouge strié de jaune au sommet duquel culmine un mini-chapiteau vert clair. À l’intérieur, visible uniquement par la fenêtre, on découvre un sol en jonc de coco tressé noir et beige. Dans un premier cercle, tout autour du mât central, sont disposés des masques traditionnels semblables à des vases où sont plantées des fleurs, tandis qu’une autre série de masques fleuris se tient plus près de nous. Une musique tribale retentit : c’est le signe que le voyage peut commencer.
Bien sûr, dans un tel événement qui rassemble près de cinquante artistes aux Grandes Locos, certaines œuvres captivent plus que d’autres. C’est le cas de Hovering Caresse Amère de la Française Laure Prouvost. L’installation se compose d’un grand tissu gris tendu en arc de cercle, devant et derrière lequel pendent des lanières de tissu rappelant les rideaux antimouches du sud de l’Europe. Sous cette coque, on aperçoit des morceaux de bois, des canettes et des herbes séchées. La beauté de cette œuvre réside dans sa structure articulée : elle se soulève de façon régulière, permettant aux visiteurs de passer dessous pour la traverser et rejoindre le reste de l’exposition. Le cartel évoque une baleine, et il est vrai que le mouvement et l’envergure de la structure y font immédiatement penser.
Passé ce rideau, on entre de plain-pied dans la première partie de l’exposition. On y distingue, comme à l’entrée, de nombreuses petites cellules individuelles — des Algecos — qui font office d’espaces d’exposition pour les œuvres.
On croise d’abord, non sans intrigue, les statues de l’Ougandaise Leila Babirye. Cette artiste homosexuelle dénoncée a dû fuir son pays pour les États-Unis. Elle propose ici des totems modernes faits de pneus, de bois et d’argile, donnant vie à des êtres hybrides et singuliers. Plus loin, le visiteur est interpellé par le bruit de Flowers of Life, des mâchoires d’acier qui s’ouvrent et se ferment à la manière de plantes carnivores imaginées par Selma Selman.
Mais c’est la sculpture monumentale Tady mitady tadidy (que l’on peut traduire par « la corde à la recherche de sa mémoire ») du Malgache Joël Andrianomearisoa qui attire immédiatement l’œil. Cette accumulation de 44 kilomètres de cordes provenant des quatre coins du monde (Antananarivo, Buenos Aires, Cotonou, New Delhi, Paris) mêle fibres, textiles, acier et peintures. Suspendues aux structures de la verrière des Grandes Locos, ces cordes retombent jusqu’au sol pour donner une forme tangible aux émotions et aux souvenirs.
On ne manque pas non plus La montagne de feu, une installation de 260 m³ de schiste provenant des terrils des mines de Saint-Étienne, proposée par l’Espagnole Lara Almarcegui. Cet amas de gravats prend la forme d’une colline qu’un petit circuit permet de traverser pour mieux s’en imprégner.
Ce terril moderne dissimule à peine la subtile sculpture Rio de la Plata de l’Argentin Miguel Rothschild. Faite de plus d’un millier de fils de nylon, elle soutient une reproduction du fleuve qui sépare l’Argentine de l’Uruguay. Cette sorte de maquette rappelle les décors de trains miniatures de notre enfance. Le niveau de détail est assez stupéfiant à observer.
En poursuivant, on côtoie les œuvres de l’Anglais James Lewis, notamment Not just suffering, but all forms of consciousness — des tournesols géants recouverts de béton —, ainsi que Past is a foreign country. Vient ensuite l’œuvre Fryj de la Kosovare Anda Kryeziu : des tuyaux de plastique articulés, éclairés à leur extrémité, qui diffusent le souffle et la voix de l’artiste. On découvre également le travail du Yougoslave Igor Simić (Loophole level in golf club, wasteland) et de la Canadienne Carla Adra (Ça te colle à la peau (face A)).
De son côté, la Belge An Paenhuysen installe son Département de Filliousophie en hommage à Robert Filliou, où des canapés chinés permettent aux visiteurs de s’installer pour méditer sur ce qu’ils voient. On prend plaisir à traverser la version 5 du Poïpoïdrome à espace-temps réel, imaginé par Robert Filliou et Joachim Pfeufer pour la deuxième Biennale de Lyon en 1993. Réactivé ici, il regorge d’objets, dont de fameux tampons qui permettent de repartir avec un excellent souvenir de l’installation.
Le Français Ndayé Kouagou expose quant à lui sa maquette de voiture rouge sur roulettes face à son promoteur, un vendeur lui aussi juché sur des roulettes. Ces figurines grandeur nature intriguent, font sourire et conservent une esthétique très pop. Le Néo-Zélandais Rangi Kipa présente Ouou, une série de photos saisissantes d’objets rendant hommage aux baleines qu’il défend bec et ongles. La DJ kosovare Oda Haliti propose Ode to All, le bureau d’un label musical équipé de tout le matériel nécessaire pour produire un futur disque. Dans les différentes alvéoles des Grandes Locos, la Française Christelle Oyiri présente sa vidéo I See You, qui aborde la question des guetteurs dans le trafic de drogue, notamment à la cité des Fauvettes de Neuilly-sur-Marne. Plus loin, on croise l’installation stroboscopique Reverse Capture de l’Australien Nicholas Mangan, qui alterne des images saturées de rouge, de noir et de blanc.
Cependant, on reste véritablement sidéré par l’œuvre du Ghanéen Akwasi Bediako Afrane, Cerberus T-26 : dance of dialogue. L’artiste a accumulé dans un labyrinthe tout ce que la modernité produit de composants électroniques : cartes mères, écrans, manettes de jeu, baies de brassage et ordinateurs… Cet amas de la société moderne est entouré de vélos dont le pédalage permet d’activer l’énergie nécessaire pour mettre en marche, par exemple, un robot de cuisine. C’est un doux paradoxe, et le meilleur moyen de nous rappeler les profondes contradictions de ce monde tel qu’il est.
Derrière le rideau orange de la Néo-Zélandaise Sriwhana Spong, on peut contempler Placing Bets Beyond the Line of Fate. Inspirée du Naga, une créature mythique en forme de dragon ou de serpent issue de la tradition javanaise, cette œuvre de l’Indonésienne Candrani Yulis est sans nul doute l’une des pièces centrales de cette édition. Sur des supports en bois clair serpentant du sol au plafond, des tissus utilisés pour les hijabs sont suspendus en un magnifique dégradé de couleurs, allant du marron foncé au ras du sol jusqu’au beige très clair au sommet.
Une des attractions majeures de cette édition est sans nul doute La Montagne allégorique du collectif berlinois Raumlabor, qui a installé 120 tonnes de papier recyclé sous forme de ballots. La plupart d’entre eux sont disposés sur un lac rose bouillonnant qui rappelle la fabrication de la pâte à papier. Si certains ballots sont isolés dans l’espace, d’autres sont assemblés pour former un véritable igloo de matière dans lequel le visiteur peut s’introduire pour écouter des bruits, des sons et des voix. L’expérience est double : elle est à la fois magique, car un autre monde surgit sous nos yeux, et très impressionnante face à cette masse de production humaine et à la dimension de recyclage qu’elle induit.
Dans des allées parallèles à la nef centrale, on peut découvrir la reconstitution d’un salon de coiffure par la Camerounaise Rose Frigière. Celle-ci est mise en regard des photographies de la Néo-Zélandaise Fiona Clark, qui immortalise les vendeuses et les mannequins des galeries marchandes d’Auckland. Au bout de cette salle, il ne faut pas manquer la vidéo de la Nantaise Eva Barto. Elle y raconte les déboires qu’elle a subis lorsqu’elle a voulu monter un film satirique sur « Pinocchio endetté ». Le making-of de The Lure n’aurait d’ailleurs rien à envier à François Ruffin et à son célèbre documentaire Merci patron !.
De l’autre côté de cette entrée, on peut admirer les pièces textiles colorées rassemblées par l’artiste croate Hana Miletić. Ce même espace accueille le film Buurthuis 2 de la Suédoise Josefin Arnell, qui documente le projet d’un promoteur avide de transformer le quartier de Wittenburg à Amsterdam.
Un espace entier est par ailleurs consacré à la jeune création, notamment aux étudiants de l’École supérieure des beaux-arts (ENSBA) avec leurs installations réunies sous le titre Dans les heures creuses. Au cœur de la nef centrale, on remarque également Cycle labo jaune de Perrine Lacroix, qui anime par ailleurs la magnifique galerie associative La BF15, installée sur les rives de la Saône face au Vieux Lyon.
Mais le projet le plus drôle est réservé pour la fin avec Hummelmania Paradise: Extreme dreams depend on teams de la Néerlandaise Mette Sterre. L’artiste reconstitue un univers de bureau peuplé de mannequins affublés de perruques faites d’élastiques, leur offrant une chevelure d’une abondance surréaliste. Le visiteur circule entre de vrais bureaux, des meubles à rideaux de plastique roulants, des tables et des fontaines à eau. Le résultat est hilarant, d’autant que les mannequins sont tous installés dans des positions totalement improbables. Une très belle note de fin, même s’il ne faut pas rater pour autant les trois sculptures gonflables et colorées de l’Espagnole Laia Estruch. C’est ainsi que s’achève cette traversée d’un rêve qui fait bigrement penser à notre réalité, tout en nous plongeant face à nos propres contradictions.
Emmanuel Serafini
_________________
LYON CONTEMPORARY ART BIENNIAL – 18th edition – “From one dream to another” – Curator: Catherine Nichols – Les Grandes Locos & various venues, Lyon – 19/09 – 13/12/2026.
When the Biennale takes over the Grandes Locos
It is therefore a question of « moving from one dream to another », a theme that came to the mind of the Australian writer and historian Catherine Nichols, curator of this 18th edition of the Lyon Art Biennale.
It was while walking through the traboules – those passageways between buildings in Old Lyon that once allowed silk merchants to quickly reach the banks of the Saône to deliver their wares – that she found her inspiration. A powerful symbol that subtly underlies the curator’s choices throughout this exhibition.
While contemporary art can be discovered in eleven venues across Lyon (and beyond!), notably at the Museum of Contemporary Art (MAC) and the Museum of Textiles and Decorative Arts, it is at Les Grandes Locos, home to the Biennales since 2024, that the gesture is most significant. We loved the Fagor-Brandt factories that hosted previous editions; Les Grandes Locos does not disappoint. Generally speaking, these immense spaces allow for giant and spectacular installations, the scale of which would be simply impossible in any other location.
It is, in fact, right on the forecourt of these former SNCF (French National Railway Company) factories, preserved in their original state, that the sense of being transported to another world begins. Two works, setting the tone for the exhibition, are accessible from the entrance. One of them is by Tina Stefanou , an artist born in Melbourne where she lives and works. She presents Hym(e)nals inside a gray tent with a floor covered in white sand. Inside, a film is projected as a tribute to horses, humankind’s first allies in working the land. Discarded and marked by years of labor, these animals become the riding companions of neurodivergent teenagers, who participated in singing workshops under a silk veil. This 25-minute film, directed by the artist, unfolds slowly across two panels that seem to converse with each other.
On the other side of the square stands Suna , the vibrant and colorful work of Australian artist Yuriyal Eric Bridgeman . It is a traditional circular house whose black exterior is punctuated by orange patterns and white and yellow lines, all topped with a red roof streaked with yellow, at the summit of which rises a small, light green canopy. Inside, visible only through the window, is a floor of woven black and beige coconut reeds. In a first circle, surrounding the central pole, are arranged traditional masks resembling vases filled with flowers, while another series of flower-adorned masks stands closer to us. Tribal music resounds: it is the signal that the journey can begin.
Of course, in an event like this, bringing together nearly fifty artists at Les Grandes Locos, some works are more captivating than others. This is certainly the case with Hovering Caresse Amère by the French artist Laure Prouvost . The installation consists of a large gray fabric stretched in a semicircle, with strips of fabric hanging in front and behind, reminiscent of fly curtains from southern Europe. Beneath this shell, one can see pieces of wood, cans, and dried herbs. The beauty of this work lies in its articulated structure: it rises at regular intervals, allowing visitors to pass underneath it and reach the rest of the exhibition. The label evokes a whale, and indeed, the movement and scale of the structure immediately bring this to mind.
Beyond this curtain, one enters directly into the first part of the exhibition. There, as at the entrance, one can see numerous small individual cells — prefabricated units — which serve as exhibition spaces for the works.
First, one encounters, not without a touch of intrigue, the statues of Ugandan artist Leila Babirye . This homosexual artist, denounced for her sexual harassment, was forced to flee her country for the United States. Here, she presents modern totems made of tires, wood, and clay, giving life to hybrid and singular beings. Further on, the visitor is struck by the sound of Flowers of Life , steel jaws that open and close like carnivorous plants imagined by Selma Selman .
But it is the monumental sculpture Tady mitady tadidy (which can be translated as « the rope in search of its memory ») by Malagasy artist Joël Andrianomearisoa that immediately catches the eye. This accumulation of 44 kilometers of rope from all corners of the world (Antananarivo, Buenos Aires, Cotonou, New Delhi, Paris) blends fibers, textiles, steel, and paints. Suspended from the glass roof structures of Les Grandes Locos, these ropes cascade down to the ground, giving tangible form to emotions and memories.
Also not to be missed is La montagne de feu (The Mountain of Fire) , an installation made of 260 m³ of shale from the slag heaps of the Saint-Étienne mines, created by the Spanish artist Lara Almarcegui . This pile of rubble takes the form of a hill which a small circuit allows visitors to cross in order to better appreciate it.
This modern slag heap barely conceals the subtle sculpture Rio de la Plata by Argentinian artist Miguel Rothschild . Made of over a thousand nylon threads, it supports a reproduction of the river that separates Argentina from Uruguay. This kind of model is reminiscent of the miniature train sets of our childhood. The level of detail is quite astonishing.
Continuing on, we encounter works by the English artist James Lewis , notably *Not just suffering, but all forms of consciousness *—giant sunflowers covered in concrete—as well as * Past is a foreign country *. Next comes * Fryj* by the Kosovar artist Anda Kryeziu : articulated plastic pipes, illuminated at their ends, which diffuse the artist’s breath and voice. We also discover the work of the Yugoslavian artist Igor Simić ( *Loophole level in golf club, wasteland* ) and the Canadian artist Carla Adra (* Ça te colle à la peau (face A)* ).
Meanwhile, Belgian artist An Paenhuysen has installed her Department of Filliousophie as a tribute to Robert Filliou , where vintage sofas invite visitors to sit and reflect on what they see. Visitors also enjoy walking through version 5 of the Real-Time Space-Poipoiddrome , conceived by Robert Filliou and Joachim Pfeufer for the second Lyon Biennale in 1993. Reactivated here, it is brimming with objects, including the famous stamps that allow visitors to leave with a wonderful souvenir of the installation.
French artist Ndayé Kouagou displays his model of a red car on wheels opposite its promoter, a vendor also perched on wheels. These life-size figurines intrigue, elicit smiles, and maintain a distinctly pop aesthetic. New Zealander Rangi Kipa presents Ouou , a series of striking photographs of objects paying homage to the whales he fiercely defends. Kosovar DJ Oda Haliti offers Ode to All , a record label office equipped with all the necessary equipment to produce a future album. In the various alcoves of Les Grandes Locos, French artist Christelle Oyiri presents her video I See You , which addresses the issue of lookouts in drug trafficking, particularly in the Cité des Fauvettes housing project in Neuilly-sur-Marne. Further on, one encounters the stroboscopic installation Reverse Capture by Australian artist Nicholas Mangan , which alternates images saturated with red, black, and white.
However, one is truly astounded by the work of Ghanaian artist Akwasi Bediako Afrane , Cerberus T-26: Dance of Dialogue . The artist has amassed in a labyrinth all the electronic components that modernity produces: motherboards, screens, game controllers, patch panels, and computers… This collection of modern society is surrounded by bicycles whose pedaling activates the energy needed to power, for example, a food processor. It’s a subtle paradox, and the best way to remind us of the profound contradictions of the world as it is.
Behind the orange curtain by New Zealander Sriwhana Spong , one can contemplate Placing Bets Beyond the Line of Fate . Inspired by the Naga, a mythical creature in the form of a dragon or serpent from Javanese tradition, this work by Indonesian artist Candrani Yulis is undoubtedly one of the centerpieces of this edition. On light wood supports snaking from floor to ceiling, fabrics used for hijabs are suspended in a magnificent gradient of colors, ranging from dark brown at floor level to very light beige at the top.
One of the major attractions of this year’s exhibition is undoubtedly the allegorical Mountain by the Berlin-based collective Raumlabor , which has installed 120 tons of recycled paper in the form of bales. Most of these bales are arranged on a bubbling pink lake reminiscent of papermaking. While some bales stand alone in the space, others are assembled to form a veritable igloo of material, which visitors can enter to listen to noises, sounds, and voices. The experience is twofold: it is both magical, as another world emerges before our eyes, and deeply impressive in the face of this massive human production and the sheer scale of recycling it represents.
In aisles parallel to the central nave, you can discover a recreation of a hair salon by Cameroonian artist Rose Frigière . This is displayed alongside photographs by New Zealander Fiona Clark , who captures the shop assistants and mannequins of Auckland’s shopping malls. At the far end of this room, don’t miss the video by Eva Barto from Nantes . In it, she recounts the setbacks she experienced when she tried to make a satirical film about « Pinocchio in debt. » The making-of of The Lure is certainly on par with François Ruffin’s famous documentary, Merci patron !
On the other side of this entrance, one can admire the colorful textile pieces collected by the Croatian artist Hana Miletić . This same space also houses the film Buurthuis 2 by the Swedish filmmaker Josefin Arnell , which documents the project of a developer eager to transform the Wittenburg district in Amsterdam.
An entire space is also dedicated to emerging artists, particularly students from the École supérieure des beaux-arts (ENSBA) with their installations brought together under the title Dans les heures creuses (In Off-Peak Hours ). In the heart of the central nave, one also finds Cycle labo jaune (Yellow Lab Cycle) by Perrine Lacroix , who also runs the magnificent La BF15 gallery, a non-profit organization located on the banks of the Saône opposite Vieux Lyon (Old Lyon).
But the funniest project is saved for last with Hummelmania Paradise: Extreme dreams depend on teams by Dutch artist Mette Sterre . The artist recreates an office world populated by mannequins sporting wigs made of elastic bands, giving them surreal abundance of hair. Visitors wander among real desks, furniture with rolling plastic curtains, tables, and water fountains. The result is hilarious, especially since the mannequins are all posed in completely improbable positions. A very nice ending, though you shouldn’t miss the three colorful inflatable sculptures by Spanish artist Laia Estruch . And so ends this journey through a dream that is strikingly reminiscent of our reality, while simultaneously forcing us to confront our own contradictions.
Emmanuel Serafini
________________









Images: Above & 1bis – Installation view of Laure Prouvost, Hovering Caress Amère, at the 18th Biennale de Lyon, 2026 – Copyright the artist – Courtesy Lisson Gallery – Photo © Blandine Soulage – 2,3- Selma Selman. Installation view of Flowers of Life, 2024. Courtesy SCHIRN. Photo: Norberto Miguelitz – 4,5 & 5bis – Candrani Yulis Placing Bets Beyond the Line of Fate, installation views – Copyright the artist 2026 – photo La Biennale de Lyon – 6- Raumlabor, Montagne, allégorique, 2026. Papier, méthylcellulose, eau, air et bruits – Copyright the artist – Photo © Blandine Soulage / La Biennale de Lyon – 7 & 8 – Mette Sterre Hummelmania Paradise: Extreme dreams depend on teams – Copyright the artist 2026 – Photo © Blandine Soulage / La Biennale de Lyon
























