FABRICE HYBER AU M HKA, ANVERS

2014_01_1581

FABRICE HYBER, Formes des mots / M HKA, Anvers / 24 Avril – 26 Juillet 2015.

Le M HKA (Musée d’Art Contemporain d’Anvers) présentera Formes des mots de Fabrice Hyber du 24 Avril au 26 Juillet 2015. Cette exposition succèdera à l’exposition personnelle de l’artiste français, Mutations Acquises, présentée à la Galerie Nathalie Obadia à Bruxelles du 4 Février au 4 Avril 2015.

Au M HKA, Fabrice Hyber partagera l’affiche avec l’artiste belge Jan Fabre. Les deux expositions occuperont chacune une aile du rez-de-chaussée du musée. Une installation monumentale de l’artiste constructiviste allemande Charlotte Posenenske (1930-1985) sera exposée en contrepoint dans le hall principal du musée.

L’actuel directeur du M HKA, Bart De Baere, a construit une relation pérenne avec l’artiste français et suit fidèlement l’évolution de son travail depuis plus de 20 ans. Leur première collaboration remonte en effet à 1994. Bart De Baere, à l’époque commissaire d’exposition au S.M.A.K à Gand (Belgique), invita Fabrice Hyber à participer à l’exposition de groupe This is a show and the show in many thing.

Bart De Baere fut aussi l’un des principaux contributeurs de l’importante monographie de Fabrice Hyber publiée chez Flammarion en 2009. Il signait, à cette occasion, un texte de référence intitulé « Comme s’il s’agissait d’eux : le chorus du dessin ». En 2015, Bart De Baere confirme son lien particulier avec l’œuvre de Fabrice Hyber en lui consacrant une exposition personnelle au M HKA, et en l’invitant à participer à la 6ème Biennale de Moscou, dont il est le directeur, à partir de Septembre 2015.

Formes de mots, le titre de l’exposition choisi par l’artiste, incarne fidèlement la démarche picturale qui préside à la réalisation des tableaux exposés au M HKA. Leur matière première est le langage dont Fabrice Hyber cherche à décrire et à représenter les mutations possibles. Celles-ci lui sont nécessaires, rappelle-t-il, « pour avancer et conquérir de nouvelles formes ». Cette recherche plastique, conduite avec la rigueur scientifique habituelle à l’artiste, prend ici une dimension ludique toute particulière.

Fabrice Hyber jongle avec les mots comme avec les couleurs. Le langage plastique qu’il développe dans la série de peintures inédites exposées au M HKA allie jeux graphiques et jeux phoniques. À ce titre, le tableau Clés de mots est exemplaire. Les rouages d’un engrenage représentent chacun une syllabe à laquelle est attribuée une forme et une couleur spécifique. Le dispositif est prévu pour fabriquer des mots clés ou des clés de mots, selon le mouvement donné à la machine. L’artiste dévoile ici le schéma d’un nouveau POF – Prototype d’Objet Fonctionnel – dont le mécanisme repose sur le langage écrit et parlé.

Suite à de nombreux séjours en Asie, et plus récemment au Japon et en Corée du Sud, Fabrice Hyber convie, dans ses œuvres présentées dans l’exposition Formes de mots, deux morphologies lexicales différentes. Ainsi, la syntaxe occidentale, plus structurée et parfois plus « rigide », enchevêtre les syntaxes orientales et asiatiques, plus modelables et donc, dans un sens, plus ludiques. L’artiste s’amuse et mêle avec aisance aussi bien les structures des langues altaïques et sino-tibétaines, dont la souplesse permet d’inventer des mots quasi quotidiennement en jouant simplement avec les signes, que les structures plus normatives des langues indo-européennes (appelées autrefois « langues indo-germaniques »).

Du jeu de mots au jeu de tir, il n’y a qu’un pas chez Fabrice Hyber. L’artiste prévoit en effet de mettre en perspective le côté ludique de l’exposition – sa lucidité ? – en invitant le public à jouer directement avec son œuvre et les mots. Pour cela, il prépare une grande installation liée au thème de la fête foraine, qui laissera « exploser » aux yeux des spectateurs tout un florilège de phonèmes. En sémantique, le terme phonème signifie l’association de deux mots de sens distinct et qui se différencient dans leur forme sonore que par un seul son (exemples : brin et brun, pattes et pâtes, etc.).

À lui seul l’artiste français représente cette association: Hyber et Hybert, à coup sûr un phénomène symbolique. Rappelons qu’en 2005, l’artiste s’est baptisé Hyber sans « t », soit « Hyber Santé », comme une firme pharmaceutique : un « je » ou « jeu » de mots, symbole du laboratoire à idées qu’incarne joyeusement l’artiste. En 1987, celui-ci créait déjà des meubles qui parlent. Près de 30 ans plus tard, Fabrice Hyber construit des murs avec des mots, et des phrases avec des briques (Brik, 2014), toujours avec l’humour qui le caractérise.

2014_01_1741

visuels : Fabrice Hyber : Clés de mots, clés de key, exposition au M KHA, Anvers, 2015. Copyright the artist / M KHA, Anvers.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives