TRIBUNE : UN JUBILEE D’URGENCE POUR GLOBALISER ROME

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Rome, correspondance.
TRIBUNE : Un Jubilée d’urgence pour globaliser Rome par Raja El Fani

L’ouverture à Rome du Jubilée de la Miséricorde voulu par le Pape François a culminé hier soir (le 8 décembre) avec un spectacle de videomapping – dernière technologie en matière de projection 3D – venu de la Silicon Valley. La réalisation du spectacle « Fiat Lux » a été confiée à deux Américains Louie Psihoyos oscarisé pour un documentaire et Travis Threlkel fondateur de l’agence Obscura Digital basée à San Francisco. Projetés sur la Basilique de Saint-Pierre, des extraits de films de célèbres photographes et documentaristes (de Salgado à Yann Arthus-Bertrand) étaient sensés connecter le Jubilée à la COP21 à Paris.

Une succession monotone d’images et de sons de la Nature intercalés de longs moments d’obscurité étrangement fréquents, peut-être dues à des problèmes d’incompatibilité entre la technologie américaine et le réseau électrique romain, au point que sur Twitter les Italiens ont ironiquement comparé les images du show à des fonds d’écrans.

Résultat: un spot écologique sans grand impact émotionnel, de près comme de loin, et qui n’a arraché aucun applaudissement sur une Place Saint-Pierre sécurisée mais jamais vraiment comble. En faut-il beaucoup plus pour intéragir avec l’architecture de Michel-Ange, de Maderno et du Bernin qu’il n’en faut ailleurs?

Rome n’a pas eu le rayonnement international qu’une telle occasion devrait apporter, en espérant que ce Jubilée réserve quelque chose de plus en 2016.

La Place Saint-Pierre avec sa Coupole et ses arcades, très largement iconique comme le Colisée, attend encore d’être prise à parti dans la globalisation mais l’intérêt politique est apparemment encore insuffisant, les objectifs culturels nationaux sont encore tus et Rome est encore contrainte au low profile, privée de globalisation, privée de sa place dans l’imaginaire collectif contemporain, alors qu’elle ne manque pas de moyens culturels pour se mesurer aux autres capitales.

Il a suffi d’illuminer en bleu blanc rouge la Tour Eiffel pour redonner du lustre à l’image internationale de la France après les attentats, même si le choix du tricolore (dépassé et élémentaire) est plutôt un mauvais choix vus les amalgames et les enjeux électoraux.

Les monuments romains sont beaucoup plus anciens que la Tour Eiffel et enracinés dans une plus vaste identité, l’identité vaguement définie comme occidentale. Les couleurs du drapeau italien ne suffiraient pas à projeter la culture de Rome dans la globalisation.

Toute la culture occidentale ne peut se considérer actuelle tant que Rome n’aura pas de solution de continuité dans le monde d’aujourd’hui. Le problème, l’impasse culturelle surgie hier à Rome durant la première (mais inefficace) projection high-tech sur Saint-Pierre – en faisant abstraction du contexte religieux – concerne tout le monde.

C’est à Rome, là où il y a plus de 2000 ans est né le premier Empire occidental, que notre transition culturelle doit être complétée. C’est Rome qu’on doit réussir à faire passer à la modernité. Si Rome, son histoire et ses monuments resteront figés dans le passé, c’est le modèle culturel exporté de New York à Moscou qui déclinera.

Raja El Fani

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Images: http://ourcommonhome.world

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