SERGIO VEGA, « BORGES IN THE ALHAMBRA », KARSTEN GREVE PARIS


Sergio Vega : « Borges in the Alhambra » – Galerie Karsten Greve Paris -Du 4 novembre au 23 décembre 2017.

La Galerie Karsten Greve présente jusqu’au 23 décembre « Borges in the Alhambra », un projet original de Sergio Vega inspiré de l’oeuvre de l’écrivain Jorge Luis Borges.

En 1918, alors qu’il est encore enfant, Jorge Luis Borges (romancier, poète et homme de culture argentin) visite pour la première fois l’Alhambra de Grenade. Depuis cette visite, l’architecture de ce monument unique en son genre — fortement liée à la poésie et à la philosophie de l’Islam — ainsi que l’histoire de la présence musulmane dans la péninsule Ibérique, ont fait partie de l’imaginaire lyrique de l’écrivain. En 1976, lors de sa deuxième visite avec sa compagne María Kodama, Borges, désormais à l’apogée de sa carrière et de sa reconnaissance internationale, est aveugle. Il souffre d’une rétinite pigmentaire qui provoque un aveuglement qu’il définit comme « modeste » : si un œil ne voit rien, l’autre parvient à voir un monde voilé d’une pellicule jaune, une réalité dorée.

Il verra alors l’Alhambra à travers les yeux de sa compagne, à travers ses descriptions, mais surtout il la connaîtra grâce aux murmures des innombrables fontaines et par le pépiement des oiseaux cachés dans les citronniers des jardins. Dans la vision de Borges, l’Alhambra devient alors un espace de rêverie, où l’on peut se plonger dans l’histoire des dynasties mauresques, ou dans la cosmologie qui régit la composition architecturale de ce lieu fantastique. Cette façon particulière de regarder et de sentir, Borges a voulu la partager, l’offrir en cadeau à sa femme sous la forme d’un poème « L’Alhambra ». Dans ce poème son sentiment de gratitude de pouvoir ressentir à nouveau Grenade alterne avec la sensation d’une perte irréparable.

La recherche esthétique de Sergio Vega se propose de reconstruire la mémoire de ce deuxième voyage, en replaçant son regard dans l’espace architectural du site. Pour se faire, Vega recourt à une technique photographique originelle : le ferrotype. La plaque de métal est imbibée d’une solution photosensible qui, au contact de la lumière, fige l’image pour toujours. Le rendu presque aqueux de ces trente photographies sur plaque d’aluminium, crée des images fantasmagoriques d’un regard perdu dans les saisons de l’esprit. Les détails de l’architecture de l’Alhambra — organisée selon des principes mathématiques stricts — sortent de la lumière crépusculaire comme des épiphanies.

Sergio Vega se lance donc dans l’aventure extrême de montrer aux voyants une vision d’aveugle, à travers des médiums artistiques éminemment visuels. Mais c’est seulement grâce à la parole, aux écrits et aux discours que Borges nous a laissé que Vega a pu reconstruire son hypothèse de vision, une vision bercée par la voix de son amour et par les bruits propres à ces lieux magiques. « Borges in the Alhambra » demande alors au visiteur non seulement de regarder mais aussi d’écouter et, parfois, de fermer les yeux.

Visuels : Sergio Vega, El patio de los leone / El partal y su reflejo – Copyright the artist.

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