POLLOCK : MELQUIOT/ DESVEAUX AU THEATRE 71

« Pollock » / mise en scène Paul Desveaux / texte Fabrice Melquiot / du mercredi 9 au dimanche 13 mai au theatre 71, Malakoff.

Paul Desveaux, le metteur en scène de cette pièce passionnante, raconte que c’est lors d’un voyage à New York en 1997 qu’il découvre les tableaux de Jackson Pollock qui le fascinent très vite. Il se plonge alors dans l’étude de son art et de son esprit en s’intéressant d’une part à son processus artistique et d’autre part à sa biographie.

Le résultat dépasse la narration car Paul Desveaux ne se contente pas de raconter l’histoire d’un de plus grand artistes américains du XXe siècle. Il a compris l’essence de Jackson Pollock et avec cette pièce il nous dévoile son âme. Sous les notes de Vincent Artaud, avec qui Paul Desveaux collabore depuis 2010, le spectateur rentre dans l’atelier américain de l’artiste, véritable espace de vie et de création artistique, dans lequel se déroule toute l’action.

Mais la vie de Jackson Pollock est une histoire écrite à deux mains car l’artiste n’aurait pas pu être celui qu’il fut sans la constante présence de sa compagne Lee Krasner. Depuis le début Jackson Pollock/Serge Biavan partage son espace et sa vie avec elle, sa compagne Lee Krasner/ Claude Perron.

Peu à peu, l’un nous est de plus en plus familier grâce à la présence de l’autre sur scène, tandis que cette découverte vise à montrer l’homme et la femme cachés derrière l’artiste reconnu. Le spectateur est alors invité à partager les secrets et les réflexions des deux protagonistes qui lui adressent la parole. Le public devient ainsi partie intégrante de l’histoire.

Le touchant texte de Fabrice Melquiot donne voix à Lee Krasner, talentueuse peintre de la deuxième moitié du XXe siècle, comme en voulant réhabiliter sa figure. « Combien de vies j’ai sacrifiées ? » crie désespérée Lee Krasner sur scène. Nous savons que Jackson Pollock n’aurait pas été le même homme ni le même artiste sans elle, inversement qui aurait-t-elle été sans Jackson Pollock ?

La passion, celle amoureuse qui lie les deux protagonistes et celle propre à la création artistique, se manifeste tout au long de la pièce dans la poétique d’une danse. Ainsi le processus créatif devient une chorégraphie que Jackson Pollock danse à la fois seul et à la fois avec sa compagne Lee Krasner. Au travers de leurs pas et de leurs corps qui bougent à l’unisson nous comprenons la place que cette femme a eue dans l’art de Pollock. Il s’agit d’une danse métaphore de l’inspiration artistique, comme si elle l’avait accompagné dans la réalisation des ses toiles.

L’histoire prend forme et avec elle nous assistons à sa métamorphose en oeuvre d’art. Puisque l’espace de la scène se transforme en toile, Jackson Pollock la parcourt entièrement pots de peinture et pinceaux à la main. La peinture coule partout et l’artiste est absorbé par son inspiration créatrice : le spectateur fait un voyage dans le temps et assiste comme témoin à la création d’un génie.

Cristina Catalano

« Pollock » / mise en scène Paul Desveaux / texte Fabrice Melquiot / du mercredi 9 au dimanche 13 mai au theatre71, Malakoff.

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