« RESISTERE » : LA DANSE AUSSI FAIT DE LA RESISTANCE

INITIATIVE : « RESISTERE », un spectacle de l’ADAGE / mise en scène Juliette PLUMECOCQ-MECH / chorégraphie Gilles BARON / lumières Johann ASCENCI / a été donné les 31 mai et 1er juin derniers à Pessac (Gironde).

« Resistere » … c’est exister … et comment pourrait-on pleinement exister sans créer ? C’est à cette « application » du programme du Conseil National de la Résistance (rappelé si utilement à nos mémoires labiles par Stéphane Hessel) que se livre sur scène, pour un moment précieux d’intense plaisir partagé, le centre de formation ADAGE. Au travers de la chorégraphie où se fondent harmonieusement plusieurs arts articulés autour de la danse, du cirque, du théâtre et de la musique s’exprime l’essentiel, visible à nos yeux et sensible à nos cœurs : un message vibrant d’humanité en marche …

Cela commence comme une métaphore biologique (de mystérieuses bactéries contaminent des oiseaux ; et si tous n’en meurent pas, beaucoup en sont atteints…) pour se terminer dans le pli d’une « fable » invitant à ne pas rompre devant les forces démentielles d’un système construit autour de l’exploitation éhontée du faible. Entre temps, les scientifiques recouverts de leur combinaison étanche, auront brandi à bout de bras les portraits de ceux qui, à un titre ou un autre, auront été les figures tutélaires du combat contre l’oppression (quelle qu’en soit l’origine, politique, sociale ou masculine) et auront clamé à tue-tête leur nom, dans une cacophonie douloureuse comme pour mieux instiller en nous l’âpreté de la lutte sans merci que chacun et chacune a dû mener pour voir triompher les idées de justice et de liberté dont ils et elles étaient porteurs. Débarrassés de la gangue protectrice des combinaisons aseptisées, les acteurs et actrices (parité exemplaire …) vont affronter à mains nues tout ce qui fait résistance à cet essor vers l’affranchissement des corps et des âmes.

Ces corps qui travaillent, ces corps au travail, font récit. Ils nous racontent l’histoire, sans cesse à renouveler car jamais gagnée, du combat à mener contre ce qui « empêche ». Cette tension est continuellement palpable : à la limite de la rupture « musculaire », on sent la force du combat mené qui est d’autant plus rendue sensible que l’immobilité n’est en rien une garantie et que la rupture d’équilibre menace constamment ceux et celles qui font de leur vie autre chose que l’exécution d’une partition écrite par d’autres.

Puissance individuelle, grâce collective des mouvements, et extrême précision des interventions de chacun dans une chorégraphie orchestrée de manière millimétrée, nous donnent à voir une œuvre, où le doux et le ferme le disputent en force expressive, pour créer un spectacle d’une extrême densité. De plus, c’est très beau à voir et à « entendre », ce qui ajoute au plaisir des sens … Une belle réussite, porteuse de valeurs esthétiques et d’intelligence stimulante, et servie généreusement par des comédiens et comédiennes aux talents fort prometteurs.

Yves Kafka

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