UN TOUT, DONT JE FAIS PARTIE : A STRASBOURG, DOMINIQUE PETIGAND A L’AUBETTE 1928

Dominique Petitgand : « Un tout, dont je fais partie », exposition à L’Aubette 1928 jusqu’au 25 août 2012.

Dominique Petitgand nous raconte des histoires à l’Aubette 1928

À Strasbourg, il existe un lieu hybride, ni musée, ni centre d’art, ni galerie, c’est un espace patrimonial géré par les musées de Strasbourg : l’Aubette 1928. Cet espace a été décoré par Hans Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp et Theo Van Doesburg dans les années 1920 qui a été restauré entre 1985 et 2006. Là, s’y déroule une « expo » sonore, à voir ou plutôt à entendre.

Des mots résonnent quand on entre dans l’Aubette, Dominique Petitgand y expose « un tout, dont je fais partie ». Des mots, des phrases sont dites, femmes, hommes et enfants, un son entêtant aussi. Il faut se concentrer pour ne rien perdre des sons qui rebondissent sur les murs des salles de cet espace qui fut dédié aux loisirs : ciné, bal, bar. Ce qui est étrange, c’est que, pour atteindre l’Aubette, il faut passer au travers d’univers sonores bien distincts : la place Kleber et les bruits des passants puis le couloir pour entrer au centre commercial avec sa musique digne d’un dancefloor et enfin, une fois la porte de l’Aubette refermée, les mots dits d’un enfant qui nous raconte des histoires. Mais, peut-être qu’il nous confie plutôt son histoire, difficile de savoir…

En arrivant, une même voix d’enfant s’entend de deux haut-parleurs : l’un est en bas de l’escalier, le second se trouve sur palier intermédiaire. L’histoire se poursuit d’un haut-parleur à l’autre, ces deux mêmes voix se répondent étrangement. Il s’agit de l’œuvre ; « un tout, dont je fais partie » qui fait partie de la collection du musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg.

Le son circule entre les espaces et nous invite à aller à l’étape suivante, à quoi bon y résister ? En haut de l’escalier, toutes les portes sont fermées, il faut trouver la porte qui s’ouvre : celle qui mènera à l’espace suivant, au son d’après, à la suite de l’histoire ou à la prochaine peut-être aussi. Peut-être se suivent-elles, qui sait ?

Dominique Petitgand a imaginé un dispositif qui nous fait passer d’un espace à l’autre dans l’ordre qu’il souhaite et pas un second. Un peu comme un danseur qui guide sa partenaire, nous devons suivre ces voix qu’il a enregistrées, accepter de se laisser entraîner par elles. Ces récits ne sont pas écrits en amont, il y une certaine spontanéité dans ces enregistrements que l’artiste recompose ensuite. Il s’y trouve aussi beaucoup de silences. Entre deux phrases, deux idées, l’artiste insère des silences qui scénographient l’histoire, lui ajoutent du drame et du suspense. L’espace devient inquiétant, quand on écoute les diverses œuvres sonores de Dominique Petitgand, c’est quelque chose d’étrange et quelque peu angoissant qui transparaît.

Qui est ce petit garçon malade, est-il vraiment malade, que lui est-il arrivé, pourquoi part-il dans la salle des fêtes ? Et pourquoi est-il enfermé dans un ascenseur dans la pièce suivante, le foyer-bar ? Les sons que l’on entend depuis celui-ci et qui proviennent du ciné-dancing sont des bruitages qui font partie de l’œuvre « la porte n’est pas ouverte », ils ajoutent de la peur et de l’angoisse au récit que l’on entend, le dramatisent, les mots étant déjà porteurs d’angoisse de ce qu’il va se passer dans la suite de ce conte…

Inquiétante et étrange, cette exposition invite à découvrir cet espace de l’Aubette différemment. Des bruits, des voix et de la musique résonnent entre ces murs qui étaient dédiés à la fête.

Lola Juan

Dominique Petitgand – Un tout, dont je fais partie, exposition à L’Aubette 1928 jusqu’au 25 août 2012 /Place Kleber / Strasbourg / horaires d’ouverture : du mercredi au samedi de 14h à 18h.

visuels: 1: Vue de l’exposition Dominique Petitgand à l’Aubette 1928. Photo : Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola / 2: Dominique Petitgand, Extrait – Transcription / 3 : Vue de l’exposition Dominique Petitgand à l’Aubette 1928. Photos : copyright Musées de Strasbourg/Mathieu Bertola

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