EN PISTE ! LES ANNEES 80 A LA BIENNALE DE LYON

BIENNALE DE LA DANSE DE LYON / La Cie Astrakan présente « En Piste : Y avait tant d’insouciance dans leurs gestes émus » / Chorégraphie et interprétation : Daniel Larrieu, Pascal Houbin et Dominique Boivin.

Trois chorégraphes aux trente ans d’expérience de la scène ont décidé de se replonger dans leurs créations et dans leurs souvenirs pour proposer un tour chorégraphique en chanson de leur univers. Flashback sur ces enfants de la nouvelle danse française des années quatre-vingt.

Les chansons s’enchaînent, comme pour un concert et sur chaque chansons un, deux ou trois danseurs viennent nous montrer leur proposition. Dans des vêtements noirs, dans un espace circulaire presque vide, en toute simplicité. C’est drôle (Mirza), c’est tendre (Le P’tit bal), c’est rude (Les Loups) mais c’est surtout très nostalgique, à l’image de cette chanson de Barbara (Mon enfance). C’est un peu comme s’ils ouvraient la valise de leurs vies pour nous en montrer les souvenirs, les gris-gris rapportés, la photo des amis partis : les bagages sont là.

Alors oui bien sûr, ce spectacle est très ringard puisqu’il ne cesse de regarder dans le rétroviseur sans se poser trop de questions, surtout celle de l’utilité d’un tel regard en arrière. Et le spectateur, plongé dans ses souvenirs ou contemplant ce pan de l’histoire de la danse, peut rester un peu à côté, mais pas tant que ça. Car il a la danse, le geste, la précision des corps, la force de leurs mouvements, qui les habitent depuis trente ans.

Le geste est incontestablement lié aux paroles, mais aussi à la musique, et oscille entre illustration du signifié -souvent de façon très drôle- et interprétation du signifiant. Si un mot revient, d’une chanson à l’autre, d’un refrain à l’autre, le geste revient, comme une langue gestuelle qu’on s’approprie petit à petit. Le jeu de va-et-vient de la redondance gestuelle et sonore à l’exploration émotive nous donne à voir un spectacle qui se fait plaisir, mais sans complexes ni complaisance.

La tendresse de la pièce vient aussi des gestes invoqués : un mouvement du bout des doigts, comme des mots tenus précieusement et passés au public qui se les approprie. Un public plus vieux que pour les autres spectacles de la biennale, mais peut-être aussi parce que En piste se donne à Corbas, dans une banlieue bien plus tranquille que Lyon ?

Certes, l’idée était de plonger dans leurs souvenirs, et dans leurs souvenirs, il y a Ferré. Mais près du tiers du spectacle lui est consacré. Peut-être aurait-il mieux valu soit penser un peu plus la dramaturgie et choisir d’autres chansons, soit consacrer un spectacle total à Ferré, l’anarchiste vaut bien cela.

Bruno Paternot

http://vimeo.com/33083613

 

 

 

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