FESTIVAL D’AUTOMNE : YOUNG JEAN LEE ET SON « UNTITLED FEMINIST SHOW » ALLUMENT LE T2G

FESTIVAL D’AUTOMNE : UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee / Théâtre de Gennevilliers / a été donné du 3 au 7 octobre 2012.

UNTITLED FEMINIST SHOW commence par de profondes respirations, elles viennent des gradins, elles envahissent peu à peu le théâtre, le spectateur retourne sa tête et voit des femmes nues. L‘atmosphère est tendue, il y a dans leurs yeux une rage animale. Ce sont des femmes à l’allure déterminée, toutes animées par la volonté de délivrer un plateau où règne encore beaucoup d’idées reçues sur ce qu’est l’élément féminin aujourd’hui.

Young Jean Lee met en scène des corps nus, leur présence est d’autant plus forte que la sensualité en est absente. Ce geste tragique, se fait ressentir comme un unique recours, seul moyen pour entrevoir un peu de réel dans un monde virtualité, où les discours autant que les images substituent à la réalité un marchandage insidieux des fantasmes du spectateur au profit de la publicité.

La sexualité comme centre de gravité déplacé du coté de l’apparence, place l’observateur dans une position idéale, là il peut remettre en question chaque cliché incarné par ces actrices à la rage authentique. Avec cette suite de chorégraphies stylisées, édulcorées, accessoirisées par moment avec des ombrelles, le spectateur reconnait immédiatement les phénomènes propres à l’abondance actuelle des images de type érotico-pornographique qui fleurissent un peu partout. Ces images substituant les fantasmes de l’observateur au profit de tel ou tel produit. Young Jean Lee déroule avec ces figures un enchaînement de stéréotypes culturels et publicitaires de l’érotisation bon marché, de préférence sadomasochiste.

Cependant, après ce début qui annonçait quelque chose de puissant, les procédés s’épuisent vite et finissent par lasser le spectateur devenu peu à peu sceptique quant à la légitime prise de pouvoir féminine pourtant proclamée dès les premières respirations. Les propositions se suivent et se ressemblent et laissent au final un plateau assez triste, avec la présence de ces circonvolutions grossières et peu inspirantes.

Si Young Jean Lee pointe du doigt le désert fantasmatique dans lequel le spectateur est plongé quotidiennement, elle ne tente pas en revanche de relever la situation, tout au contraire elle la diminue encore plus en la diluant dans des formes édulcorées, témoins profonds d’une impuissance imaginative. La mise en scène présente les symptômes d’une résignation artistique face au génie mercantile des publicitaires qui parviennent avec des techniques de plus en plus sophistiquées à fantasmer à la place des spectateurs.

Quentin Margne

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