LE CHANT DU DINDON, POUR ACHEVER

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Le chant du Dindon / Cie Rasposo / Montpellier – région Montpellieraine / décembre 2012.

Mutualisation des moyens et des publics : en ce temps de disette et de rabotage des budgets culturels, le mot d’ordre est simple : ensemble on est plus fort. Pour accueillir la compagnie des Rasposo en Languedoc-Roussillon, se sont unis le C.D.N. des 13 vents, Montpellier Danse, la ville de Perols et l’Agglomération de Montpellier.

La troupe pose son chapiteau au beau milieu des arènes de Perols (ville de 800 habitants en bordure de Montpellier) pour sept représentations. Et c’est plein à craquer à chaque fois, la réputation de la compagnie attirant le chaland, le nombre de dates et la réunion des grandes institutions faisant le reste. Alors qu’il est souvent très difficile de réunir des organisateurs du spectacle vivant, majoritairement étriqués et gardant leurs pré-carrés ; pour une fois, beaucoup d’acteurs de la vie culturelle héraultaise ont réussi à s’entendre, au profit des artistes comme des spectateurs.

La porte des arènes s’ouvre et nous voici dans un chapiteau très chaleureux où toute la famille du cirque est là pour nous saluer. Plusieurs générations vont donc faire leurs numéros les uns après les autres, à l’ancienne. Ça sent la sciure et la sueur, le tout mené par un groupe de musiciens acrobates dont le contrebassiste Benoit Keller ne déméritera pas, malgré toutes les contraintes que ses camarades lui infligeront (jouer à l’envers, encastré entre les chaises…).

Les numéros, plus ou moins acrobatiques, plus ou moins drôles, s’enfilent comme des perles sans réelle dramaturgie, mais le public, venu pour passer un bon moment quoi qu’il arrive, s’en contentera. Certains spectateurs parqués sur les extrêmes bords râlent quand même un peu quand les numéros sont vraiment pensés en frontal : normal, ils ne voient pas. Mais un excellent clown qui respecte à la lettre toutes les règles traditionnelles de la clownerie, veille au grain et vient distraire les spectateurs. Car la famille circassienne est toujours là, de la grand-mère au chien en passant par les cousins, à inspecter d’un coin des coulisses ce qui se passe. La marmite continue de bouillir et le show must go on. Malheureusement, le show se résume souvent à quelques voltiges vites expédiées.

Tout circassien devrait sincèrement se poser la question : « pourquoi je fais des galipettes, hormis pour éblouir les gens ? » Car à trop être ébloui, comme un lapin fasciné par les phares d’une voiture, le public en oublie de réfléchir et endors sa conscience. Le chant du dindon aura donc bien endormi ce soir-là. On attend avec impatience la prochaine création mondiale des Rasposo -pour, entre autres, la scène nationale de Sète. En effet la nouvelle génération prendra les rennes du spectacle, à voir si elle osera se poser les questions que leurs ainés éludaient simplement.

Bruno Paternot

Photo J.N. Barak

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