55e BIENNALE DE VENISE : LE PAVILLON BELGE S’OFFRE BERLINDE DE BRUYCKERE

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55e BIENNALE DE VENISE : BERLINDE DE BRUYCHERE / Pavillon de Belgique / du 1er juin au 24 novembre 2013 / Venise / Venezia.

On adore Berlinde de BruycKere. Cela tombe bien, puisqu’elle vient d’être sélectionnée par la Belgique pour la représenter dans son pavillon à la prochaine Biennale de Venise…

Berlinde de Bruyckere (quel nom ! à lui seul tout un morceau de peinture et d’histoire de l’art flamand !) représentera donc son pays à la Biennale, comme vient de l’annoncer le ministre de la culture belge, qui a justifié son choix en célébrant le travail de De Bruyckere sur « la condition humaine ».

De Bruyckere prépare pour son pavillon une installation spécifique, qui cependant revisite une œuvre antérieure, qu’elle réactualisera pour la Biennale. Berlinde de Bruyckere s’est pour l’occasion adjoint la collaboration de l’écrivain J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature 2003. Cela fait déjà plusieurs années que De Bruyckere et Coetzee collaborent ensemble, et cette nouvelle expérience devrait fortement marquer le public de la 55e Biennale…

« Ses sculptures explorent la vie et la mort — la mort dans la vie, la vie dans la mort, la vie avant la vie, la mort avant la mort —, de la manière la plus intime et la plus inquiétante. Ils apportent un éclairage, mais l’éclairage est sombre comme elle est profonde » dit de son travail Cotzee, qui en connaît un bout en la matière…

De Bruyckere est née en 1964 à Gand, où elle vit et travaille encore. Ses parents bouchers et l’ambiance de viande morte ont nettement influé sur son travail, tout comme son éducation religieuse stricte l’aura marquée profondément. De Bruyckere travaille toujours dans sa ville natale, et l’atmosphère chargée de son atelier, un ancien couvent, doit certainement l’inspirer au plus haut point…

En effet, la Passion du Christ est centrale dans son oeuvre de souffrance et de chairs suppliciées : les Piètas, les Crucifixtions et autres joyeusetés jalonnent une oeuvre profonde, empreinte d’une interrogation quasi-mystique autour de la mort et la putréfaction des chairs…. Une thématique qui semble intemporelle, en tout cas extrêmement classique pour ne pas dire convenue, si ce n’était un rapport à l’oeuvre tout à fait singulier et très contemporain.

Dire que son travail est morbide serait d’ailleurs un contresens. Certes, De Bruyckere n’est pas la drôlesse que l’on invite à toutes les teufs de Gand ou de Flandres… Elle est flamande, que diable ! et à ce titre toute confite d’histoire, d’art et de religion. Pour autant, l’artiste est à sa manière une taxinomiste vivifiante et vibrionnante, une vivante plutôt branchée sur son temps. C’est également une grande collectionneuse de curiosités dignes d’un cabinet du même nom, comme ces photos et gravures de chevaux morts, pris dans les villes flamandes ravagées au cours de la Grande Guerre, qu’elle sait parfaitement réutiliser dans son oeuvre de cire figée…

De Bruyckere aime beaucoup la cire, celle du musée Grévin et des salles d’anatomie : elle y adjoint pigments et objets, cheveux, poils et fragments de peaux animales… L’hyperéalisme de sa manière et la beauté formelle de ses sculptures confèrent à son oeuvre une aura toute particulière, parfaitement identifiable dans le paysage artistique contemporain.

De Bruyckere, à l’instar de son compatriote Jan Fabre et de son glorieux ancêtre Rembrandt, est une artiste typiquement flamande, habitée en permanence par l’imminence de la mort et la subtile réalité de la décomposition et de la pourriture, incontournable et imparable. Une réflexion réjouissante, somme toute, à l’heure où tout ceci est purement évacué, définitivement noyé dans les canaux du monstre numérique planétaire, qui dévore tout, sans complexe ni vergogne ni repentir, comme chacun le sait.

Marc Roudier

Berlinde De Bruyckere (1964, Gand, Flandres) vit et travaille à Gand. En 2000, son travail avec cinq chevaux morts, » In Flanders Fields », un commentaire sur la Première Guerre mondiale, a été exposé au musée d’Ypres. En 2003, elle explose à la Biennale de Venise, dans le Pavillon italien. Depuis, nombreuses expositions individuelles dont : Hauser & Wirth, Zurich (2004) ; La Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert, Paris (2005) ; De Pont Fondation pour l’art contemporain, Tilburg (2005). En 2006, 4e Biennale de Berlin pour l’art contemporain et un group-show à la Kunsthalle de Düsseldorf.  Expositions personnelles récentes : «Le Mystère du Corps: Berlinde De Bruyckere en dialogue avec Lucas Cranach et Pier Paolo Pasonli», Kunstmuseum de Berne, «Berlinde De Bruyckere, Hauser & Wirth Zurich (2010), «Into One-Pour un autre PPP , Hauser & Wirth New York.n ART Foundation for Contemporary Art de Montréal (2011), De Pont Museum of Contemporary Art de Tilburg au Pays-Bas (2012),  Australian Centre for Contemporary Art,  Melbourne (2012),

Berlinde de Bruyckere est représentée par Hauser & Wirth

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Berlinde de Bruyckere : Toutes oeuvres copyright Berlinde de Bruyckere 2009, 2010, 2011, 1012 / Galerie Hauser & Wirth.

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