CHRISTIAN RIZZO : DE QUOI TENIR JUSQU’A L’OMBRE

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DE QUOI TENIR JUSQU’A L’OMBRE : Chorégraphie de CHRISTIAN RIZZO avec cinq comédiens de la compagnie de l’Oiseau-Mouche / Du 19 au 30 mars 2013 à la Villette.

« Partis sur le chemin d’une voix en hors champ, il y a ce que l’on voit, il y a ce que l’on perçoit, il y a ce que l’on ne voit pas. Quelques pistes pour un lent fondu au noir. Quelques sensations, de quoi tenir jusqu’à l’ombre. » Christian Rizzo

La compagnie Oiseau Mouche, avec Christian Rizzo, livre une chorégraphie accessible aux spectateurs non-voyants grâce à une audiodescription minutieuse réalisée par Valérie Castan.

La scène, obscure et enfumée, est occupée par cinq danseurs, cinq petits cônes en plastique blanc, et un drap blanc. Leurs mouvements sont lents, flegmatiques, proches de l’oscillation de plantes que le vent agite. Ils s’approchent l’un de l’autre, se tâtonnent, se cherchent, découvrent leur corps.

A ce spectacle presque sous-marin se juxtapose le son d’une interview donnée par Claudia Cardinale à Alberto Moravia en 1961. L’écrivain y interroge la comédienne sur son corps, « en tant qu’objet dans l’espace ». Le dialogue tend vers l’universel ; il y est question du sommeil, du temps, du rêve du bébé qui tombe et de la mort.

Mais tout cela n’est qu’introduction d’une heure, après laquelle, nous il nous est donné d’assister à un rencontre inhabituelle entre des corps inconnus, chacun ayant, en face de lui, « l’autre ». Cette expérience contemplative ne manque ni de beauté ni de temps pour douter du propos de l’ensemble. Christian Rizzo a cherché de rendre regardable ce que normalement nous considérons négligeable, indétectable et microscopique : les premiers échanges de regard, la réduction -au ralenti- des distances, les premiers contacts physiques… Une recherche a priori intéressante qui aboutit à un regard surréel dont on se demande s’il n’effleure pas la pédanterie, ce qui n’est pas sans diminuer la force de la pièce. La fin, qui rappellerait un tableau de Goya ou une cérémonie funèbre, est tout de même réussie.

Camilla Pizzichillo

Photo Frédéric Lovino.

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