FESTIVAL D’AVIGNON 2013 : UN ENTRETIEN AVEC VINCENT BAUDRILLER

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67e FESTIVAL D’AVIGNON : UN ENTRETIEN AVEC VINCENT BAUDRILLER

Alors que le 67e Festival d’Avignon ouvre ce 5 juillet, nous publions cet entretien avec Vincent Baudriller, co-directeur du Festival avec Hortense Archambault, dont c’est la dernière programmation cettte année, après 10 ans à la tête de la manifestation. Cet entretien figure parmi une série réalisée avec les artistes de cette 67e édition, dans le cahier spécial Festival du semestriel papier d’Inferno : INFERNO six-monthly, qui paraît ce 5 juillet également.  

 

L’AVENTURE D’AVIGNON

Inferno  : Le Festival d’Avignon s’inscrit depuis toujours dans une relation forte au territoire, aux lieux qu’il investit… Particulièrement depuis ces dix dernières années…

Vincent Baudriller : La question du territoire est vraiment importante, elle est très liée à ce qu’est l’art du théâtre, un art qui compose avec les éléments qui sont autour de lui, humains, architecturaux, qui sont en rapport à l’espace, à un territoire. Quand on voit les spectacles de Christophe Marthaler, comme Papperlapapp qu’on avait présenté dans la Cour d’honneur, on voit bien leurs liens à l’histoire d’un lieu.

On avait écrit avec Hortense Archambault un projet pour le Festival d’Avignon, et c’est notre projet qui a été choisi. Dans ce projet, il y avait deux choses importantes : l’artiste associé et l’installation permanente à Avignon. C’est à Avignon que les discussions, les échanges avec les artistes se développaient désormais. L’architecture des lieux, comme la Cour, les cloîtres, la Carrière sont inspirants tout comme  le soleil, la lumière, la couleur des pierres, le patrimoine de la ville.

Il s’agit en effet d’une spécificité exceptionnelle, cette ville, ces lieux…

VB : Une autre chose qui changeait dans notre rapport aux artistes, c’était le temps. A Paris, un rendez-vous, ça dure une heure, ou une heure et demi… Ici, quand l’artiste arrive -une fois que le projet est un petit peu enclenché, parce que je rencontre bien sûr des artistes un peu partout, à Paris et ailleurs-  après avoir traversé la région, la France ou l’Europe pour venir ici, on va prendre le temps d’échanger et la relation personnelle qu’on a eu avec eux, et qu’ils ont avec l’équipe du Festival, va enrichir les uns et les autres. L’équipe est composée de 25 personnes permanentes, c’est une petite équipe, à taille humaine, très motivée et impliquée dans le projet artistique .

Souvent, j’ai vu les projets se transformer. Un des premiers exemples, notre première année, fut avec Jan Lauwers…. Je me souviens que quand il est arrivé ici, il avait un projet qui était très défini dans sa tête, c’était pour une boîte blanche au gymnase Aubanel… Et puis, on a pris le temps de se ballader, il est entré au Cloître des Carmes, où il n’était jamais entré, ils étaient à plusieurs et ils ont eu un coup de foudre…

Inferno : Les Carmes, c’est un espace magique…

VB : Il n’avait pas encore commencé à écrire, et du coup, il a écrit aussi en pensant au Cloître des Carmes, il a fait un spectacle qui était plus ouvert que les précédents… et ça a été un miracle : dix ans après, il joue encore La Chambre d’Isabella, ils ont fait deux fois le tour du monde ! Je pense que le Cloître des Carmes et ce temps partagé ont été des acteurs importants du processus de création.

Inferno : Il est vrai qu’avec Angélica Liddell, par exemple, dans le Cloître des Carmes en 2010 avec La Casa de la fuerza, cette magie du lieu fonctionnait parfaitement… Mais avec le Cloître des Célestins, c’est la même chose…

VB : Angélica, c’était différent, le spectacle existait. J’avais vu le spectacle, à Madrid, et pendant la représentation, j’ai rêvé des Carmes. La programmation était déjà assez avancée, et j’ai changé tout le puzzle, parce que je voulais que ça soit là. Comme pour Un peu de tendresse bordel de merde ! de Dave St-Pierre, un artiste canadien. Là, j’avais vu le Cloître des Célestins. Ici les lieux ont une importance évidente, ils font partie de la dramaturgie.

Inferno : Il est vrai qu’il y a aussi des lieux du Festival, comme par exemple Mistral ou Aubanel, qui sont des boîtes froides, désincarnées…

VB : Quoique, ils amènent aussi quelque chose. C’est vrai qu’on a un panel de lieux très différents, et le travail de programmation, d’adéquation des projets au lieu est essentiel, car il y a près de deux tiers de créations ;  le rapprochement du Festival avec Avignon, son territoire et ses habitants, fut une évolution nécessaire et La FabricA en est l’aboutissement indispensable.

Inferno : Cela permet d’établir une permanence du lien entre la ville et le Festival…

VB : Ce qui va changer fondamentalement, c’est que certains projets vont pouvoir répéter ici. Pour l’instant c’était assez virtuel : en ce moment, par exemple, des spectacles se répètent à Vienne en Autriche, à Marne-La-Vallée, à Brazzaville, un peu partout dans le monde. Désormais, le Festival profitera de sa matière première, des artistes en création, toute l’année, et à partir de là, le travail d’ouverture au public pourra prendre des formes nouvelles.

Je vois aussi les relations qui vont pouvoir exister toute l’année entre le Festival et le Conservatoire, ou l’Université,  l’ISTS,  la Maison Jean Vilar, la Chartreuse…

Inferno : Et les quartiers, donc, aussi…

VB : Et même les quartiers, évidemment, ça va donc, ça devrait, ajouter des cordes à l’arc du Festival.

Inferno : Il est vrai aussi qu’il y a parfois une fracture dans la tête des Avignonnais avec le Festival, qui serait vécu comme quelque chose d’un peu inaccessible… Ils parlent du Festival en tant qu’événement,  mais en fait,  ils n’y ont jamais mis les pieds…

VB : ça a beaucoup changé. Depuis quelques années… Les rencontres qu’on fait tous les mois, plus ou moins à guichets fermés, sont un bon exemple de ce nouveau rapport. Ce sont des Avignonnais qui y viennent, pour la plupart.  Suite aux actions qu’on a menées, notamment l’année où on a inventé beaucoup de dispositifs nouveaux avec le public, l’année où Frédéric Fisbach était l’artiste associé, un groupe de spectateurs s’est constitué, qui s’appelle le groupe Miroir : des Avignonnais qui se réunissent, qui écrivent leurs ressentis, qui nous remettent un livre de 200 pages, qu’ils publient tous les ans.  Après, le théâtre et l’art contemporain ne concernent qu’un petit pourcentage de la population, à Avignon comme ailleurs, alors bien sûr, à Avignon comme ailleurs, il y a des gens qui sont distants.

Inferno : Cela dit, quand on est un festival à l’aura internationale, le point de vue sur les publics est différent…

VB : Quand on est un théâtre ouvert au plus grand nombre, on tient à ce que le spectre qui se retrouve dans la salle, l’origine des spectateurs, culturelle, géographique, etc, soit le plus large possible, et ça, c’était un défi, une utopie, pour Vilar. Cela reste une bataille qu’il faut mener, mais le spectre social des spectateurs est plus large aujourd’hui…

Inferno : Qu’il y a 45 ans ?

VB : Qu’à l’époque de Vilar. Dans les 10 dernières années, le nombre d’ouvriers et employés a augmenté en terme de pourcentage de spectateurs, alors qu’il a baissé dans la population. Ce sont les résultats d’une enquête menée par l’Université d’Avignon.

Inferno : La deuxième spécificité du travail que vous avez mené pendant les dix dernières années, c’était ce concept de l’artiste ou des artistes associés…  Pour notre part, c’est cet aspect qui nous inquiète un peu pour l’avenir, est-ce que cela va perdurer ? En tout cas il s’agit d’une interrogation, comme le fait qu’on ait nommé à la direction un artiste, ce qui peut être gênant… En même temps, Vilar était aussi un artiste…

VB : Oui, Vilar était un artiste, il a dirigé au début, de 1947 à 1963, comme un artiste le Festival, avec uniquement sa propre troupe qui jouait chaque été  plusieurs spectacles. Puis d’une certaine manière, ensuite, il est devenu directeur artistique. Et puis un jour, il arrête et de lui-même, il casse le Festival, pour reprendre son expression, et invente un nouveau Festival dont il devient directeur artistique, qui mettra 2 à 3 ans à apparaître, qui apparaît véritablement en 1966 et en 1967 ; il invente le Festival d’aujourd’hui, basé sur ces deux piliers d’origine : la création et l’ouverture au plus grand nombre, en comprenant l’évolution du monde et de la société, et celle des arts, du théâtre, de la danse…

En 67, il y a Planchon, Lavelli, et Bourseiller, des jeunes metteurs en scène, … et il invite Béjart, qui invente la danse contemporaine, et  Godard avec La Chinoise, qui annonce 68… Nous, nous sommes inscrits vraiment à cet endroit là et ce qui est intéressant, c’est que quand Vilar invente cette forme-là, il n’est plus ni acteur, ni metteur en scène.

Inferno : Il est programmateur…

VB :  Avec une capacité de regarder, d’accompagner, de produire les autres. La taille du Festival, aujourd’hui,  avec sa complexité, sa concentration d’événements dans le temps, fait que ce n’est pas comme la saison dans un théâtre. Notre solution, avec Hortense Archambault, est d’être à deux, disponibles à 200%… accompagnés par une équipe très compétente. Cette double direction fut une nouveauté et traduisait une vision politique, voire philosophique, celle que l’on avait pour le Festival. On a voulu faire du Festival un endroit de questionnements, pas un endroit de certitudes…

Lors de la  bataille de 2005, nous nous sommes affrontés à une partie du milieu intellectuel et artistique qui eux, disaient qu’ils savaient ce qu’était l’art, et le théâtre. Nous, nous avons préféré questionner le théâtre,  le spectateur, les enjeux de la représentation théâtrale. Et dans notre projet c’était très clair : tous les ans, avec Hortense, c’est nous qui regardions le théâtre et faisions la programmation, mais en changeant de perspective, en dialoguant avec Thomas Ostermeier, l’année suivante avec Joseph Nadj, Romeo Castellucci Wajdi Mouawad… Il s’agit donc d’être dans le questionnement permanent, ça commence par le fait de diriger à deux, donc d’être toujours dans le dialogue.

Inferno : Et dans l’ouverture aux artistes, du coup.

VB : Oui, l’artiste associé a augmenté cette expérience du dialogue. On dialogue avec lui, pendant près de deux ans, on sort totalement du cadre habituel d’un artiste qui vient proposer un projet à un programmateur. Cette question, elle n’intervient qu’au bout d’un an au moins. Au début, on discute de sa vision du théâtre, des enjeux politiques, du processus de travail, c’est quoi un spectateur, c’est quoi un acteur ? Et à un moment donné, dans cette discussion arrive la question de l’artiste invité : Que va-t-il présenter ? Quand on est passé à deux artistes associés, le dialogue devenait encore plus enrichissant, parce que l’artiste était obligé d’écouter un autre univers artistique. Pour combiner deux associés, Il y a un travail d’intuition, puisqu’à chaque fois on a choisi des artistes qui ne se connaissaient pas ou qui sont d’univers artistiques assez différents, comme la rencontre entre Romeo Castellucci et Valérie Dréville, par exemple ; ils vont d’ailleurs faire quelque chose ensemble cet été… Ou encore entre Olivier Cadiot et Christophe Marthaler : ils sont devenus très complices !

Tout cela fonctionne très bien, ça a même dépassé nos espérances. Cette année, encore, avec Dieudonné Niangouna et Stanislas Nordey…

Inferno : Pour en revenir à l’interrogation sur le champ du spectateur, sur sa position de regardeur passif d’une oeuvre, il me semble que ce que va produire Jérôme Bel dans la Cour d’honneur est important, que ce type de réflexion est totalement dans l’esprit de ce qu’est le Festival d’Avignon…

VB : Je crois que l’originalité du Festival, ce qui fait que le Festival est différent des autres grands événements artistiques et culturels, c’est qu’il réunit d’un côté la création, tous ses enjeux, avec tout ce qu’implique le mot “création”, de découverte, de curiosité artistique, et un large public, et c’est les deux ensemble qui sont très rares. Il y a des festivals pointus,  il y a des endroits qui touchent un large public, où il y a plus de 100 000 entrées, mais les deux conjugués, c’est plutôt exceptionnel….

Arriver à défendre la création contemporaine la plus audacieuse possible et toucher un large public, ça c’était l’idée de Vilar au début… Il venait ici pour tenter quelque chose de nouveau.

Inferno : Une idée du théâtre populaire au sens noble du terme…

VB : C’était l’invention d’une nouvelle façon de faire du théâtre, en 47 comme en 67… Si nous prenons le A comme symbole du Festival, c’est que c’était l’affiche de 67…

Avignon est vraiment un laboratoire : tenter des choses avec les spectateurs, pour cultiver leur curiosité, le goût de la découverte, du débat, du regard critique. L’artiste associé, c’était 1), une façon d’aller plus loin dans la relation qu’on peut avoir avec un artiste, et 2), se dire on va pouvoir, comme c’est un festival, s’ancrer dans l’espace et dans le temps, parce qu’on a des spectateurs qui ont une disponibilité qu’ils n’ont pas le reste de l’année. Un spectateur qui vient au Festival, après avoir traversé la France ou l’Europe, il est disponible 24h sur 24 dans son rapport à l’art.

Le reste de l’année, ce même spectateur, il va aller au théâtre tous les 15 jours ou une fois par mois, si c’est un vrai passionné. C’est déjà énorme, une fois par mois au théâtre… Ici, pendant les 24, 48h, ou les 4 ou 5 jours où il est là, il ne fait que ça : il va voir des spectacles et il en parle…

A Avignon, le partage de l’expérience du spectateur est presqu’aussi important que l’expérience de spectateur. Nous, ce qu’on essaie de faire, c’est premièrement de créer des expériences les plus fortes possibles, et deuxièmement créer les conditions pour que le partage de l’expérience soit le plus fort possible. L’artiste associé, c’est aussi fait pour cela. C’est qu’on va pouvoir déployer l’oeuvre d’un artiste dans la diversité de son travail, et faire découvrir les facettes différentes d’un artiste.

Cette année, les deux artistes associés sont metteur en scène et acteur, les deux ont cette double expérience, donc il y a des spectacles qu’ils mettent en scène, dans lesquels ils jouent, (on retrouve là la double expérience vilarienne de l’acteur-metteur en scène), et dans la deuxième partie du festival, ils sont tous les deux acteurs, au service d’un autre. Deux facettes, deux approches très différentes de l’art.  Par exemple avec Jan Fabre, la première fois que Jan avait décidé de remettre tout ensemble, c’était au début des années 80. Jan a toujours séparé art plastique et art vivant, c’était la première fois qu’on remettait ensemble l’auteur, le plasticien, le metteur en scène. Et pour moi, c’est le point de départ des discussions avec un artiste associé, on ouvre un territoire artistique et après nous mettons en résonnance les oeuvres les unes avec les autres, les artistes les uns avec les autres, en se disant que si tel artiste est là, c’est intéressant que tel autre soit là, sur le plan esthétique ou politique, c’est intéressant que ça se confronte, ou que ça s’oppose …

Je pense qu’on a été plus vite compris par des observateurs de l’art plastique, parce qu’eux voyaient un peu cela comme un travail de commissaire, plutôt que par les gens de théâtre…  L’idée de faire résonner les oeuvres les unes avec les autres… Quand un spectateur va aller se coucher après avoir vu deux ou trois spectacles, dans son corps, ces expériences vont se parler ; c’est intéressant de jouer avec ça.

Inferno : C’est exactement ce qui fait ce côté absolument unique du Festival d’Avignon, cette façon de faire dialoguer les oeuvres et de ne pas être simplement un patchwork, comme dans beaucoup de festivals, un catalogue d’oeuvres qui se télescopent sans aucun sens. Et bien sûr le fait qu’il y ait beaucoup de créations….

VB : L’avant-programme papier, s’il est présenté en constellation, c’est justement pour cette raison-là. Pour créer une circulation. Les gens ont l’impression de se perdre mais pour moi il y a des liens, en rapprochant un travail sur Lear et un travail sur Faust, cela peut produire quelque chose… Comme avec les Particules Elémentaires de Houellebecq et le Kabaret de Warlikowski.

Inferno : Pour en revenir à cette année en particulier, Il y a quand même quelque chose qui se dégage, c’est cet engagement assez fort, politique pour le coup, à la fois des artistes, et de l’ensemble du programme et des sujets dont il traite.

VB : Nous n’avons pas fait de programme « Africains », mais nous avons invité une nouvelle génération d’artistes qui a vécu dans des villes, dans des pays différents, et ils ont des choses à dire et des façons de le dire différentes de la génération précédente. Et nous, on voulait témoigner de cela, du fait qu’en ce moment, il y a des choses qui se passent sur ce continent-là, qui peuvent paraître être dans l’avant-garde. On  voulait casser un peu les a priori, c’est la dimension artistique et politique qu’il y a dans le fait même de choisir un artiste associé.

Inferno : Pour évoquer le programme lui-même, il y a cette idée des “one shots”, par exemple Romeo Castellucci qui va faire quelque chose avec Valérie Dréville… Toujours ce dialogue, ces affinités artistiques…

VB : Nous, on ne l’a pas pensé comme un dernier Festival. Ce n’est pas un festival qui regarde derrière, c’est un festival qui regarde devant : on ouvre la FabricA, on ouvre à une nouvelle génération d’artistes, on ouvre à l’Afrique contemporaine, donc c’est vraiment un festival qui regarde vers demain. La question de la jeunesse est très importante, on a des programmes où des jeunes artistes du monde entier viennent pour regarder, pour se former, et là, on a demandé aux 13 artistes associés de choisir un jeune, ce qui fait un groupe d’artistes assez étonnant…

Néanmoins, on voulait quand même dire que si le Festival a bougé en 10 ans, ce n’est pas seulement grâce à Hortense et à moi, pas uniquement grâce à l’équipe du Festival, c’est aussi dû à l’engagement des artistes dans l’aventure du Festival d’Avignon… Et donc, on a proposé ceci aux artistes associés depuis 10 ans, et à pas mal d’artistes qui nous ont accompagnés, qui souhaitaient être là…

Inferno : Pas de regrets sur certains artistes que vous n’auriez pas pu accueillir ?

 VB : Quand on arrête une programmation, bien sûr, il y a toujours quelques regrets. Cette année, Vincent Macaigne devait monter un gros projet, qui a avorté. Pour Au moins j’aurai laissé un beau cadavre, c’est nous qui avions assumé la production déléguée, et là, pour ce nouveau projet de Vincent, on n’a pas trouvé de producteur délégué, aucun centre dramatique en France n’a voulu assumer la production déléguée.

Inferno : Parce que c’était trop lourd financièrement ?

 VB : Non, on en revient à un débat sur le théâtre français ; il y a des artistes un peu décalés, un peu libres, et c’est important de pouvoir les accompagner pour qu’ils puissent monter leur production… Au final, on y est arrivés mais trop tard, on a trouvé des producteurs indépendants courageux, mais trop tard. Ça c’est un regret, mais qui témoigne d’une problématique du paysage culturel français…

Propos recueillis par Marc Roudier,
avec Eleonora Romeo, le 7 mai 2013 à Avignon.

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Visuels : 1 Vincent Baudriller – 2  La salle de répétions de la FabricA, photos Ilka Kramer / Festival d’Avignon.

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