ISTANBUL : A TAKSIM, QUI A PEUR DES COULEURS DE L’ARC EN CIEL ?

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La municipalité islamiste d’Istanbul n’aime pas la couleur.

Rien d’étonnant en fait, on connaît l’aversion des religieux pour tout ce qui pourrait égayer la vie de leurs ouailles, et leur prédilection pour toutes les nuances de gris. C’est exactement ce qu’il s’est passé récemment à Taksim, sur la colline de Cihangir qui dégringole depuis la fameuse place jusqu’aux rives du Bosphore. En effet, les escaliers qui dévalent la colline furent l’objet fin août d’une initiative plutôt remarquée d’un citoyen stambouliote, qui en guise de protestation à l’endroit d’Erdogan et des islamistes soi-disant « modérés » au pouvoir a décidé de les repeindre aux couleurs de l’arc en ciel .

Aussitôt, la mairie s’est bien sûr dépêchée de les rebadigeonner de gris, cette non-couleur qu’ils préfèrent à toute manifestation chromatique certainement trop sensuelle à leur goût.  Les escaliers en béton  construits sur les pentes de Cihangir  sont donc devenus le symbole d’une protestation qui n’en finit pas de perdurer, depuis les événements de Taksim et la répression qui a suivi. The place to be où tout le monde vient se faire photographier, jusqu’aux mariés de frais.

La peinture grise utilisée par la mairie est celle qui recouvre tous les murs du quartier après les événements, masquant les slogans hostiles à Erdogan et ses amis islamistes, dont la jeunesse stambouliote ne veut plus. Du coup, de nombreuses initiatives semblables ont vu le jour dans la foulée, relayant la contestation qui ne cesse de croître et finira, espérons-le, par balayer les autocrates religieux et le « sultan » Erdogan en premier lieu, dont l’autoritarisme commence singulièrement à inquiéter les Turcs, qui ne veulent guère de cet islamisme déguisé en « mouvement démocratique », de fait de plus en plus liberticide.

Le maire d’opposition de la municipalité de Beyoglu (district d’Istanbul), dont le quartier de Cihangir est sur le territoire,  Ahmet Misbah Demircan, a d’ailleurs promis « le début d’une ère d’escaliers colorés », en guise de soutien à la protestation stambouliote. « Qui peut bien avoir peur des couleurs de l’arc-en-ciel ? Les dictateurs », a surenchéri le président du CHP, principal parti d’opposition, Kemal Kiliçdaroglu. En effet, qui d’autre qu’un obscurantiste borné peut-il détester à ce point la couleur ? La jeunesse turque, elle, ne veut plus de ces tristes figures et de leurs grises mines, et entend bien leur signifier. « Dégage, Erdogan », peut-on lire encore sur les murs de Taksim, entre deux pans de murs gris…

L.M.

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