DADA MASSILO DONNE UN « SWAN LAKE » JOYEUX ET ESTHETIQUE

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Dada Massilo – Swan Lake / Vu au Théâtre de Nîmes Mercredi 26 Janvier 2014.

C’est dans un bel écrin bleu que nous accueille Dada Massilo, jeune chorégraphe sud-africaine qui fait un tabac en France. On est au bord d’un lac, donc la scène est bleue. On a bien compris la couleur, ce n’est pas vers la complexité sémiotique qu’il faudra chercher, mais bien plutôt vers l’éclat esthétique. La bombe Massilo nous réinvente au karcher le Lac des Cygnes, dans une version accélérée, brillante, joyeuse et tellement folle.

La musique commence, le célèbre pas de deux de Tchaïkovsky, dans une version au tempo très accéléré. Tout le spectacle sera de cet acabit : rapide, dynamique, efficace, sans nuance mais avec majesté. Les danseurs et danseuses entrent. Tous noirs, tous en tutus plateau et tous avec des plumes sur la tête. La seule danseuse blanche est celle qui parle. Les noirs ne sont donc que des corps quand les blancs maitrisent le langage ? étonnant symbole que nous tend la chorégraphe… Autre symbole proposé : Siegfried, le héros du ballet est en fait homosexuel et se refuse d’épouser Odette mais plutôt le charmant qu’il s’est choisi. A la fin, comme un beau message d’espoir, Siegfried et Odette se causent à nouveau et s’aiment d’un trop belle amitié.

Autour du trio La Belle – Le Charmant – Le Charmant bis, s’agite et pavane toute une cour dirigée d’une main de fer par la reine et le roi. Il est d’ailleurs bien étonnant (voire ridicule) qu’un roi aussi folle tombe des nus quand son fils lui annonce le choix de ses amours. Mais que ce soit de joie ou de désespoir, le corps de ballet est décidé à fêter ça en dansant. Heureusement car c’est bien dans les scènes de corps de ballet que le brio explose et rend cette pièce très attirante et enjouée. Remplie d’une énergie furieuse qui se communique à la salle, la chorégraphie de Dada Massilo est un savant mélange entre ballet classique et danse katlehong. Autant le ballet s’élève vers les hauteurs, nécessite élégance des bras et port de tête, autant les danses traditionnelles d’Afrique du Sud jouent sur les mouvements de pieds, le rapport au sol et l’inscription tellurique des corps. L’écriture de cette danse métisse est très juste et distille ce qu’il faut de force et de légèreté, sait se composer dans l’oxymore et offre aux danseurs une partition très ardue qu’ils tiennent haut. Tous les interprètes sont excellents, maîtrisent parfaitement l’exaltation des corps, l’assument sans voyeurisme, et ne sont pas en reste quant à leur technique classique. Une scène en tutu romantique avec pointes vient en fin de course montrer sans prouver qualité de la réécriture chorégraphique et qualité de l’interprétation.

Le spectacle, qui remplit les salles et défraie les chroniques coule mielleux mais emporte le public par son énergie et sa vitalité. La chorégraphe Dada Massilo arrivera-t-elle à tenir une carrière sur ce type de projet ? On l’attend au prochain épisode…

Bruno Paternot

Prochaines dates :
Istres Théâtre de l’Olivier 04/02/2014
Juvisy-sur-Orge Espace Jean-Lurçat 08/02/2014
Du mardi 11 février 2014 au mercredi 12 février 2014 – Le Théâtre Scène Nationale De Narbonne

un extrait : http://www.youtube.com/watch?v=9wYcUAcXDyg

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