BIENNALE DE DANSE DE LYON 16e EDITION

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Biennale de Lyon 16ème édition

De François Chaignaud à Benjamin Millepied, d’Ambra Senatore à Robyn Orlin, d’Alessandro Sciarroni à William Forsythe, cette 16ème édition de la Biennale de la danse de Lyon joue avec gourmandise les grands écarts. Sa directrice artistique, Dominique Hervieu, revendique d’ailleurs l’ouverture tous azimuts pour une programmation multicolore qui rayonne à partir du grand Lyon et son agglomération, avec un nombre considérable d’artistes en résidence, jusqu’à la Grèce et au Tchad.

Pas de thématique donc pour cette nouvelle édition qui se veut à la fois populaire et expérimentale. Laurent Goumarre et Benjamin Perchet, responsable éditorial et conseiller artistique, sont aux côtés de Dominique Hervieu pour préciser les fils conducteurs de cette manifestation foisonnante. Un rapport certain à l’histoire y est clairement affirmé. Il est intéressant de retrouver cette préoccupation dans des champs d’expression aussi disparates, de la danse néo-classique de Jiri Kylian à la danse hip-hop de Kader Attou. De jeunes chorégraphes, François Chaignaud et Cecilia Bengolea ou encore Noé Soulier, sont invités à créer respectivement pour les danseurs du Ballet de Lyon et du Ballet de Lorraine des pièces qu’on espère voir fonctionner comme des contre-temps musicaux, autant de décalages ou de pas de côté (fussent-ils sur pointes) par rapport aux règles académiques. Dans cette veine historique qui traverse la Biennale, saluons surtout la reprise tant attendue d’une pièce fondatrice des années 80, C’est du théâtre comme c’était à espérer et à prévoir. Et Dominique Hervieu d’évoquer le choc reçu par la jeune danseuse classique qu’elle était lors de la première en 1983, souvenir appuyé par quelques lignes de la biographie de Jan Fabre, où le trublion flamand revient sur les conditions de sa première, toujours à Lyon ! Il pleuvait ce jour là sur le plateau du théâtre de la Roquette et les performeurs avaient du l’éponger jusqu’à la dernière minute avant la représentation. Au delà de l’anecdote, au delà aussi des 8h de ce spectacle monstre, il y a ce geste fondateur de Jan Fabre qui convoquait dans la cage noire du théâtre les hautes tensions, l’intensité et les obsessions débridées des arts visuels et de la performance. Il sera d’autant plus passionnant de saisir ce qu’il reste de son pouvoir opératique quelques 30 ans après, dans un contexte qui connaît un nouvel engouement pour les arts performatifs.

A l’écoute de ce qui se passe aujourd’hui sur les plateaux de danse, dans les studios, les galeries d’art ou encore les espaces des musées, les programmateurs font la belle part à la performance dans cette nouvelle édition de la Biennale. La force subversive du divertissement populaire est invoqué dans une lignée qui remonte jusqu’aux avant-gardes dada, surréalistes et futuristes, notamment avec la réactivation, par le Ballet de Lorraine, de l’un des premiers happenings des années 20, Relâche, un scandale signé Picabia/ Satie/ Clair. La cabaret, les « soirées », la magie, le burlesque du cinéma des origines, le cirque même, sont les mots d’ordre déclinés par des artistes contemporains. On retrouvera à nouveau François Chaignaud avec sa revue extatique Думи мої. Anne Juren et Annie Dorsen reprennent des postures cultes de Yoko Ono, Marina Abramovic, Carolee Schneemann, Valie Export et Martha Rosler dans une tentative d’interroger par le kitsch l’actualité de ces actions phare de la performance féministe historique. Après avoir poussé jusqu’à l’épuisement une forme populaire de danse tyrolienne, Alessandro Sciarroni s’attaque au cirque pour la création Untitled_I will be there when you die qui promet de déjouer les codes et de prendre à bras le corps « la gravité ». Enfin, tout au long de la Biennale, Les Thermes imaginées par Belinda Annaloro, Antoine Defoort, Julien Fournet, Halory Goerger, Sébastien Vidal, AKA France Distraction, nous invitent à des plongées philosophiques. Une piscine remplie de quelques 25000 balles noire en plastique souple distille des d’aphorismes stoïciens.

Smaranda Olcèse

La billetterie est d’ores et déjà ouverte.
Rendez-vous cet automne à Lyon!

Visuel : Jan Fabre © Wonge Bergmann

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