56e BIENNALE DE VENISE : KOUNELLIS FIER DE REPRESENTER L’ITALIE A LA BIENNALE

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Correspondance.
56e BIENNALE DE VENISE : Kounellis fier de représenter l’Italie à la 56° Biennale de Venise. par Raja El Fani.

L’artiste de renommée internationale Yannis Kounellis, d’origine grecque, présente son dernier travail au Pavillon Italien à la 56° Biennale de Venise. Connu pour ses grandes installations de matières brutes comme le charbon, Kounellis se distingue de l’Art Informel de Burri. Il est de la même génération que Fabio Mauri et Pino Pascali exposés à Venise au Pavillon Central. Avec Pascali, Kounellis a fait les Beaux-Arts de Rome où les deux jeunes artistes étaient inscrits au cours de Scialoja actuellement exposé au Macro, musée d’art contemporain de Rome. En 1976, Kounellis contribue à la revue «La Città di Riga» fondée par Mauri, avec entre autres le critique d’art Maurizio Calvesi proche du groupe d’artistes romains.

Comme Mauri qui puise dans le Futurisme la vigueur de ses performances, Kounellis commence sa carrière d’artiste avec une série de toiles avec des chiffres et des lettres, qui rappellent les Paroles en liberté ou Parolibere futuristes. C’est cette même racine futuriste qui évolue avec Kounellis, Mauri et Pascali, quand «la peinture sort du tableau» – selon la thèse de Calvesi: les objets représentés dans les tableaux occupent tout à coup l’espace, c’est le début des installations.

La force innovatrice et la puissance de Kounellis viennent de cette introduction du réel dans l’espace, du réel avec aussi son lot d’odeurs qui imprègnent l’espace dès ses premières installations d’animaux vivants. Le Peroquet puis les Chevaux sont exposés entre 1967 et 1969 chez le galeriste Fabio Sargentini qui prend la relève à Rome de Plinio De Martiis au moment où survient l’Arte Povera à Turin. À Turin, Kounellis développe ses installations et sa poétique de l’espace qui, chez lui, a définitivement remplacé le tableau.

Un demi-siècle plus tard, quelques jours avant l’ouverture de la 56° Biennale de Venise, on retrouve Kounellis dans une grande galerie turinoise, dans le nouvel espace Christian Stein à Pero en banlieue de Milan, à quelques centaines de mètres de l’Exposition Universelle. Des pièces-clé de Kounellis y sont rassemblées et présentées pour la première fois, la plupart provenant de la collection Raussmüller. Toujours parallèlement à la Biennale, et non loin de sa résidence de campagne, Kounellis présente actuellement aussi une œuvre à la Galleria Continua de San Gimignano avec Pistoletto et Anish Kapoor. Il nous parle des contradictions de l’Italie, un pays antique et moderne à la fois, et de son expérience de professeur à Düsseldorf.

Interview de Yannis Kounellis (extraits) :

Inferno : On n’est pas loin du site de l’Expo Universelle Milan 2015, qu’en pensez-vous ?
Yannis Kounellis : Je ne sais pas grand chose sur l’Expo Universelle.

Vous figurez toutefois parmi les artistes sélectionnés par Germano Celant dans l’exposition Arts & Foods à la Triennale de Milan, c’est le pavillon dédié à l’art de l’Expo Milan 2015.
Oui, mais je ne suis pas encore allé voir l’exposition à la Triennale.

Parlez-nous de votre œuvre exposée à la Triennale.
C’est une installation de 1969 composée de petites balances remplies de Café, présentée pour la première fois à Naples et qui impose outre l’aspect visuel une présence olfactive, avec une odeur beaucoup plus forte que mes installations de charbon. J’ai fait récemment une autre installation qui tenait compte des odeurs en Calabre en 2007, tout le musée était saturé de parfums! Pour en revenir au Café, l’installation change en fonction de l’espace à disposition: la première fois à Ljubljana je l’ai déployée le long d’un escalier sur deux étages, à Montevideo les balances tombaient en pluie du plafond sur plusieurs colonnes, et enfin à la Triennale l’installation prend tout un mur.

Vous êtes parmi les artistes du Pavillon Italien à Venise.
Oui et j’en suis très fier. Je suis Italien, non seulement parce que j’aime son paysage mais parce que, en dehors de l’amour qui me lie à ce pays, j’ai grandi dans ses problématiques. Je connais les valeurs et les problèmes de l’Italie.

Parlez-nous de l’œuvre que vous avez présentée à la Biennale.
Il s’agit de ma dernière pièce, faite spécialement pour cette occasion. C’est ma définition de l’identité: un grand mur de manteaux qui pendent de tôles d’acier. Je travaille beaucoup avec des manteaux, pour homme bien sûr, parce que je dois pouvoir m’y identifier moi-même.
(…)

Propos recueillis par Raja El Fani

Retrouvez la suite de cet entretien dans le numéro d’été d’INFERNO six-monthly, parution le 28 juin.

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