FESTIVAL D’AVIGNON : DOMINIQUE BOIVIN & CLAIRE DITERZI, « CONNAIS-TOI TOI-MÊME »

boivin

69e Festival d’Avignon : Dominique Boivin & Claire Diterzi : « Connais-toi toi même », dans le cadre des Sujets à vif / Jardins de la Vierge du Lycée Saint Joseph / dimanche 5 juillet à 11h.

Les « Sujets à vif » sont l’un des programmes les plus performants et les plus intéressants du festival. Cela a toujours été le cas. Ce sont généralement des formes courtes, qui révèlent très souvent de jeunes -ou moins jeunes- artistes au public festivalier, un programme d’émergence, ou bien des oeuvres d’artistes plus connus mais qui se livrent là à une expérience singulière, une forme un peu décalée au regard du reste de leur production.

C’est le cas avec le duo Boivin & Diterzi. Dominique Boivin est un chorégraphe reconnu, Claire Diterzi une musicienne repérée sur la scène française. L’un et l’autre proposent une drôle de forme hybride, ce « Connais-toi toi-même » loufoque, à la croisée de la danse, de la performance et de la musique.

Sur le plateau des Jardins de la vierge du Lycée Saint Joseph, un lieu intimiste et aéré, deux sirènes bleues et blondes prennent possession de leurs guitares électriques. La suite est une subtile performance qui se joue des codes de la danse contemporaine, comme de ceux de la musique et du théâtre, avec une superbe force plastique et un grand sens du sens, fort justement.

Une pièce courte aux accents tatiens, qui donne à entendre et à voir au-delà de l’absurde de situation dont elle épouse les codes. En réalité, une oeuvre belle et intelligente, très engagée, dont la bande-son réellement percutante, qui nous emmène d’un discours ampoulé de Malraux à des extraits radiophoniques, délivre autant de clins d’oeil appuyés à la déplorable et ridicule « politique culturelle » que nous subissons aujourd’hui.

La subtilité du geste et la distanciation à l’oeuvre dans ce ballet loufoque de sirènes bleues vont bien au-delà de la simple performance à connotation art contemporain. C’est d’un véritable travail sur la danse et la performance qu’il s’agit, un beau questionnement sur la représentation, et bien sûr, en fin de compte, une remarquable interrogation sur ce que l’on connait ou pas de soi…

Un ovni poétique qui laisse trace.

Marc Roudier

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