FESTIVAL ACTORAL : « TU IRAS LA CHERCHER », GUILLAUME CORBEIL & FLORIAN PAUTASSO

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Tu iras la chercher : Guillaume Corbeil & Florian Pautasso / Avec Stephanie Aflalo / Festival Actoral les 1er et 2 octobre 2015 /La Friche La Belle de Mai – Marseille.

Marseille, envoyée spéciale.
ODM / Objets des mots. Une rencontre inédite entre un écrivain et un artiste de la scène

Actoral c’est aussi ça, un lieu où on expérimente avec les mots. Les mots d’un auteur auxquels un autre donne vie, des mots partagés entre l’écriture et la lecture ; entre le livre, la scène et les murs d’une exposition. Le langage devient alors principal passeur d’art et d’expérience.

Florian Pautasso propose une mise en espace délicate, un écrin pour les mots de l’auteur canadien Guillaume Corbeil. En avant scène se trouve une chaise éclairée d’un plafonnier, zoom sur un espace d’intimité qui se détache du fond d’un vaste plateau largement plongé dans le noir. Une comédienne sur la chaise, seule, en lecture, offerte, juste pour nous, comme en tête à tête, une intimité créée entre elle et le public. Rien d’autre n’existe que la présence et la parole défilante de cette femme.

Les yeux plissés de Stéphanie. Qui scrutent et tentent de reconnaître l’endroit, et le pourquoi de son être-là. Les yeux rivés sur nous, elle décrit le souvenir d’un lieu, des sensations. Elle décrit, et soudain tout est très clair pour nous. On voit le café, la rue, les immeubles, on ressent l’attente.

Elle a ce visage et cette voix si singuliers qui appellent l’étrange, suggèrent le suspens ; on comprend bientôt que ce dont la jeune femme nous parle est une quête pour comprendre qui elle est, et où.

Elle parle d’elle à la deuxième personne du singulier, elle cherche, elle se dissocie d’elle-même, pour se donner plus volontiers à nous et à notre imagination.

Elle est assise dans un petit cube où sont exposés les restes de sa vie et les traces de son enfance, chaque objet délicatement lié à l’autre par un fil de laine tendu. C’est que le trajet d’un événement à l’autre est ténu, que la mémoire échappe parfois, que la quête devient alors une course poursuite. Seuls le visage et les mains s’animent, se tendent et se détendent au fil du texte qui, lui, est tendu vers nous. Ce texte c’est comme une nécessité du dire. Dire pour comprendre, dire à soi mais aussi à quelqu’un. Peu à peu vient la sensation de devenir elle, reflet dans un miroir.

L’expérience que nous offre cette rencontre d’un jeune auteur et d’un metteur en scène est celle d’un poème vivant, dans une forme courte simple et délicate.

La soirée « Objet des mots » se poursuit avec Le début est comme une entaille, une proposition-rencontre de Marie Darrieussecq et Céleste Germe/Das Plateau.

Moïra Dalant
à Marseille

Florian Pautasso Photo DR

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