« HACIA LA ALEGRIA » : EN ROUTE POUR LA JOIE !

hacia
Bruxelles, correspondance.
HACIA LA ALEGRIA / texte et mise en scène Olivier Py avec Pedro Casablanc du 6 au 10 octobre 2015 au Théâtre National de Bruxelles.

Les échos du derniers Festival d’Avignon nous restent encore en mémoire. Si son « Roi Lear » n’avait pas suscité l’engouement de la presse (c’est peu de le dire !) et des nombreux spectateurs dans la cour d’honneur du Palais des Papes, ce « Hacia la alegria » avait été plutôt bien accueilli. Justifié car on assiste à la réalisation d’une véritable œuvre théâtrale, source d’émotion et de réflexion, porté par une langue poétique et prophétique !

Un seul en scène, écrit et mis en scène par Olivier PY et interprété par Pedro Casablanc, magistral.

Réveillé au milieu de la nuit, un architecte commence un long monologue intérieur, nerveux et poétique. Une course sans fin qui l’entrainera au fond de la nuit dans la ville, à la recherche du sens de sa vie.

Olivier Py s’empare du doute qui demeure en chacun de nous (ici un artiste, architecte, un peu de lui-même sans doute !). Le doute qui permet de se retourner sur son parcours ou sur son œuvre. Qui permet d’interroger ses contemporains, qui permet de contempler ses villes tentaculaires et commerciales, cloisonnées socialement et parfois même déshumanisées et qui permet de poser un regard froid et acide mais outrageusement lucide sur un monde en perpétuel évolution. Pas de leçon de morale dans cette farce tragique, juste un regard honnête et clair sur ce que nous sommes devenus.

Cette partition est magnifiquement interprété par l’espagnol Pedro Casabalanc, acteur puissant et sensible, en prise avec les mots et le plateau. Il donne souffle et corps, au sens propre et figuré, à ce monologue dense et physique. C’est une performance rare mais ce qui nous relie à son récit, c’est l’étrange sensation d’être nous aussi en recherche de ce « quelque chose » (la communication, la lecture des textes, la spiritualité, l’Amour ? …) qui nous ferait un peu plus exister. Et donc vivre, peut-être plus sereinement en ces temps troubles et troublés. « J’ai mal aux mots et j’ai mal à la vie mais je veux tenir … » pourrait-on penser. Et l’art peut permettre d’y parvenir !

Olivier Py écrit dans une langue proche du sacré, direct et sans emphase. Poésie et dramaturgie compose cette opus volcanique. Cette langue, il la dessine millimètre après millimètre, pièce après pièce et elle suscite toujours le même effet : rejet ou fascination de la part du public et des critiques. Il est sans nul doute un personnage important du théâtre d’aujourd’hui et son œuvre est là pour en témoigner depuis près de tente ans. Rendez-vous donc prochainement en enfer ou au paradis avec Olivier PY…

Philippe Maby,
à Bruxelles.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN