CINDY VAN ACKER, MARCOS MORAU, RENCONTRES CHOREGRAPHIQUES INTERNATIONALES DE SEINE-SAINT-DENIS

ELEMENTEN I - Room [Création 2016] - Chorégraphie : Cindy Van Acker - CCN Ballet de Lorraine - Nancy

RENCONTRES CHOREGRAPHIQUES INTERNATIONALES DE SEINE-SAINT-DENIS du 11 mai au 18 juin 2016 / Au théâtre de Montreuil, le 11 et 12 mai : ELEMENTEN 1 –ROOM de Cindy Van Acker – LE SURREALISME AU SERVICE DE LA REVOLUTION de Marcos Morau.

Le Ballet de Lorraine dirigé par Petter Jacobsson a ouvert les rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis en présentant le travail de deux chorégraphes Cindy Van Acker et Marcos Morau.

ELEMENTEN I – Room de Cindy Van Acker

Cindy Van Acker dévoile le premier volet de son projet ELEMENTEN dont le titre s’inspire du traité « Eléments » du géomètre et mathématicien grec Euclide. Proche de la démarche de François Morellet, la chorégraphe délivre une danse à l’architecture d’un théorème.

Au centre du plateau, la matrice. Un cylindre noir rainuré de néons blancs diffuse l’œuvre sonore d’Alvin Lucier « I am sitting in a room ». Autour de ce totem New-Age, une série de danseurs, vêtus de costumes graphiques et manichéens, se meuvent lentement, avec la précision d’un métronome.

Si le discours se répète en boucle, la voix robotique s’éraille progressivement, pour ne devenir qu’une fréquence saturée. A ces sons froissés, répond une chorégraphie en cercles, angles et triangles, à la fois répétitive et systémique, qui se déploie, majestueuse, sur l’immense échiquier de la scène.

Graphique et froid, ELEMENTEN I – Room recherche une neutralité active, une danse débarrassée de tout sentimentalisme. Pourtant, le projet chorégraphique de Cindy Van Acker porte en-lui-même les germes de sa propre condamnation car l’exposition clinique d’un concept semble résister au médium choisi – la danse – dont la beauté nait irrémédiablement du mouvement incarné.

LE SURREALISME AU SERVICE DE LA REVOLUTION de Marcos Morau

Malgré la proximité chromatique avec la représentation précédente, Le surréalisme au service de la révolution obéit à une logique antithétique, en proposant un enchainement d’images sensuelles et brutales.

D’abord, une danseuse en tutu, dont le corps accroché à deux anneaux et coupé par le rideau noir, délivre le texte enragé des Béatitudes de Saint Matthieu. A cette scène inaugurale radicale succède, derrière un filtre gris, une danse ouatée de ballerines ou de jeunes damoiseaux en collants qui esquissent de brefs mouvements, à la manière de petits insectes.

Puis, sans transition, le percussionniste Gergory Terendij s’avance, vêtu d’un chapeau pointu en forme de cône utilisé par les pénitents lors des processions de la semaine sainte. Il porte un tambour sur lequel il imprime un rythme primaire avant que les danseurs le rejoignent et l’accompagnent.

Marcos Morau conçoit des images fortes, certes, mais qui s’épuisent et se dégonflent aussitôt. La représentation manque de nerf, de liant entre les univers esquissés, de telle sorte qu’aucune impression durable ne résiste à cet enchainement.

Avec ELEMENTEN I – Room et Le surréalisme au service de la révolution, le Ballet de Lorraine présente deux pratiques chorégraphiques extrêmes, un duo qui fonctionne comme deux aimants répulsifs et manque justement de nuances.

Lou Villand

ELEMENTEN I – Room de Cindy Van Acker – Photo Arno Paul

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