FESTIVAL IMMERSION 2016 : RENCONTRE AVEC JOËL GUNZBURGER

bourges

Festival Immersion 2016 – L’Onde Théâtre Centre d’art, Vélizy-Villacoublay, du 4 au 14 octobre.

Rencontre avec Joël Gunzburger.

Inferno : Qu’est-ce que le Festival Immersion ?
Joël Gunzburger : Plutôt qu’un festival, Immersion est un temps fort. En programmation, cette année, nous avons quatre spectacles et l’exposition d’Emilie Faïf. Immersion est surtout pluridisciplinaire, un temps fort qui balaye les genres du spectacle vivant. Nous présentons donc des formes diverses telles que la musique et la poésie avec Nous qui avions perdu le monde et Le Jeune Homme aux baskets sales (chants I à IV) de Clément Bondu/Mémorial, puis le théâtre, le cinéma, la danse, la tapisserie, les arts plastiques : Immersion fait dialoguer tous ces genres artistiques.

Inferno : Quel lien y a-t-il entre la programmation d’Immersion 2016 et celle de L’Onde Théâtre Centre d’art, dont vous êtes le directeur ?
Joël Gunzburger : Sûrement la pluridisciplinarité de la programmation. Je me suis toujours activé pour apporter cet aspect à L’Onde Théâtre Centre d’art : je suis à la fois passionné par les arts plastiques (et j’ai toujours voulu donner la parole aux plasticiens, aux photographes, aux architectes…) et le spectacle vivant. Je crois qu’il y a une grande perméabilité entre les arts, et je défends cela avec la programmation d’Immersion ainsi que celle de L’Onde Théâtre Centre d’art. Je m’intéresse à porter sur scène et montrer au public la correspondance entre les arts.

Inferno : Le Festival Immersion 2016, pour quel public ?
Joël Gunzburger : Pour un public très large. Tout d’abord grâce à sa programmation pluridisciplinaire, qui s’adresse à un public très hétéroclite qui aime la danse, le théâtre, la musique, les arts plastiques ou pourquoi pas, la tapisserie ! Immersion s’adresse à un public passionné par l’une de ces expressions artistiques ou bien par son ensemble. Puis, je crois que, avoir invité des spectacles qui racontent des histoires, facilite l’accès à un public très vaste : pour moi il y a une dimension populaire dans Immersion. Je crois que l’humanité aime qu’on lui raconte des histoires. Je ne souhaite pas rester que sur une abstraction, un art purement formel, j’aime m’adresser à tout type de public et je crois que les histoires, peu importe leur sujet, ont le pouvoir de toucher tout le monde.

Inferno  : Quel rapport nourrissez-vous avec votre public le plus proche, celui de Vélizy-Villacoublay ?
Joël Gunzburger : C’est particulièrement à ce propos que je souhaite employer le mot « populaire ». L’Onde Théâtre Centre d’art est un outil presque anachronique, c’est un grand théâtre avec deux salles, construit sur une ville de 21mille habitants. Vélizy-Villacoublay, à travers L’Onde Théâtre Centre d’art, exprime ses ambitions pour le spectacle vivant. C’est pourquoi notre programmation alterne des petites productions à d’autres plus grandes, mêmes internationales, dans le but de s’adresser à un public local et à un public plus large, venant de toute ile de France.

Inferno : C’est le cas de « Tristesses », présentée cet été au Festival d’Avignon. Pourriez-vous partager avec nous ce qui vous a poussé à programmer cette pièce ?
Joël Gunzburger : J’ai toujours été intéressé par une programmation internationale. Il faut dire aussi que j’ai vécu une partie de mon enfance en Belgique, à laquelle je suis très attaché encore aujourd’hui. C’est pourquoi je m’intéresse beaucoup à ce qui se passe sur la scène artistique belge. Je connaissais donc le travail d’Anne-Cécile Vandalem depuis longtemps et c’est pour cela que je me suis engagé sur Tristesses avant même sa création. Je crois qu’Anne-Cécile Vandalem, avec « Tristesses », a su toucher un public « populaire ». J’aime dans cette pièce l’exigence artistique du propos, de l’écriture, du jeu des acteurs. L’histoire est extrêmement bien construite, avec une vraie attention plastique pour les décors et la scénographie. Tout ceci reflet mon engagement pour la perméabilité des arts.

Inferno : Que raconte « Tristesses » ?
Joël Gunzburger : Il s’agit d’un polar, « Tristesses » est une pièce de théâtre musical qui raconte notamment la relation qu’entretient le pouvoir à la tristesse. Grace à la présence d’une caméra sur scène, le public rentre dans l’intimité des personnages. Les scènes se déroulent parfois sur un paysage qui représente la place du village, puis dans des intérieurs tels que des maisons, des édifices urbains. Avec suspense, Tristesses raconte une histoire contemporaine, celle de la montée des extrémismes. Mais aussi l’histoire d’un village qui résiste et qui s’organise pour chercher à surmonter l’oppression de l’extrême droite.

Inferno : Le 10 et le 11 octobre au Festival Immersion 2016 nous pourrons assister « A mon seul désir » de la chorégraphe Gaëlle Bourges. Une pièce qui interroge le féminin dans l’art à partir de la célèbre tapisserie anonyme des années 1500 « La Dame à la licorne », aujourd’hui au musée de Cluny à Paris.
Joël Gunzburger : Encore une fois, j’ai été charmé par cette pièce pour sa transversalité. Je suis à la fois intéressé par des formes artistiques multiples et diverses. Ce que j’ai aimé de A mon seul désir était l’interprétation personnelle, très féminine, que la chorégraphe Gaëlle Bourges fait de cette série de tapisseries du XIV siècle, redécouvertes par Mérimée en 1841. La dame à la licorne est l’expression des cinq sens et surtout du désir, sexuel, bien sûr, mais aussi de l’homme face à la nature, de l’homme face aux multiples désirs qui l’envahissent. Gaëlle Bourges interroge la notion de corps féminin ainsi que la sexualité dans l’art. J’aime chez Gaëlle Bourges sa manière de révéler le corps, assez directe mais subtile, et sa capacité d’aborder la nudité sur scène.

Inferno : Voulez-vous partager avec nous vos souhaits par rapport au Festival Immersion 2016 ?
Joël Gunzburger : Ce qui m’intéresse est le partage et la rencontre entre artistes, l’œuvre et les spectateurs. Sans public mon métier n’a pas de sens. J’aimerais que cette édition d’Immersion soit un vrai moment d’union entre l’art et des spectateurs venus de tout horizon.

Propos recueillis par Cristina Catalano

Image : Gaëlle Bourges, « A mon seul désir » – Festival d’Avignon 2016 – Photo C. Raunaud de Lage

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