LAURENT PERNOT, « THE HOPE THAT STILL REMAINS », GALERIE OUIZEMAN

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Laurent Pernot – THE HOPE THAT STILL REMAINS – galerie Odile Ouizeman – 3 septembre // 29 octobre 2016

Pour sa nouvelle exposition à la galerie Odile Ouizeman, Laurent Pernot propose au visiteur de parcourir un espace, entre intérieur et extérieur, un lieu du quotidien où la nature et des objets semblent en suspens, pris dans un état donné. Des liens se tissent entre les œuvres ainsi que différents rapports au temps. Dès l’entrée, le visiteur est accueilli par Retour sauvage, une plante verte composée de cendres de livres, comme cristallisée. Cette sculpture suspendue, sous laquelle il est invité à passer, symbolise à la fois une nature domestiquée et le temps cyclique. Puis, Fenêtre au vent attire le regard, une installation qui crée un lien vers l’extérieur. Un moment fugace est figé, comme par la magie d’une force toute puissante, impossible à maîtriser. Au sol, des feuilles mortes, laissées par le vent renvoient à l’idée de renaissance. Plus loin, sur un arbuste gelé, une toile d’araignée suggère le passage du temps qui marque les êtres vivants. Laurent Pernot fait référence à la philosophie de Lucrèce et à sa définition du sublime : Face à la nature, l’individu ressent un sentiment de vide et de solitude. Ses œuvres invitent le spectateur à la contemplation et à la méditation.

De plus, une relation au ciel est très présente dans l’exposition. After rain, une série de cadres miniatures nécessite de s’approcher pour découvrir des arcs-en-ciel, ce phénomène fugace qui fascine. Le ciel sous la peau, une série de paysages de ciels, de nuages et d’éclairs, composés à partir du sang de l’artiste et de cendres, fait aussi écho à ces moments fugitifs qu’on aime s’approprier pour y projeter des images. Face aux sculptures, à ces objets, ces situations entre stabilité et instabilité, le spectateur est amené à être en empathie avec le monde vivant et à avoir conscience de sa propre finitude.

En parcourant l’exposition, il croit aussi rêver. Pour Laurent Pernot, cet espace-temps du rêve est le moment où nous ressentons d’autant mieux les choses. Telle est en effet sa quête, proposer une expérience esthétique qui conduit à nous resituer comme faisant partie de la nature. Il fait ici référence à la pensée d’Edgar Morin pour qui figer, cristalliser les choses permet de mieux les transmettre.

Le visiteur découvre également comme un habitat à l’abandon dans lequel un événement aurait eu lieu ou pourrait se poursuivre. Il est incité à imaginer de possibles histoires face à ces situations proposées.

Cette exposition, où le temps semble être arrêté, nous convie à nous mettre dans un état d’attention particulière, à ressentir la fragilité du monde. Les œuvres installées invitent ainsi à se retrouver face à sa propre condition d’être humain.

Pauline Lisowski

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