MATHILDE MONNIER & ALAN PAULS, « EL BAILE », MONTPELLIER DANSE

MATHILDE MONNIER & ALAN PAULS – EL BAILE – Festival Montpellier Danse – Dimanche 25 & lundi 26 juin 2017 20h Opéra Comédie.

Suite à un voyage en Argentine, Mathilde Monnier revient en puissance pour sa nouvelle création El Baile présentée au Festival Montpellier Danse. En collaboration avec l’auteur argentin Alan Pauls elle s’inspire de la pièce Le Bal crée en 1981 par le metteur en scène Jean-Claude Penchenat. Ce bal retrace l’histoire de la France après la Libération. Mathilde Monnier déplace la forme théâtrale vers l’œuvre chorégraphique pour l’ancrer cette fois dans le paysage bouillonnant de Buenos Aires de 1978 à nos jours.

El Baile touche donc une culture tranchée et remuée par la dictature. L’homme, la femme, l’humain a été ébranlé. Quelle réaction chez la jeunesse aujourd’hui ? Quel poids ? Quel invisible ?

L’histoire politique a bouleversé profondément les mœurs, les êtres et ce jusque dans la chair. L’histoire du peuple argentin est alors suggérée à travers l’espace et la gestuelle. Elle surgit ici de 11 interprètes virtuoses par leur engagement et authenticité. 11 jeunes artistes créatifs et justement audacieux. Nous sommes sur le fil. Tout est dit et pourtant le mouvement reste intelligent, il demeure dans l’imagination. Ni cliché, ni vulgarité, tous livrent leur expression au monde dans ce lieu typique du bal, à la fois espace du commun et espace de jeu.

Face aux années noires El Baile restitue la couleur et l’ombre des quartiers de Buenos Aires. Plane la cicatrice entre un temps passé réprimé par la dictature et celui épris de libération quitte à effleurer la décadence. Sur le plateau on voit une prison qui se transforme en boite de nuit puis en cage pour marquer des buts. Qui l’emporte ? Quelle génération, quel avenir ?

Dans tous les cas, la jeunesse dévoile une énergie significative, preuve de son désir de se libérer. Sans oublier, elle avance. Et les interprètes avancent ensemble en même temps qu’ils affirment leur propre place, leur mouvement propre, leur émotivité. Dans cette pièce il n’y a pas une danse mais des danses, urbaines, traditionnelles. En passant par la cumbia, la chacarera, le hip hop, le contemporain et jusqu’au tango final, un tango à deux, puis trois, puis 7, puis 11. Un rythme géré avec précision pour soutenir une histoire des corps autant percussive que tendre.Ainsi sur scène, ça grouille, ça chante, ça crie, ça pleure, ça jouit ; un spectacle absolument vivant.

Aude Courtiel

Photo Christophe Martin

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