BIENNALE DE LYON : « EINS, ZWEI, DREI », LES TRAVERS DE L’ART !

18e Biennale de la Danse de Lyon – Martin Zimmermann – « Eins, Zwei, Drei »

Les travers de l’art !

Il y avait eu Musée haut – Musée bas – la pièce puis le film – de Jean-Michel Ribes pour nous montrer tout ce qu’un Musée pouvait inspirer à un artiste… Il y a maintenant Eins, Zwei, Drei du chorégraphe Suisse Martin Zimmermann qui va, avec force loufoqueries, nous montrer – prendre prétexte – à ce qui se passe dans un Musée pour mettre les rieurs de son côté et pour cette première en France, ils sont nombreux à vouloir rire pour ce dernier spectacle de cette 18ème Biennale de danse de Lyon…

D’interminables draps noirs recouvrent la scène et disparaissent comme absorbés par les coulisses. Une sorte de Monsieur Loyal nous accueille dans la salle à la manière de Cabaret de Bob Fosse… Dans toutes les langues, il nous souhaite la bienvenue. Il appelle son commis qui ressemble un peu à Jean Reno dans le film Léon, une robe plissée en plus. Il est affublé d’un chapeau à oreille qu’il agite comme on le ferait avec les oreilles d’un cocker. Il doit, selon le sévère et grotesque directeur du Musée, déplacer des plots d’expositions. Va suivre avec force glissades et extensions corporelles, dont certaines très comiques, une accumulation d’événements plus loufoques les uns que les autres.

Surgira de dessous la scène, par le déchirement spectaculaire du plateau, une sorte de gnome des profondeurs, véritable clou du spectacle ! Un contorsionniste qui apportera les moments les plus subjuguants du spectacle qui pêche néanmoins par des facilités et des évidences.

Le pianiste Collin Vallon tient la musique et le piano à queue d’une main de maitre, sans empêcher pour autant que le commis Georges ne s’en serve comme d’un piédestal lui permettant tantôt de s’improviser électricien, tantôt de fredonner, à la manière d’un Michel Fau, un air bien connu d’Edith Piaf qui ne regrette jamais rien ; hilarant…

Martin Zimmermann prend ce Musée pour un prétexte à de nouvelles provocations, à de nouvelles pitreries – pas toujours d’une grande finesse ! – mais à la différence d’autres, il est servi par une distribution impeccable qui apporte une vraie plus-value à une forme bien trop longue pour ne pas se répéter ; quinze bonnes minutes de moins et c’était un véritable uppercut… Un bon moyen pour se souvenir tant du spectacle que de cette biennale qui nous manque déjà !

Emmanuel Serafini

Photos Augustin Rebetez, DR, Biennale de Lyon

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