BIENNALE DE LYON : CINQ OEUVRES PHARES

BIENNALE D’ART CONTEMPORAIN DE LYON : LE TOP 5 DES ŒUVRES LES PLUS APPRÉCIÉES PAR LE PUBLIC

La Biennale de Lyon 2019 : Pour cette édition, 56 artistes présentent des œuvres inédites dans les 29 000 m² des usines Fagor, sous la direction de l’équipe curatoriale du Palais de Tokyo. La Biennale s’étend également au MAC Lyon et à l’IAC Villeurbanne.

Un parti pris cette année : le circuit court, c’est à dire la création de la majorité des œuvres sur place avec des matériaux locaux, en impliquant le savoir-faire de la région (associations, écoles, entreprises régionales).

La Biennale d’art contemporain de Lyon se tient jusqu’au 5 janvier 2020. Voici le top 5 des œuvres préférées du public.

Thomas Feuerstein, Prometheus Delivered (détail), 2017-2019

Dans la mythologie grecque, le Titan Prométhée a volé le feu pour le transmettre aux humains. En représailles, les dieux le condamnent à avoir le foie dévoré chaque jour par l’aigle du Caucase, chaque nuit le faisant renaître. Ce tourment éternel a inspiré à l’artiste, chercheur et écrivain Thomas Feuerstein l’œuvre Prometheus Delivered [Prométhée délivré]. L’ambitieuse installation qu’il réactive et adapte pour la Biennale est le récit matérialisé, entre science-fiction et mythologie, utopie et dystopie, d’une lente disparition. Une sculpture de marbre, représentant Prométhée enchaîné, est lentement décomposée par des bactéries mangeuses de pierre. En parallèle, des cellules hépatiques humaines sont nourries des mêmes bactéries afin de cultiver un foie artificiel pour Prométhée. Fermentées et distillées, elles produisent une boisson alcoolisée.

Bianca Bondi, The sacred spring and necessary reservoirs, 2019

Artiste alchimiste, Bianca Bondi conçoit des écosystèmes en perpétuelle mutation qu’elle fait évoluer au gré d’opérations chimiques et d’un peu de magie, s’aidant des pouvoirs de la lune ou des propriétés purificatrices du sel. Bianca Bondi a commencé par mener l’enquête sur le passé des usines Fagor dont l’activité a récemment cessé, mais dont les lieux gardent encore les stigmates visibles et invisibles. Plutôt que de chercher à gommer cette histoire douloureuse, elle s’en saisit pour lui rendre hommage et transformer les énergies négatives en ondes positives. Investissant un espace semi-clos du site, elle a reconstitué une cuisine, au sens propre comme au figuré. Dans ce paysage domestique et familier, glacé sous un fin manteau de sel blanc, des contenants (évier, verres, soucoupes…) remplis de potions chimiques colorées continuent de se déverser. Durant toute la Biennale, ces dernières changent progressivement de couleur et d’aspect pour se figer au gré de leur évaporation.

Minouk Lim, Si tu me vois, je ne te vois pas, 2019

Minouk Lim s’inspire de la transformation récente de son pays, la Corée du Sud. En 2011, année de la catastrophe de Fukushima, elle concevait un projet intitulé Liquide Commune, dans lequel elle organisait la confluence de son chagrin personnel (les larmes), de la crise écologique (les océans) et de la grande histoire (fluide parmi les autres qui irrigue la mémoire collective). Pour la Biennale, elle imagine une source d’eau chaude qui serpente dans une halle des usines Fagor. Phosphorescent, serti d’un faisceau lumineux, ce canal artificiel est aussi le berceau de corps absents signifiés par la présence d’un costume traditionnel coréen échoué au bord de l’eau et d’une balle de flipper surdimensionnée et réfléchissante qui va et vient au gré du courant. Ce paysage hanté ravive la mémoire collective de son pays, autant que celle, encore vive, des anciennes usines Fagor dont la production était dédiée il y a encore peu à la fabrication de machines à laver.

Pannaphan Yodmanee, Quarterly Myth (détail), 2019

Pannaphan Yodmanee crée de grandes installations combinant objets trouvés, éléments naturels et matériaux peints rappelant l’art et l’architecture thaïlandais traditionnels. Inspirée par le contexte des Usines Fagor, elle y crée une installation monumentale in situ mêlant les civilisations passées et présentes. Elle fait ainsi dialoguer grands tuyaux de ciment et de métal, gravats, arbres sacrés, icones et peintures délicates représentant de grands évènements de l’histoire de l’Asie du Sud-Est. L’artiste explore avec ses œuvres la philosophie et la cosmologie bouddhistes, les phénomènes naturels du temps, de la perte, de la dévastation et de la mort, ainsi que les cycles karmiques.

Fernando Palma Rodríguez, Tetzahuitl, 2019

L’artiste opère un savant mélange de chorégraphies surréalistes et de références à la cosmogonie pré-hispanique qui viennent en écho à l’actuelle destruction du paysage par l’homme capitaliste. Vivant dans la région de Milpa Alta, au sud-est de Mexico, Fernando Palma Rodríguez a créé Calpulli Tecalco, une organisation à but non lucratif consacrée à la préservation du nahuatl, sa langue natale. Les œuvres magiques de cet artiste indigène envahissent les usines Fagor et forment un paysage mouvant composé d’un immense coyote céleste à partir duquel quarante-trois robes d’enfants vibrent entre ciel et terre suivant la structure de la constellation d’Orion. « Aujourd’hui, plus que jamais, les populations migrent à travers le monde ; ces fantômes tentent de représenter cette partie du paysage actuel en mouvement, qui est le plus souvent sans visage et sans voix. »

Images: Thomas Feuerstein, Prometheus Delivered (détail), 2017-2019. Courtesy de l’artiste, de la Biennale de Lyon 2019 et [of the artist, the 2019 Lyon Biennale and] gallery Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne [Vienna]. © Adagp, Paris, 2019. Photo : Blaise Adilon / Bianca Bondi, The sacred spring and necessary reservoirs, 2019 Courtesy de l’artiste et [of the artist and] VNH Gallery, Paris ; Galería José de la Fuente, Santander © Blaise Adilon / Minouk Lim, Si tu me vois, je ne te vois pas, 2019. Courtesy de l’artiste, de la Biennale de Lyon 2019 et [of the artist, the 2019 Lyon Biennale and] Tina Kim Gallery, New York. © Blaise Adilon / Pannaphan Yodmanee, Quarterly Myth (détail), 2019. Courtesy de l’artiste, de la Biennale de Lyon 2019 et [of the artist, the 2019 Lyon Biennale and] Yavuz Gallery, Singapour [Singapore]. © Blaise Adilon / Fernando Palma Rodríguez, Tetzahuitl, 2019. Courtesy de l’artiste et [of the artist and] House of Gaga, Mexico/Los Angeles. © Blaise Adilon.

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