FESTIVAL D’AVIGNON. « EVERYTHING MUST GO », LA FIN DU MONDE ? NON, L’ENNUI ABYSSAL

FESTIVAL D’AVIGNON 2026. « Everything must go » – Forced Entertainment – Texte, composition musicale et création sonore Tim Etchells – Du 16 au 22 juillet, relâche le 19 – Cour du lycée Saint Joseph, 22h00 – Durée : 1h40.

Sur un vaste plateau surplombé de quatre écrans, des chaises renversées, des verres épars au sol, des bouteilles vides sur des tables. Ce décor dit la fin de quelque chose, une fête, peut-être, un festin, ou la fin du monde ?

Durant une heure quarante, les comédiens vont évoluer dans ce décor, déplaçant les objets, ramassant ce qui sera de nouveau jeté au sol, dans une sarabande, incessante comme leur changement de costume et de perruques, mimant en « lipsync » des monologues constitués de lieux communs dits en anglais par une voix d’intelligence artificielle, répétés encore et encore, par ces personnages qui se croisent sans se rencontrer.

Durant une heure quarante, nous allons subir, d’abord stupéfaits, puis consternés, les gesticulations bruyantes de comédiens dans cette création qui ressemble à s’y méprendre à une parodie, tellement tout est déconstruit, au point qu’il ne reste rien, ni récit, ni dialogues, ni personnages, rien que ces comédiens qui « font le job » coûte que coûte, et des spectateurs qui se lèvent et partent ou sont secoués de rires nerveux, au milieux des soupirs d’exaspération.

Sur un thème très actuel, sur des peurs qui le sont aussi, Tim Etchells nous livre une œuvre brouillonne, tonitruante et sans queue ni tête, dans une mise en scène qui se veut moderne, mais qui n’est qu’une caricature de la modernité telle qu’on l’imaginait il y a trente ans. Le propos est noyé par l’ennui abyssal qui se dégage de l’ensemble, malgré des comédiens qui donnent tout, seules les quarante dernières secondes nous donnent à voir un instant ce que ce spectacle aurait pu être s’il n’était pas bouffi de suffisance.

A moins d’être un masochiste pratiquant, évitez-vous cette purge, c’est long une heure quarante, vraiment très long, si long qu’on en vient à souhaiter la fin du monde.

Isabelle Salles

Photos C. Raynaud De Lage / Festival d’Avignon

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