ANSELM KIEFER / DER FRUCHTBARE HALBMOND : A MILAN, L’ARTISTE UNE FOIS DE PLUS CREUSE L’HISTOIRE

Correspondance à Milan.
MILAN : Anselm Kiefer / Der fruchtbare Halbmond – Fertile Crescent / Galleria Lia Rumma, Milan / jusqu’au 24 novembre 2012.

La galerie Lia Rumma à Milan présente jusqu’au 24 novembre les derniers travaux d’Anselm Kiefer, le peintre qui n’oublie jamais l’histoire. La première exposition d’Anselm Kiefer chez Lia Rumma remonte à 1992. Depuis leur collaboration n’a cessé de perdurer, jusqu’à l’installation permanente que l’artiste a choisi d’installer en 2004 au Hangar Biccoca de Milan.

« Qu’est-ce que l’histoire ? L’histoire n’existe pas de façon objective. elle est purement subjective. Elle tient dans les mains des artistes, comme elle était dans les mains de Dieu dans la Genèse. » dit Kiefer de ce qu’il faut bien considérer comme le point nodal de son oeuvre, depuis que le peintre a commencé de peindre.

Avec « Der fruchtbare Halbmond » -le croissant fertile-, Kiefer plonge encore une fois dans l’histoire, singulièrement dans cette bande de terre qui a vu naître nos civilisations, ce fameux croissant fertile qui s’étend de l’Egypte antique à la Mésopotomie. Anselm Kiefer revisite donc à sa manière ce monde disparu, incroyablement fertile, qui a essaimé sur toute la Méditerranée et engendré les civilisations les plus avancées de l’époque. Royaumes disparus, villes mythiques, architectures vertigineuses, l’artiste interroge les éléments constitutifs de cette civilisation et en nourrit de son vovabulaire formel cette nouvelle série d’oeuvres. Une manière élégante de rappeler la fragile paix des civilisations, et un appel à un dialogue fédérateur entre Est et Ouest, Orient et Occident.

Pour Kiefer, la tâche de l’artiste est d’établir des liens, révéler l’obscur côté des choses et en livrer la lecture secrète. L’ordre du monde est inscrit dans la matière même, mais il faut un passeur pour en dénouer tous les fils et en exhumer la trame. Mettre à jour le sens caché des choses est un des métiers de l’artiste, une noble tâche qui confine au devoir. Kiefer utilse le vieux matériau de l’alchimie, ce plomb originel avec lequel il transmet cette approche mystique qui caractérise toute son oeuvre.

Ainsi de la monumentale sculpture Bavel Mabul Balal, une machine d’imprimerie qui expulse des langues de plomb, créant des images d’une architecture mythologique. La référence à la Bible et aux épisodes de la Genese est d’ailleurs très présente, comme avec la Tour de Babel ou le Déluge.

De même, les images photographiques délavées de temples anciens, ces lourds rideaux de plomb, tout ce creusement de l’histoire plonge jusqu’aux fondements des civilisations, que Kiefer fasciné mais serein convoque en une lithurgie païenne, comme pour mieux interroger cette terrible humanité qui l’obsède.

Ettore Eco

ANSELM KIEFER « DER FRUCHTBARE HALBMOND – LA MEZZALUNA FERTILE » / Galleria Lia Rumma / via Stilicone, 19 Milano / 15.09.2012 – 24.11.2012 / Jusqu’au 24 novembre 2012.

Visuels : « DER FRUCHTBARE HALBMOND – LA MEZZALUNA FERTILE » galeria Lia Rumma, Milano / Copyright Ansel Kiefer et Lia Rumma 2012.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives