RETOUR : LES CHIENS DE NAVARRE EN GUESTS A AURILLAC

chiens_de_navarre-quand_je_pense_quon_va_vieillir_ensemble..._c_ph._lebruman_2013_dsc_7295md[1]

Retour : Les Chiens de Navarre, artistes associés à Aurillac 2013

Portée aux nues depuis quelques mois, adulée de toute la presse et la profession, la compagnie des Chiens de Navarre, « artistes complices de l’édition 2013 » du Festival international de théâtre de rue d’Aurillac est partout.

Ils présentaient au festival d’Aurillac deux spectacles : Quand je pense qu’on va vieillir ensemble et Les danseurs ont apprécié la qualité du parquet, la création des intermèdes comiques pendant l’inauguration du festival, un film et ont invité des compagnies amies. Outre le fait que leur travail n’est pas très représentatif de la rue, on peut s’interroger sur l’ampleur des applaudissements.

Lancement officiel de la 28e édition du Festival International de Théâtre de rue d’Aurillac.
Ce lancement, tout le monde l’attend, chaque année. Et comme souvent dans les cérémonies obligées, beaucoup y vont uniquement pour être déçu et critiquer. Et ce fut ô combien le cas cette année encore. Effectivement, l’opposition attente du public / moyens mis en œuvre pour cette prestation est trop importante pour se clôturer par un succès.

Le but du jeu : les hommes politiques remettent les clés de la ville aux artistes. Carnavalesque, les rôles sont inversés et pendant quatre jours, l’artiste prend le pouvoir et le politique devient bouffon.

Cette année, comme souvent, les vrais politiques se sont mélangés aux acteurs et la violence fut mise en avant (avec le cassage très long et laborieux d’une berline) ainsi que les grands clichés cantalous (gastronomie, mode de vie…). Tout cela avait un petit air mesquin des parisiens en chemisettes qui se gaussent de la pecnoterie auvergnate.

Ce ne sont pas les artistes, mais un cul qui a pris le pouvoir et fait un long discours (il faut concéder que le cul parlait bien et fut très audible). Comme souvent dans cet exercice de style (et aussi chez les Chiens de Navarre), les intentions de bases sont louables, mais elles sont amoindries par le manque d’ambition ou de réflexion. Un cruel manque de dramaturgie a réduit toutes ces « bonnes idées » à une suite de saynettes bien faites. Les spectateurs s’en furent bien contents d’avoir vu et de pouvoir rabâcher cette année encore que définitivement, ils ne viendront plus… jusqu’à l’année prochaine !

Quand je pense qu’on va vieillir ensemble
Le spectacle, composé de plusieurs tableaux disparates et inégaux, commence par deux scènes introductives musicales. La pièce sera placée sous le signe du play-back (donc de la théâtralité exacerbée, notamment grâce aux trompettes de Michel Jarre qui annoncent le début des spectacles en Avignon) et du rock brut (ils sont couverts de sang). On va en prendre plein les yeux ! Autant on nous vend un spectacle fou et halluciné, autant la pièce se révélera relativement fade, à de rares exceptions près.

Le fil rouge de ces scènes qui n’ont ni queue ni tête serait une recherche vaine de la consolation qui se termine inexorablement par le jugement destructeur de l’autre. Malheureusement le spectacle ne prend pas et reste une suite de scènes exécutées comme des numéros de cirque que le public ne se prive pas d’applaudir chaudement à la fin de chaque petite vanité, très bien éclairées par Vincent Millet.

Même si l’ambiance générale relève plus de la plaisanterie façon Ruquier-papier toilettes, certaines scènes vont inspecter un théâtre plus pathétique (un couple en crise lors d’un trajet ordinaire), poétique (la scène finale) ou tragique (« Je suis »). Malheureusement, quel que soit le style, les scènes enfoncent les portes ouvertes : il fait gris dans le Nord, les coachs sont de gros cons frustrés, les couples ne font que se déchirer…

On notera cependant la prestation d’Anne-Elodie Sorlin, plus brute que ses camarades, animée d’une violence intérieure touchante qui amène le spectacle en dehors d’un réalisme concret et inepte.

Les danseurs ont apprécié la qualité du parquet
Après tout un cycle de spectacles sur la parole (des personnages s’assoient autour d’une table pour discuter) Jean-Christophe Meurisse, le directeur artistique de la compagnie, a choisi de s’intéresser au corps et à la danse. La saga des petits gags n’en est pas finie pour autant puisque le spectacle, résolument comique-troufion est encore composé de petits sketches autour du style chorégraphique.

La pièce est un ramassis de tous les clichés sur les danses, exécutées les unes après les autres. On passe du classique au contemporain en passant par la danse indienne ou les claquettes. Hormis une petite pastille (deux êtres étranges sortent d’un placard) qui tout à coup désarçonne et emporte le spectacle ailleurs, les numéros mettent mal à l’aise : si on prend ces danses au premier degré, les acteurs sont simplement mauvais danseurs ; si on le prend au second degré, le bouchon n’est pas poussé très loin et mieux vaut aller voir des danseurs/performers qui savent souvent se moquer d’eux. La pièce s’achève sur l’intégrale du Boléro (une douzaine de minutes) qui n’a malheureusement ni la force d’un Béjart, ni l’invention d’un Cherkaoui ni le burlesque d’un Mister Bean. A quoi sert cette énième version du ballet ? A pas grand chose, à l’image du spectacle dans son intégrale.

Allez voir de la danse qui, même si elle se prend souvent beaucoup plus au sérieux sait quelque fois être plus clivante et controversée que Les Chiens de Navarre.

Bruno Paternot

Un « instantané » en prime : http://www.youtube.com/watch?v=coQyKnOVgXU

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives