CIRCULATION(S) : AU CENTQUATRE, LA JEUNE PHOTOGRAPHIE REVEILLE NOS PUPILLES

festival-circulations-6f44-diaporama

Festival Circulation(s) : jeune photographie européenne / Le Centquatre, Paris / Du 7 février au 16 mars 2014.

Nus masculins pastoraux, nouvelles villes chinoises extravagantes ou nuages nucléaires évanescents: au 104, à Paris, près d’une cinquantaine de jeunes photographes européens réveillent nos pupilles.

Circulation(s), c’est une exposition… mais pas que. Les travaux des jeunes photographes (la plupart sont nés dans les années 80) présentés au 104, à Paris, ne sont que la partie la plus visible d’une manifestation qui porte bien son nom. Car c’est bien la « circulation » –d’artistes, d’œuvres, d’expériences-, qui est au cœur du projet de l’association Fetart. Son ambition: favoriser les échanges entre écoles, galeristes, collectifs, et in fine le développement de la jeune création en Europe. En 2011, l’équipe de passionnés bénévoles, chapeautée par Marion Hislen, lance une première édition festivalière au parc de Bagatelle, dans le bois de Boulogne.

Cette année, pour la quatrième mouture, 44 artistes sont exposés, représentant 15 nationalités. Un parcours généreux et vivifiant, qui colore le majestueux hall d’accueil du 104, et vient se nicher jusqu’au dernier étage du château d’eau fraîchement rouvert. Hors les murs, on retrouve Circulation(s) dans le métro parisien, et prochainement en Pologne, Lituanie, ou encore en Irlande… Une sélection sera en effet diffusée par des festivals partenaires (le Lodz Fotofestival et le Belfast Foto Festival entre autres) aux quatre coins du continent.

Autre signe de cette dimension européenne, le parrainage de l’événement a été confié au directeur du musée de la photographie de Charleroi. Xavier Canonne a choisi d’inviter quatre artistes belges à travers une carte blanche. Parmi eux, Zoé Van Der Haegen. Avec « Battlefield », la Bruxelloise s’intéresse aux territoires à la marge, en zone péri-urbaine. Partant d’un quartier périphérique de sa ville, elle capture des sites hybrides, formés au creux de grands axes routiers, et dont le sens nous échappe parfois.

Absurde: c’est aussi le sentiment qui se dégage d’ « Abroad is too far », travail de Katherine Longly, autre compatriote de Xavier Canonne. « Lors d’une résidence au Three Shadows Photography Art Centre, à Pékin, j’ai entendu parler d’un petit village autrichien qu’on avait totalement copié dans le sud de la Chine », raconte-t-elle. Une découverte qui en a précédé d’autres: « de nombreux endroits, en Chine, sont construits selon ce modèle de copie d’architecture occidentale…j’ai ainsi photographié un mini-Paris, un mini-Venise…etc! » Des projets urbains étonnants, qui veulent répondre à de nouvelles exigences urbaines, et au désir d’exotisme à peu de frais de la jeune génération chinoise. Katherine Longly en saisit la démesure, jamais très loin de l’aberration: ici, on a fait émerger une colline du néant, là, on a creusé de vastes canaux…Isolés, mal conçus, certaines de ces « new towns » sont des naufrages immobiliers; verrues urbaines à l’allure de villes fantômes ou de studios de cinéma mégalos.

Autre interrogation sur le paysage: celle de la française Julie Rochereau. Sa série « L’autre nuage » réactualise le caractère bucolique des peintures classiques, en y incorporant un nouveau venu: les sites nucléaires. Sur ses clichés, on aperçoit seulement les panaches de vapeur d’eau qu’ils dégagent. L’origine de ces étranges et inquiétants « nuages » est dissimulée par la végétation, comme pour mieux souligner le caractère secret, quasi militaire, qui entoure ces lieux.

C’est aussi la nature qui sert de cadre à Marina Poliakova, mais dans un tout autre registre. La jeune Ukrainienne met en scène des nus masculins, aux poses langoureuses, dans des cadres champêtres: une imagerie habituellement associée aux femmes. Ces « Fiancés » posent la question du rôle et de la représentation des genres dans une société ukrainienne encore très sexiste. Le sentiment de décalage perçu interroge sur la difficulté à faire évoluer les perceptions traditionnelles sur la masculinité. Quelle nouvelle place les hommes la société donne-t-elle aux hommes ?

Christelle Granja

Circulation (s) / Entrée gratuite / Du 7 février au 16 mars 2014 au CENTQUATRE-PARIS et dans le métro parisien (partenariat RATP) / CENTQUATRE, 5 rue Curial 75019 Paris Du mardi au vendredi de 13h à 19h Week-end de 12h à 19h Fermé le lundi / http://www.festival-circulations.com/?lang=fr

rochereau_05

Visuels copyright 1- Katherine Longly / 2- Julie Rochereau

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives