SOLIDES FRAGILES : MUDAM, LUXEMBOURG

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Solides fragiles / Mudam, Luxembourg / 04/10/14 – 08/02/15.

« Solides fragiles » explore la mise en vue des espaces par les matériaux, ou comment ceux-ci sont rendus visibles en interaction avec ce qui les entoure. Ici, les œuvres créent des situations perceptives inédites, instantanées qui provoquent une surprise visuelle chez le spectateur. L’exposition se veut une expérience physique, où les œuvres se dévoilent dans le temps d’une promenade.

Dès l’entrée de l’exposition, l’installation composée de bandes magnétiques de Žilvinas Kempinas crée une vibration optique : quasi imperceptible, elles construisent un passage comme abrité par un voile en mouvement. Dans la première salle, les peintures de Blinky Palermo sont mises en espace. La scénographie crée un parcours rythmé entre vides et surfaces colorées. Robert Ryman lui travaille la monochromie. Ses gravures et une huile sur toile jouent également sur l’accrochage et l’éclairage. Ces œuvres invitent le spectateur à faire l’expérience de diverses sensations visuelles. Mais, c’est avec Line Describing a Cone (1973) d’Anthony McCall qu’il est encore plus touché physiquement. Ce film offre une expérience temporelle. Une sculpture de lumière dans l’espace se dessine durant 30 minutes.

Dans une autre salle, une installation de Fred Sandback et les gravures de Laurent Pariente sont mis en écho. À l’aide de multiples fines lignes acrylique noires, installées entre le sol et le plafond, Fred Sandback compose un espace à traverser. Le vide est alors révélé par le dessin d’espace. L’artiste traduit ici sa quête d’un équilibre entre l’autonomie de l’objet minimal et l’œuvre qui dépend du lieu. Dans les gravures de Laurent Pariente, les lignes incisées créent du mouvement. Grâce à cette technique, se crée un effet de profondeur. Le spectateur est invité à plonger son regard dans un tourbillon de lignes qui fait naitre un paysage infini. En même temps, l’artiste travaille un rapport à l’espace. Ses plaques gravées reflètent subtilement la lumière.

Un ensemble d’œuvres, pour la plupart spécifiquement adaptées pour l’exposition, occupent un dernier espace. From the sun to the clund de Berger & Berger est une sorte de boîte lumineuse, suspendue au plafond. Elle s’anime selon un rythme de lumière qui attire le spectateur à regarder vers le plafond et à y imaginer un monde. On y retrouve une installation de Fred Sandback, composée de lignes verticales colorées. Karin Sander a conçu, pour le musée, Wall piece, une œuvre quasi-imperceptible. Elle joue avec la lumière, qui la révèle en fonction du déplacement du spectateur. Cette recherche sur la perception se retrouve dans les tableaux d’Ettore Spaletti. Entre peintures et sculptures, ils attirent le regard vers les bords. À découvrir également des œuvres d’Élodie Seguin et de Hreinn Fridfinnsson.

L’atmosphère des salles d’exposition est plus qu’un simple facteur, elle est partie prenante du travail artistique. Ainsi, les œuvres instaurent entre elles un espace de perception. Certaines tendent parfois à se fondre avec l’environnement.

Pauline Lisowski

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